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LE PROBLEME DE L'EAU

 
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orev
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PostPosted: Sun Jun 14 2009, 21:42    Post subject: LE PROBLEME DE L'EAU Reply with quote

Les fontaines sont les merveilles des jardins de Versailles. Pourtant, l’élément essentiel et nécessaire pour les animer, est l’eau. Le problème est le même depuis l’époque de Louis XIV.

Les jardins de Louis XIII avaient besoin d’eau, les étangs aux alentours fournissaient la quantité nécessaire aux fontaines.

Les agrandissements demandés par Louis XIV posèrent le problème d’alimentation en eau. Afin de satisfaire aux besoins, l’eau fut pompée dans l’étang de Clagny, alimentant le réservoir de la grotte de Thétis, qui lui-même alimentait les fontaines en contrebas dans les jardins, par simple gravité.

On captait aussi des sources que l’on amenait jusqu’à des réservoirs construits sur la colline de Satory, au sud du château.

A partir de 1664, les demandes d’eau augmentaient considérablement. Cette année là, Le Vau conçu la Pompe, un moulin au nord du château, tirant de l’eau de l’étang de Clagny par un système de pompes éoliennes, 600 m3 par jour.

En 1671, l’eau manquait pour faire fonctionner toutes les fontaines en même temps. Celles que l’on voyait du château fonctionnaient, les autres cachées étaient arrêtées momentanément.

En 1672, Colbert imagina un système de communication par sifflets : le roi arrivait, un coup de sifflet signifiait que la fontaine devait être mise en marche, le fontainier avertissait ainsi de l’arrivée du roi un peu plus loin. Le roi partait, le responsable arrêtait la fontaine.

En 1674, la Pompe fut agrandie et devint la Grande Pompe. On arrivait à 3 000 m3 d’eau par jour, mais l’étang de Clagny se trouvait souvent à sec. C’est à cette époque qu’un projet fut entrepris pour canaliser l’eau de la Bièvre à Versailles. Par des barrages et un système de pompes à 5 moulins à eau, le débit atteignait 72 000 m3 d’eau supplémentaire pour les jardins.

Cela ne suffisait pourtant pas encore.

En 1681, un des plus grands projets de Louis XIV fut entamé : amené l’eau de la Seine vers le château, la construction de la Machine de Marly débuta.

 




MACHINE DE MARLY
 

La machine de Marly devait amener l’eau en 3 paliers successifs vers l’aqueduc  de Louveciennes, 100 m au dessus du niveau du fleuve.

Une machine à 14 grandes roues actionnait 64 pistons qui amenaient l’eau à un réservoir 48 m au dessus du fleuve. L’eau était refoulée par un système de 79 pompes à 56 m au dessus du réservoir vers un deuxième récipient. L’étape suivante : 78 pompes amenaient l’eau jusqu’à l’aqueduc qui l’acheminait vers Marly et Versailles.

La machine fut achevée en 1685, mais présentait des fuites et des pannes : l’augmentation de l’alimentation n’était que de 3 200 m3 par jour : la moitié du débit prévu. Les fontaines ne pouvaient fonctionner qu’à demi-pression. Pour les Grandes Eaux – les occasions exceptionnelles où les fontaines fonctionnaient à plein régime – la consommation surpassait les 10 000 m3 pour moins de 3 heures de spectacles.

Elle continua à alimenter les jardins de Versailles jusqu’en 1817.

Les dépenses engagées pour le système d’alimentation d’eau représentaient 1/3 des dépenses de construction du château.

En 1685, une dernière tentative fut entreprise : dérivation de l’Eure à 160 kms au sud de Versailles. Ce projet nécessitait le creusement d’un canal et la construction d’un aqueduc : l’aqueduc de Maintenon, la construction d’une série d’écluses et des canaux de navigation pour le ravitaillement des ouvriers.

A partir de 1695, 9 000 à 10 000 soldats furent occupés au creusement du canal, l’année suivante plus de 20 000 soldats furent affectés à ce chantier.

Entre 1686 et 1689, l’année où la guerre de la Ligue d’Augsbourg se déclencha, 10/100 du contingent du royaume était occupé au creusement du canal de l’Eure. Le projet fut abandonné pour cause de guerre. Si le projet avait abouti, 50 000 m3 d’eau supplémentaires auraient pu être amené à Versailles et ainsi le débit aurait suffi.

 

Actuellement encore, les autorités de Versailles doivent faire face au manque d’eau. L’eau est recyclée depuis le grand Canal jusqu’aux réservoirs, les pertes dues à l’évaporation sont compensées par l’eau de pluie et ainsi évite l’usage de l’eau potable de la ville.


Sources :
Wikipédia
Chateauversailles.fr
Histoire de Versailles de Jean François Solnon
Derrière la Façade de William Ritchey Newton
Louis XIV et sa cour de Saint Simon
Visiter Versailles de Béatrix Saule – Conservateur en chef
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PostPosted: Sun Jun 14 2009, 21:42    Post subject: Publicité

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PostPosted: Thu Aug 13 2009, 20:15    Post subject: LE PROBLEME DE L'EAU Reply with quote

De bonnes informations concernant le PROBLEME DE L'EAU...

Le coût de l’approvisionnement de l’eau à Versailles, y compris les jardins et la ville, s’élève à 39 millions de livres, soit un peu plus de la moitié que le coût total de Versailles !

Mis à part les travaux, les coûts et les détails déjà cités plus haut, il convient de rajouter que toute cette eau, de quelque endroit qu’elle vienne était insalubre.

Pendant les travaux consistant à faire venir l’eau au travers de la machine de Marly, l’épidémie de 1687 fut fatale à grands nombres de soldats embauchés, mais également à des officiers et 2 princes de sang.

Saint Simon disait : « l’eau d’égout de Versailles n’était pas même bonne à abreuver les chevaux ». 100 ans plus tard (1770), les promenades dans les jardins étaient « difficiles et impraticables », lorsqu’il faisait chaud, des vapeurs nauséabondes sortaient des bassins et du canal.

Dans les années 1735, l’eau de rivière manquait tant que les habitants de Versailles durent prendre l’eau des puits, ils furent atteints de fièvres. Pour remédier à cette situation, le duc d’Antin fit installer des nouvelles canalisations qui ne durèrent pas longtemps : diamètre trop étroit, trous apparents dans les tuyaux. Nouvelle solution : tirer l’eau des réservoirs du Parc aux Cerfs pour alimenter les réservoirs sous la cour des Princes. Mais cette eau était pleine de sédiments, donc impropre à la consommation.

L’eau en provenance de Marly était de l’eau de « rivière », mais malgré tout pas assez pure pour être bue. Colbert, surintendant des Bâtiments fut chargé de vérifier toutes les sources à proximité et d’analyser l’eau potable fournie à la ville. Les premières fontaines d’eau potable furent installées en 1671, l’eau provenant des sources du Nord de Paris. Mais la quantité était très insuffisante et arrivait à 260 m3 par jour en 1744 pour 70 000 habitants de Versailles, et surtout pour qu’elle ait une bonne qualité, les fontainiers devaient nettoyer tous les mois les citernes, les baquets, les joints des murs.

Mais il ne faut pas croire que l’eau était indispensable à tous : l’eau à boire ne servait que le matin ou pour le chocolat ou le thé, car la plupart des gens buvait du vin et ce parfois toute la journée.

Il résidait un autre problème : les fontaines installées étaient à débit permanent, c'est-à-dire, qu’elles coulaient sans cesse, ce qui occasionnait des pieds mouillés ou des glissades en hiver lorsqu’il gelait…mais elles avaient un seul avantage : nettoyer les rues, puisque les gens jetaient les ordures à tout va. En 1779, pourtant furent instaurés les premiers ramassages des « poubelles », mais pour peu de temps.

En 1655, Théophraste Renaudot, dans sa gazette, écrivait : « le bain, hors l’usage de la médecine en une pressante nécessité, est non seulement superflu mais très dommageable aux hommes. Le bain extermine le corps et le remplissant, le rend susceptible de l’impression des mauvaises qualités de l’air. Le bain emplit la tête des vapeurs ».

Il n’était pas d’usage d’utiliser l’eau pour se laver, juste prendre un torchon et se frotter, par contre les diverses eaux de toilette utilisées essayaient de masquer les odeurs corporelles, mais pas suffisamment : « Mme la Princesse de Condé passait pour avoir un gousset fin qui se faisait suivre à la piste, même de loin, et la Princesse Palatine s’inondait tant de poudres de senteur que la Dauphine se pâmait à son approche, Louis XIV ne se lavait que le visage, les mains et la bouche, plus âgé il se frottait le corps (mais à sec) ».

Les bains étaient considérés comme acte de sensualité et non d’hygiène ! Repensons à l’Appartement des Bains que Louis fit construire pour Mme de Montespan, à la fin des années 1660, fini vers 1680 : un large bassin pour les délices à deux, baignoire octogonale en marbre, longue de 3 m, profonde d’1 m, qui malheureusement se transforma en appartement pour le duc de Maine, à la fin de la liaison de Louis avec la Montespan. Voici l’anecdote au sujet de la baignoire : lorsqu’en 1749, le duc de Penthièvre voulut s’en débarrasser, elle ne passait pas par la fenêtre, 22 hommes au moyen de cordes et de poulies la transportèrent dans la retraite de la Pompadour, la baignoire y resta jusqu’en 1934, puis fut transférée à l’Orangerie.

Ce n’est qu’après le retour de Louis XV à Versailles, que l’installation de baignoires se multiplia, mais seulement de petites tailles, on était assis à l’intérieur sur une chaise et en chemise….

A partir de l’époque de Louis XVI, cela devenait commun, Marie Antoinette se lavait les jambes tous les matins et se baignait souvent.  Les médecins recommandaient même de prendre des bains ! Etaient également utilisés : les bidets, garnis de bassin de faïence recouvert de maroquin ou bidets de bois avec cuvette en fer blanc.

Puis vint le projet des bains publics, avec couloirs pour hommes et couloirs pour dames, mais excessivement chers pour la population de Versailles. Beaucoup de demandes spéciales d’aménagement furent faites, le projet s’avérant trop coûteux, cela n’alla pas plus loin.

Parlons des « cabinets d’aisance » ou nos toilettes ! la France prit l’exemple sur l’Angleterre qui dans les années 1680 fit faire des installations pour évacuer les eaux des cabinets d’aisance. Avant cette période, en France, on utilisait des pots de chambre, encastrés dans les chaises percées. Selon Henri Havard, qui écrivait son Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration du 13è siècle au 19è siècle, il existait 274 chaises percées sous le règne de Louis XIV, attribuées à la famille royale, elles étaient couvertes de damas rouge et bleu avec des sièges en maroquin ou avaient des couvercles amovibles. Vint également le problème du vidage de ces chaises percées : des officiers du roi appelés « porte-chaise d’affaires » fournissaient les serviettes de linge (le papier de toilette de l’époque) et s’occupaient de les vider. Sous Louis XV, un mécanisme de chasse d’eau fut créé et sous Louis XVI pour l’anecdote : un chat angora aimait à dormir dans cette chaise, mais lorsque le roi s’y installait, le félin ne manquait pas de se « rebiffer » et Louis de partir en courant se tenant la culotte en appelant ses serviteurs à la rescousse.

Les courtisans ou officiers n’ayant pas de personnel suffisants pour vider les pots de chambres, les déposaient dans les rares endroits prévus : il existait des latrines collectives, près des escaliers publics, mais soit renversés, soit pas vidés, les odeurs se répandaient partout, les sols étaient imprégnés, en remontant dans les murs, à tel point que personne ne pouvait plus loger décemment dans les appartements proches. Mais lorsque des constructions étaient en route, des puits étaient bâtis de suite sur chaque palier, ainsi les étages du haut étaient épargnés par les odeurs. En contrebas, ce n’était pas le cas : Voltaire disait de l’endroit : « le trou merdeux le plus puant de Versailles ».

Dans la cuisine de la Reine, c’était pire encore : l’inspecteur des Bâtiments disait : « un tuyau des latrines du Château, qui est souvent engorgé, est rempli de fentes, lesquelles laissent passer les matières qui coulent et empoisonnent dans toute la Bouche de la Reine. J’ai conseillé de faire supprimer  sur le champ le siège de la latrine, et je pense qu’à l’avenir ce siège peut rester supprimé ». Comme le nombre d’endroit d’aisance était insuffisant par rapport au nombre de courtisans, serviteurs, etc… beaucoup se soulageaient dans les couloirs, contre les murs ou dans les cours.

A tel point que Madame Palatine, en 1702, racontait : « il n’y a qu’une malpropreté à la Cour à laquelle je ne m’habituerai jamais : les gens stationnés dans les galeries en face de votre chambre et qui pissent dans tous les coins. Il est impossible de quitter son appartement sans voir quelqu’un pisser ». Pire encore : les domestiques vidaient les pots de chambre par les fenêtres du château ! en 1775, il était question de mettre des barreaux aux fenêtres…et de construire des latrines derrière les bosquets, avec 12 lunettes séparées et une porte à loquet…Peine perdue : aucun nouveau cabinet d’aisance ne fut créé. Il fut demander au personnel de redoubler d’attention ….

Derrière la Façade : vivre au château de Versailles au 18è siècle - Newton
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