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GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS

 
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orev
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PostPosted: Sun Jun 14 2009, 21:50    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

MAI 1664 : LES PLAISIRS DE L’ILE ENCHANTEE
Ce fut la première des grandes fêtes données à Versailles par Louis XIV, première collaboration entre Molière et Sully. Six jours de fêtes fabuleuses qui établissent le mythe de Versailles comme lieu de réjouissance.

Du 7 au 13 mai 1664, Louis XIV organise en l’honneur d’Anne d’Autriche, sa mère et de la reine Marie Thérèse une fête sur le thème romanesque de la magicienne Alcine tenant prisonnier en son palais, Roger et ses preux chevaliers. Amour, action et magie invitent la cour au rêve. Tirée de l’Arioste, la fête est dédiée en réalité à Melle de La Vallière, maîtresse du roi. Ordonnateur de ses ballets, le duc de Saint Aignan a choisi le sujet tandis que Carlo Vigarani a retenu le lieu. Originaire de Modène, il est depuis 1659 le grand metteur en scène des divertissements royaux où il a introduit machineries et décors italiens.

Durant trois jours, les 600 personnes invitées assistent au défilé équestre du roi dans le rôle de Roger, revêtus de somptueux habits de feu sur un harnais d’or, argent et de pierreries. Il est accompagné de cavaliers tout aussi somptueux qui descendent l’Allée Royale (Tapis Vert), suivi du char d’Apollon. Ils se dirigent vers le palais d’Alcine dressé sur le Rond d’Eau, futur bassin d’Apollon. Suite une course de bague dans laquelle les cavaliers doivent décocher de leur lance un anneau à une potence. La nuit tombée, le parc s’illumine de milles feux. Commence un ballet sur le thème des Saisons tandis qu’un magnifique festin est servi par des serviteurs masqués et costumés.

Le deuxième jour, la nuit venue, Roger (Louis XIV) donne à ses dames, sur la scène dressée dans l’Allée, la comédie-ballet spécialement conçue par Molière et Lully : La Princesse d’Elide. Pour la première fois en France, théâtre et opéra, comique et romanesque sont associés. Bergers et bergères entourés de faunes dansent et chantent au son des flûtes et des violons. Le troisième jour voit l’embrasement du palais d’Alcine dans un fabuleux feu d’artifice orchestré par Vigarani. Une étonnante baleine flottante et ses deux baleineaux au devant portent Alcine et ses servantes.

Les festivités se poursuivent avec courses de chevaux, loterie, visite de la Ménagerie et représentations théâtrales : Molière donne pour la première fois, le soir du 12 mai, son célèbre Tartuffe. Malgré le soutien du roi, la pièce fait scandale et doit être interdite. La cour retourne à Fontainebleau, le lendemain. Un merveilleux songe prend fin.



JUILLET 1668 : LE GRAND DIVERTISSEMENT ROYAL

Seconde fête donnée par Louis XIV à Versailles, pour célébrer la gloire du roi après la paix d’Aix-la-Chapelle. Paix qui marque le rattachement de plusieurs places flamandes (Lille, Douai, Dunkerque) à la France. Ce sera la plus somptueuse fête organisée par Louis XIV. Ce sera également une fête en l’honneur de la Marquise de Montespan, rivale de la La Vallière.

Pour célébrer sa victoire sur l’Espagne, le roi entend organiser une fête à la mesure de l’évènement. Il dépense à cet effet la somme de 117 000 livres, soit le tiers des dépenses consacrées à Versailles en 1668. Il la veut très différente de celle de 1664 : réalisée en été, sur une seule date et sans thème particulier, elle sera une promenade à thème pleine de faste et de surprises.

Venu de Saint Germain, le roi ouvre son divertissement en fin de journée par la visite de sa dernière réalisation : le bassin du Dragon et son jet, le plus puissant des jardins. Il invite ensuite les convives à une splendide collation au bosquet de l’Etoile. Dressoirs et buffets emplis de montagnes de fruits, de viandes et de vases de liqueurs composent le décor.

Après la collation, la cour se rend en carrosse et chaise à porteurs au carrefour du bassin de Saturne pour assister à la première représentation de George Dandin de Molière. La pièce est jouée dans le théâtre en trompe l’œil de Vigarani. Eclairé de 32 lustres de cristal, il est tendu de tapisseries et couvert d’une toile fleurdelisée à fond bleu.

La cour assiste ensuite au festin organisé au droit du futur bassin de Flore, dans une grande salle octogonale en treillage dont le dôme est ouvert sur le ciel. Au centre d’une table, est un grand buffet orné d’une fontaine et d’une vaisselle d’argent. Le festin est suivi d’un bal organisé dans une salle installée au carrefour du futur bassin de Cérès. De forme octogonale également, la salle est précédée d’une galerie de verdure fermée par une grotte de rocailles. Réalisée par Le Vau, elle parait couverte de marbre et de porphyre.

La fête se termine par un splendide feu d’artifice. Depuis le bas de la grande perspective, on aperçoit le château éclairé de l’intérieur, précédé le long du parterre de Latone et du Tapis Vert, de statues et de vases peints illuminés. La féérie est totale !

Cette fête extraordinaire constitue assurément le summum de la fête baroque, tant par sa mise en scène que ses décors. Elle marque surtout l’intérêt grandissant du roi pour Versailles. Le lieu passera bientôt de la fête au gouvernement.



LES FETES DE 1674

Depuis l’achèvement des transformations que le roi avait commandé, il n’y eut de fêtes pour inaugurer ces dernières modifications.

Louis XIV eut l’idée d’organiser des fêtes en 1674, en l’honneur  du succès de ses armées en Franche-Comté : Gray et Besançon et malgré la déconvenue en Hollande, le roi voulait surtout prouver à l’étranger que le royaume n’était pas « à genoux ».

Ainsi, du 4 juillet au 31 août, 6 journées furent consacrées aux fêtes durant le séjour estival du roi et de sa cour.

Le 4 juillet, une collation fut servie en musique dans le bosquet du Marais. La cour gagna ensuite le château où l’on donna Alceste, tragédie en musique de Quinault et Lully. Un souper servi dans les Grands Appartements, meublés depuis quelques mois, acheva la journée.

Le 11 juillet, dans les jardins de Trianon, lieu privilégié des amours du roi et de la belle marquise, Lully dirigea l’Eglogue de Versailles. Le roi et la cour revinrent ensuite à Versailles  « prendre le divertissement de la promenade jusqu’à neuf heures du soir ». Un somptueux souper fut servi dans le bosquet de la salle du Conseil, île cernée de jets d’eau qui formaient tout autour comme une grille aquatique. 150 lustres et 73 girandoles de cristal éclairaient l’ensemble. Après une collation à la Ménagerie, et avant une promenade en musique sur le Grand Canal dans les gondoles offertes par La Sérénissime, la représentation du Malade Imaginaire du défunt Molière, occupa la troisième journée de fête.

Des feux d’artifice ainsi que des représentations théâtrales accompagnèrent les soupers des journées des 28 juillet, 18 et 31 août. Racine y fit jouer l’Iphigénie. Les décorations de table (jattes remplies de fruits, corbeilles de pâtes sucrées, tasses de cristal pour les glaces et carafes de liqueur) étaient jugés par les étrangers comme l’excellence de l’art français. L’Italie adopta la « decorazione alla francese ».



FEVRIER 1745 : LE BAL DES IFS

Donné à l’occasion du mariage du dauphin avec l’infante Marie Thérèse d’Espagne, ce bal costumé célèbre, marque le début des amours de Louis XV avec la future marquise de Pompadour. Les deux amants ne se quitteront plus de la nuit.

Après 3 siècles de rivalités, la France et l’Autriche sont alliés depuis 1756. Afin de consolider ce rapprochement diplomatique, Louis XV et l’impératrice Marie Thérèse ont décidé de marier leurs enfants respectifs : le duc de Berry, dauphin de France, âgé de 15 ans et Marie Antoinette, archiduchesse d’Autriche, âgée de 14 ans. Les festivités commencent les 16-17 mai à Versailles.

L’idée d’un mariage entre les 2 couronnes ne se concrétise qu’en 1770. Le 19 avril, a lieu à Vienne, le mariage par procuration du dauphin, petit-fils de Louis XV, avec Marie-Antoinette, dernière fille de Marie-Thérèse. La jeune archiduchesse arrive à Versailles, le 16 mai. Après avoir franchi les grilles du château vers 10h, elle est installée dans le grand appartement de la reine où elle doit se préparer au mariage officiel dans la chapelle royale.  A 13h, elle fait son entrée dans le cabinet du roi. Vêtu de l’habit d’or et de diamant du Saint-Esprit, le dauphin va lui prendre la main.



Suivi du roi et des princes du sang, le jeune couple traverse le grand appartement emplis de monde. Dans la chapelle, il s’agenouille  devant l’autel où officie l’archevêque de Reims. Le roi et la famille royale les encadrent sur leur prie-Dieu. Emu, le dauphin passe l’anneau au frêle doigt de son épouse. La cérémonie achevée, on procède aux signatures du registre des mariages. Dans son appartement, la dauphine reçoit en début d’après-midi sa corbeille de noces, splendide cabinet ciselé contenant profusion de bijoux et d’objets précieux.

Le jeune couple assiste ensuite à la réception des ambassadeurs avant de se rendre dans la galerie des Glaces illuminée où se tient le jeu du roi. Le feu d’artifice envisagé est reporté pour cause d’orage. La journée s’achève par un somptueux festin servi dans tout le nouvel opéra royal aménagé par Gabriel. Vient enfin le rituel de la cérémonie du coucher : les jeunes mariés sont conduits dans la chambre nuptiale, celle de Marie Antoinette. La couche est bénie par l’archevêque de Reims. Le roi passe sa chemise de nuit au dauphin et la duchesse de Chartres à la dauphine. Ils vont au lit en présence de toute la cour afin de montrer qu’ils partagent bien le même lit. Avant de fermer les rideaux, Louis XV donne quelques conseils à son petit-fils. Peine perdue : le mariage ne sera pas consommé avant 7 ans !

Les festivités se poursuivront jusqu’au 30 mai, date du tragique feu d’artifice donnée sur la place de la Concorde. Spectacle qui fait 132 victimes. Funeste présage d’un règne tragique.


Sources :
Chateauversailles.fr
Histoire de Versailles de Jean François Solnon
Derrière la Façade de William Ritchey Newton
Louis XIV et sa cour de Saint Simon
Visiter Versailles de Béatrix Saule – Conservateur en chef




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PostPosted: Sun Jun 14 2009, 21:50    Post subject: Publicité

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PostPosted: Mon Jun 22 2009, 12:13    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

LES DIVERTISSEMENTS

Outre les grandes fêtes principales qui ont été développées plus haut, il y a aussi les divertissements à la Cour :

Sous Louis XIV, le terme « soirée appartement » était devenu une expression codée : repas, buffet où les mets étaient exposés pendant 4 heures et sans cesse renouvelés, jeux, billard…

Ne se rendaient aux soirées d’appartement que ceux dont on autorisait la présence.

Sous Louis XV, les festivités s’arrêtent pendant une vingtaine d’année après la naissance du duc de Bourgogne en 1751. Versailles ne retrouva les fêtes qu’au mariage du futur Louis XVI en 1770.

Les divertissements réguliers étaient hebdomadaires : lundi et samedi il y avait concert, mardi comédie française, mercredi et vendredi comédie italienne, jeudi la tragédie, le dimanche était réservé aux jeux. Chez le dauphin, il y avait bal les mercredis et dimanches.

Mme de Pompadour organisa les spectacles des petits cabinets à partir de 1747 : un petit nombre de privilégiés choisis par le roi assistaient au théâtre et se faisaient acteurs. La maîtresse du roi devint comédienne, cantatrice et danseuse.


Source :
JF Solnon - Histoire de Versailles

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PostPosted: Fri Jul 17 2009, 14:06    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

j'ai trouvé le détail

 MAI 1664 : LES PLAISIRS DE L’ILE ENCHANTEE



Du 7 au 14 mai 1664   
 
Le Roi voulant donner aux Reines et à toute sa cour le plaisir de quelques fêtes peu communes,dans un lieu orné de tous les agréments qui peuvent faire admirer une maison de campagne,choisit Versailles, à quatre lieues de Paris.
Ces festivités s'étalèrent sur une période comprise entre le 7 mai et le 14 mai 1664. Elles furent officieusement dédiées à la Vallière. 600 personnes vinrent de Paris pour cette fête mémorable. Le thème général des manifestations est le Palais dAlcine dans lequel Roger et ses chevaliers furent prisonniers par la magicienne. 





1er jour : 7 mai
Tout débuta à 18h00 par un défilé équestre. Un héraut d'armes habillé à l'antique ouvrit le cortège. Suivaient trois pages : d'Artagnan et les ducs de Saint-Aignan et de Noailles. Douze trompettes et quatre timbaliers richement habillés précédaient le Roi représentant Roger.


SonnetQuelle taille, quel port a ce fier conquérant!Sa personne éblouit quiconque l'examine,
Et quoique par son poste il soit déjà si grand,
Quelque chose de plus éclate dans sa mine.

Son front de ses destins est l'auguste garant;
Par delà ses aïeux sa vertu l'achemine;
Il fait qu'on les oublie, et, de l'air qu'il s'y prend,
Bien loin derrière lui laisse son origine.

De ce cœur généreux c'est l'ordinaire emploi
D'agir plus volontiers pour autrui que pour soi;
Là principalement sa force est occupée:

Il efface l'éclat des héros anciens,
N'a que l'honneur en vue, et ne ire l'épée
Que pour des intérêts qui ne sont pas les siens




Les autres chevaliers aux noms bien connus participaient au cortège : Oger le Danois, Aquilant le Noir, Griffon le Blanc, Renaud, Dudon, Astolphe, Brandimart, Rochardet, Olivier, Ariodant, Zerbin, Roland. Puis, le char d'Apollon parut. La divinité du haut de ce véhicule de huit pieds de haut dominait les quatre Siècles : ceux de l'Or, de l'Argent, de l'Airain et du Fer. Le char était orné de personnages proches du mythe d'Apollon : Python, Daphné, Hyacinthe, Atlas. Le Temps muni de sa faux conduisaient les quatre superbes chevaux de la machine. De chaque côté, défilaient à pieds, les douze Heures du jour et les douze Signes du Zodiaque. Lorsque le cortège arriva à destination, c'est-à-dire devant les Dames de la Cour, Melle de Brie, qui représentait l'Age d'Airain, déclama des vers à la louange de la Reine et d'Apollon.
Ensuite, une course de bague se déroula sur le Tapis-Vert. Les cavaliers devaient attraper un anneau suspendu avec le bout de leur lance. Le gagnant (le marquis de la Vallière) reçut des mains d'Anne d'Autriche une épée et un baudrier d'or enrichis de diamants.


Le défilé des Saisons
"La nuit étant survenue, le camp fut éclairé d'un nombre infini de lumières, et tous les cheavliers s'étant retirés, l'on vit entrer l'Orphée de nos jours, vous entendez bien que je veux dire Lully, à la tête d'une grande troupe de concertants, qui s'étant approchés au petit pas et à la cadence de leurs instruments près des reines, se séparèrent en deux bandes à droite et à gauche du haut dais, en bordant les palissades du rond, et en même temps l'on vit arriver par l'allée qui était à la main droite les quatre Saisons."


Relation de Marigny   
Lully avait composé pour l'occasion :- une ouverture- une 1ère entrée pour les quatre Saisons, les douze Signes du Zodiaque et les douze Heures
- une Marche de hautbois pour le Dieu Pan et sa suite
- un Rondeau pour les violons et flûtes allant à la table du Roi
- une suite du Rondeau pour les violons et pour les flûtes. 

A la suite des quatre Saisons, suivaient quarante-huit personnes portant les plats nécessaires à la collation sur leurs têtes: douze jardiniers, douze moissonneurs, douze vendangeurs et douze vieillards gelés. Au sommet d'une petite montagne roulante, les divinités Pan et Diane étaient joués par Molière et Madeleine Béjart. Vingt porteurs présentaient les viandes de la chasse de Diane et de la ménagerie de Pan. Quand les pages venus pour le service fermèrent le cortège, Pan, Diane et les Saisons récitèrent des vers pour la Reine. Ensuite, les trente-six violons s'installèrent sur un petit théâtre en retrait. Les Heures et les Signes du Zodiaque dansèrent une entrée de ballet, pendant que les contrôleurs de la maison du Roi, représentant l'Abondance, la Joie, la Propreté et la Bonne Chère dressèrent la table que les Jeux, les Ris et les Délices recouvrirent des somptueux plats. Les trente-six violons jouèrent pendant le reste du souper.


Le 2ème jour : 8 mai
Lorsque la nuit fut tombée, Leurs Majestés se rendirent dans les jardins voir une comédie-ballet écrite par les deux Baptiste. La Princesse d'Elide fut représentée dans un théâtre provisoire construit dans l'axe de l'Allée Royale. "Le dessein de cette seconde fête était que Roger et les chevaliers de sa quadrille, après avoir fait des merveilles aux courses, que, par l'ordre de la belle magicienne, ils avaient faites en faveur de la Reine, continuaient en ce même dessein pour le divertissement suivant, et que L'Ile flottante n'ayant point éloigné le rivage de la France, ils donnaient à Sa Majesté le plaisir d'une comédie dont la scène était en Elide.Le Roi fit donc couvrir de toiles, en si peu de temps qu'on avait lieu de s'en étonner, tout ce rond, d'une espèce de dôme, pour défendre contre le vent le grand nombre de flambeaux et de bougies qui devaient éclairer le théâtre, son la décoration était fort agréable.Aussi tôt qu'on eut tiré la toile, un grand concert de plusieurs instruments se fit entendre..."






La Princesse d'Elide fut jouée pour la première fois à Versailles le 8 mai 1664, lors des grandes fêtes des Plaisirs de l'Ile Enchantée. Elle fut jouée quatre fois pour la Cour à Fontainebleau et reprise avec succès à la ville, sur la scène du Palais Royal en novembre. L'œuvre fut représentée en août 1669 à Saint-Germain-en-Laye en présence du prince de Toscane.
Seuls l'acte premier et une partie de la première scène du second acte sont rédigés en vers. Pressé par le temps, Molière a achevé la comédie en prose. En dépit de nombreuses reprises à la cour, l'auteur ne chercha jamais à parfaire son œuvre.


1er intermède
- Ritournelle et Récit de l'Aurore"Pendant que l'Aurore chantoit ce récit, quatre valets de chiens étoient couchés sur l'herbe, dont l'un (sous la figure de Lyciscas, représenté par le sieur de Molière, excellent acteur, de l'invention duquel étoient les vers et toute la pièce) se trouvoit au milieu de deux, et un autre à ses pieds, qui étoient les sieurs Estical, Don, et Blondel, de la musique du Roi, dont les voix étoient admirables. Ceux-ci en se réveillant à l'arrivée de l'Aurore, sitôt qu'elle eut chanté, s'écrièrent en concert : "Holà! holà! debout, debout, debout!""


Trio des Valets de chiens- Entrée de Valets de chiens endormis- Deuxième air de danse des Valets de chiens et des Chasseurs avec des cors de chasse.
- Troisième Air pour les Valets de chiens éveillés
Lyciscas s'étant levé avec toutes les peines du monde, et s'étant mis à crier de toute sa force, plusieurs cors et trompes de chasse se firent entendre, et concertés avec les violons commencèrent l'air d'une entrée, sur laquelle six Valets de chiens dansèrent avec beaucoup de justesse et disposition, reprenant à certaines cadences le son de leurs cors et trompes : c'étoient les sieurs Paysan, Chicaneau, Noblet, Pesan, Bonard, et la Pierre.La chasse a été organisée dans le but de trouver un mari pour la Princesse d'Elide. Euryate, prince d'Ithaque est fort épris de la jeune fille fort convoitée. Poursuivie par un animal sauvage, Moron (personnage joué par Molière) vient demander secours à Euryale et son gouverneur Arbate. La princesse d'Elide arrive entourée des princes de Messène et de Pyle. Elle reste pourtant indifférente aux exploits de ses prétendants et n'avoue s'intéresser qu'à la chasse.




2ème intermède

Moron utilise l'écho des montagnes pour clamer le nom de sa bergère Philis. Un ours l'interrompt. Le peureux monte à un arbre, mais voyant que l'animal le suit, il crie au secours. Huit paysans armés de bâtons lui viennent en aide.- Premier Air des Chasseurs et Paysans avec des bâtons

Les Chasseurs dansent pour témoigner leur joie d'avoir remporté la victoire.- Deuxième Air des Chasseurs et PaysansEuryate et la Princesse échangent quelques paroles à propos de la course de chars qui se prépare. La froideur du Prince d'Ithaque séduit la Princesse.




3ème intermède

Moron se voir repoussé par Philis, qui s'enfuit. Satyre propose ses services à Moron et lui donne une leçon de chant qui tourne à la bagarre.- Première chanson du Satyre- Seconde chanson du Satyre
- Ritournelle et Entrée pour les postures des Satyres
Le prince d'Ithaque a gagné le prix des courses. Mais son indifférence affichée provoque en la princesse d'Elide du désespoir puis de la révolte. Quand elle reproche à Euryale son attitude, celui-ci lui répond qu'il n'apprécie que la chasse.




4ème intermède

Tircis fait la cour à Philis et lui chante une chanson.- premier air de TircisMoron surprend le couple. Philis explique alors à Moron, qu'elle préfère écouter les chants de Tircis que ses paroles.
- second air de Tircis
Moron annonce alors qu'il sait, lui aussi, chanter.
- chanson de Moron
Mais il se rend compte que ses chants ne suffisent pas pour conquérir le coeur de la bergère.
La princesse d'Elide élabore un plan pour trahir les sentiments d'Euryale. Elle lui annonce qu'elle aime le prince de Messène et qu'elle compte bien l'épouser. Le prince feint une nouvelle fois l'indifférence et l'avise de ses propres projets de mariage.




5ème intermède

- Ritournelle et Dialogue de Clymène et PhilisLe dialogue de Clymène et Philis sur l'amour est interrompu par la Princesse qui leur fait part de son inquiétude.Le Prince de Messène est étonné d'être reçu si froidement par la Princesse, pourtant Euryale lui avait dévoilé les projets de la princesse. Quand la princesse d'Elide apprend qu'Euryale a fait la publicité de cet amour simulé, elle va trouver le roi, son père. Elle finit par avouer son amour pour le prince d'Ithaque qui fait de même




6ème intermède

Quatre bergers et deux bergères héroïques, se prenant par la main, chantèrent une chanson à danser. Pendant que ces aimables personnes dansoient, il sortit de dessous le théâtre la machine d'un grand arbre chargé de seize Faunes, dont les huit jouèrent de la flûte et les autres du violon avec un concert le plus agréable du monde. Trente violons leur répondoient de l'orchestre, avec six autres concertants de clavecins et de théorbes. - Choeur de Pasteurs et de Bergères qui dansent"Et quatre bergers et quatre bergères vinrent danser une fort belle entrée, à laquelle les Faunes, descendants de l'arbre, se mêlèrent de temps en temps ; et toute cette scène fut si grande, si remplie et si agréable, qu'il ne s'étoit encore rien vu de plus beau en ballet. Aussi fit-elle une avantageuse conclusion aux divertissements de ce jour, que toute la cour ne loua pas moins que celui qui l'avoit précédé, se retirant avec une satisfaction qui lui fit bien espérer de la suite d'une fête si complète."





Le 3ème jour : 9 mai

Palais d’Alcine
22h00 : La Cour descendit au Rond d'eau pour assister au dénouement de la fête d'Alcine.Le Ciel ayant résolu de donner la liberté aux chevaliers, Alcine en eut des pressentiments qui la remplirent de terreur et d'inquiétudes. Elle voulut apporter tous les remèdes possibles pour prévenir ce malheur et fortifier en toutes manières un lieu qui pût renfermer tout son repos et sa joie. Trois îles apparurent dans l'obscurité du Rond d'eau. Sur deux des îles, jouaient les violons et les trompettes et timbaliers. Alcine apparut de derrière un rocher, portée par un monstre marin. Deux Nymphes Célie et Dircé la rejoignirent assises sur de grandes baleines. Alcine et les Nymphes prononcèrent des vers louant la Reine-mère. Le concert des violons se fit entendre, pendant que, le frontispice du palais venant à s'ouvrir avec un merveilleux artifice, et des tours à s'élever à vue d'œil, les gardes du Palais entrèrent en scène.


"La Cour eut le plaisir d'un ballet, qui se fit dans le palais d'Alcine, sur les dix heures du soir. Le Rond d'eau qui est eu bas de la même allée par laquelle 'lon était descendu de la place où s'était faite la course de bague au salon de la comédie, fut choisi pour représenter le lac au milieu duquel était l'Ile Enchantée de cette fameuse magicienne ; le haut dais fut placé sur le bord de l'allée ; et sur les côtés du Rond d'eau, près des palissades, à droit et à gauche il y avait des amphithéâtres qui faisaient une forme de croissant, qui aboutissait aux bords de deux petites îles, qui étaient aux deux côtés du palais d'Alcine. Ces deux îles furent en un moment éclairées d'un nombre infini de lumières, et l'on vit sur celle qui était à la main droite des spectateurs un grand nombre de concertants, dont l'harmonie répondait à celle des trompettes et des timbales qui étaient dans la petite île de la main gauche. Peu de temps après l'on aperçut de loin trois grosses baleines, qui sortaient des deux côtés du palais, et qui en nageant s'approchaient des bords du lac enchanté. L'une portait sur son dos Alcine, et les deux autres portaient les deux compagnes de cette magicienne. (...)Alcine et ses compagnes s'étant approchées du bord du lac, vis-à-vis de Leurs Majestés, firent le récit et s'en retournèrent après du côté de l'Ile Enchantée, où était le palais, qui s'ouvrant à leur arrivée, surprit agréablement les yeux par les beautés d'une architecture si merveilleuse, que l'on eût cru que c'était de l'invention de Vigarani, si l'on eût été prévenu que c'était un enchantement d'Alcine. Alors les concertants redoublèrent leurs accords et l'on vit des géants d'une prodigieuse grandeur, qui firent la première entrée du ballet."


Relation de Marigny

Première entrée
Quatre Géants et quatre nains


Deuxième entrée
Huit Maures chargés par Alcine de la garde du dedans, en font une exacte visite, avec chacun deux flambeaux


Troisième entrée
Cependant un dépit amoureux oblige six chevaliers qu'Alcine retenait auprès d'elle à tenter la sortie de ce palais ; mais la fortune ne secondant pas les efforts qu'ils font dans leur désespoir, ils sont vaincus après un grand combat, par autant de monstres qui les attaquent.



Quatrième entrée
Alcine, alarmée de cet incident, invoque de nouveau tous ses esprits, et leur demande secours : il s'en présente deux à elle, qui font des sauts avec une force et une agilité merveilleuses.


Cinquième entrée
D'autres démons viennent encore, et semblent assurer la magicienne qu'ils n'oublieront rien pour son repos.

Sixième et dernière entrée
Mais à peine commence-t-elle à se rassurer, qu'elle voit paraître, auprès de Roger et de quelques chevaliers de sa suite, la sage Mélisse, sous la forme d'Atlas. Elle court aussitôt pour empêcher l'effet de son intention ; mais elle arrive trop tard : Mélisse a déjà mis au doigt de ce brave chevalier la fameuse bague qui détruit les enchantements. Lors un coup de tonnerre, suivi de plusieurs éclairs, marque la destruction du palais, qui est aussitôt réduit en cendres par un feu d'artifice, qui met fin à cette aventure et aux divertissements de l'Ile Enchantée


L'assistance apprécia, sans conteste, la musique de Lully, comme en témoigne la citation suivante :"Enfin l'ont eut tout à la fois le plaisir d'un mélange de toutes sortes de danses et de musiques qui s'étaient faites séparément et tout cela fut exécuté avec tant d'ordre, que tout le monde avoua qu'il fallait que Lully, qui était l'inventeur de toute cette harmonie et de cette entrée si belle et si galante, fût cent fois plus Diable que la Diablesse Alcine même."




Le feu d'artifice reproduisant la destruction du palais d'Alcine impressionna les spectateurs : "Il semblait que le ciel, la terre et l'eau fussent tous en feu. (...) La hauteur et le nombre de fusées volantes, celles qui roulaient sur le rivage, et celles qui ressortaient de l'eau après s'y être enfoncées, faisaient un spectacle si grand et si magnifique, que rien ne pouvait mieux terminer les enchantements qu'un si beau feu d'artifice. Alors toute la cour se retirant confessa qu'il ne se pouvait rien voir de plus achevé que ces trois fêtes."




Après ces trois journées principales, les réjouissances se prolongèrent encore quelques jours :

10 mai 1664 : Jeu équestre. Le Roi voulut "courre les têtes". Cet exercice, en provenance d'Allemagne, consiste à effectuer un parcours à cheval au cours duquel le cavalier doit atteindre la tête d'un Turc en carton à l'aide d'une lance, la tête d'un Maure avec un dard puis une tête de Méduse à l'aide d'une javeline. Le Roi emporta, haut la main, l'épreuve. Il remit alors la récompense en jeu. Ce fut finalement le marquis de Coaslin qui reçut la rose de diamant des mains de la Reine.

11 mai 1664 : après une promenade à la Ménagerie, le Roi fit donner Les Fâcheux dans le vestibule de la Cour de Marbre.

12 mai 1664 : L'après-midi, une loterie fut organisée et la Reine emporta le gros lot. Une course à cheval eut aussi lieu. Le duc de Saint-Aignan gagna le défi. Dans la soirée, la pièce de Molière Tartuffe fut jouée dans la Cour de Marbre. C'est alors que Louis XIV, connu pour son "extrême délicatesse pour les choses de la religion", défendit de jouer la pièce en public "et se priva soi-même de ce plaisir, pour n'en pas laisser abuser à d'autres, moins capables d'en faire un juste discernement".

13 mai 1664 : Jeux équestres la journée et le soir, représentation du Mariage Forcé dans le vestibule de la Cour de Marbre.




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PostPosted: Fri Jul 17 2009, 14:35    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

petite introduction :

http://www.youtube.com/watch?v=rI9ONn-7Zlc


une autre :


http://www.youtube.com/watch?v=1JauOffEf4w
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PostPosted: Tue Jul 21 2009, 11:01    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

détail du GRAND DIVERTISSEMENT ROYAL de juillet 1668

LE GRAND DIVERTISSEMENT ROYAL
JUILLET 1668


La fête de 1668 fut officiellement donnée pour célébrer la paix d'Aix-la-Chapelle et l'annexion des Flandres, officieusement, en l'honneur de Madame de Montespan, l'autre conquête de Louis XIV. Cette grande fête ne dura qu'une seule journée, mais son programme fut intense.


18h00 : Leurs Majestés firent une promenade dans les jardins. A l'emplacement de l'actuel Bosquet de l'Etoile, cinq tables en forme de buffets entouraient le jet d'eau central. Les cinq allées aboutissant au centre étaient décorées d'orangers du Portugal, de cerisiers, d'abricots, de pêchers, de groseilliers de Hollande et de poiriers. Les statues du dieu Pan et de quatre Satyres occupaient des niches de verdure. Lorsque le Roi et sa famille eurent fini de se restaurer, la cour pilla littéralement le buffet, ne laissant que désolation derrière elle.


Le Roi se rendit alors avoir la comédie-ballet "Georges Dandin" assortie d'un grand final célébrant les Fêtes de l'Amour et de Bacchus. Pour les besoins de cette représentation, Vigarani dressa une scène monumentale, sur laquelle évoluaient plus de 100 danseurs, à l'emplacement du futur Bassin de Saturne. Le théâtre en bois était orné de tapisseries et éclairé de 32 chandeliers de cristal. Le public était constitué de 1200 personnes assises sur les gradins et 300 autres placées sur le parterre.

 Les ambassadeurs présents se plaignirent de l'abondance de la foule. Huygens écrit:"Il y avait une si grande foule de gens qu'à la comédie, le Roy même eut de la peine à faire placer les dames et il fallut faire sortir pour cela quantité d'hommes".




"Lorsque Leurs Majestés furent arrivées dans ce lieu dont la grandeur et la magnificence surprirent toute la cour, et quand Elles eurent pris leur place sur le haut dais qui était au milieu du parterre, on leva la toile qui cachait la décoration du théâtre. Et alors, les yeux se trouvant tout à fait trompés, l'on crut voir effectivement un jardin d'une beauté extraordinaire."


La comédie plût énormément puisque selon Félibien : "On peut dire que dans cet ouvrage le sieur Lully a trouvé le secret de satisfaire et de charmer tout le monde ; car jamais il n'y a rien eu de si beau ni de mieux inventé."




Le souper préparé par le premier maître d'hôtel, le maréchal de Bellefonds, fut servi au roi et quelques dames à l'ombre d'un édifice construit par Gissey. L'ouvrage avait une forme octogonale et recouvert de feuillages à l'extérieur. Les pilastres soutenaient un grand dôme, rappelant ainsi les temples grecs. Le milieu du salon était décoré par une belle statue de Pégase. Le rocher sur lequel le cheval ailé se cabrait vomissait de l'eau écumante à divers endroits. Les autres convives purent se restaurer sous des tentes ou aux buffets disposés dans le parc. Une table fut dressée pour les Ambassadeurs dans la Grotte de Thétys.


Un peu plus loin, se trouvait la salle de bal construite par Le Vau. Les six arcades dont était percé l'édifice contenaient des gradins en amphithéâtre. Dans un côté de la salle, une grotte de rocaille abritait une statue d'Arion muni de sa lyre et chevauchant un dauphin. Deux tritons l'accompagnaient. Une autre grotte représentait Orphée en compagnie de deux nymphes. Les autres cavernes montraient des monstres crachant de l'eau.


Les illuminations et les feux d'artifice, présidés par Colbert, embrasèrent sans crier gare les allées et les bassins du petit parc au point de semer la panique parmi l'assistance!

"Cette surprise causa un agréable désordre parmi tout le monde qui, ne sachant où se retirer, se cachait dans l'épaisseur des bocages et se jetait contre terre."


Lors de l'apothéose tirée depuis la tour de la pompe, les derniers feux dessinèrent le chiffre de Louis XIV (les deux L entrelacés)



et pour se mettre dans "le bain" :

http://www.youtube.com/watch?v=VcThgHw2t04


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PostPosted: Mon Jul 27 2009, 11:31    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

un peu plus de détails sur LA FETE DE 1674 :

Ces fêtes furent organisées pour célébrer la reconquête de la Franche-Comté. L'été 1674 voit l'accession de Lully au poste de véritable maître des fêtes de la Cour. A l'issue de ces manifestations, Louis XIV décida de construire la partie neuve du château, ouverte sur les jardins.



4 juillet :
- Collation au bosquet du Marais embelli d'orangers caisse et de guirlandes de fleurs- 8h00 : Représentation d'Alceste dans la Cour de Marbre éclairée "a giorno". On éleva pour l'occasion un plancher de bois atteignant presque le bas des fenêtres de la Cour. La représentation eut lieu sans décor, ni machines. Seule une grande fontaine trônait au milieu de la scène. On la garnit de fleurs serrées pour que le bruit de l'eau ne couvre pas les chants et la musique.- Souper dans le château.



11 juillet :
- L'ancien Trianon fut le cadre d'un concert de Lully : l'Eglogue de Versailles . Vigarani dressa un salon de verdure octogonal. Le décor représentait une allée agrémentée d'un petit bassin, de caisses d'orangers et de vases de fleurs. Les palissades au fond du décor étaient ornées de statues de marbre blanc représentant des satyres et des faunes assis jouant d'instruments de musique champêtres. - Promenade dans les jardins fleuris et embaumés de Trianon puis retour à Versailles par les allées.
- 9h00 : le bosquet appelé "la Salle de Conseil" était illuminé par plus de 150 lustres. La table, dressée sur l'île centrale, offrait "aux invités tous les éléments du souper pendant lequel les violons et les hautbois jouèrent en se mêlant au bruit des eaux".



19 juillet :
- Une collation fut servie dans le salon de la Ménagerie.- Les gondoles voguèrent sur le Grand Canal. La musique et les chanteurs embarqués sur les bateaux suivaient le Roi et sa cour.
- Le soir, la façade de la Grotte de Thétis servit de décor pour la représentation du "Malade Imaginaire", oeuvre commune de Molière et M.-A. Charpentier.



28 juillet :
- Une collation fut servie dans le théâtre d'Eau. Les plats avaient été disposés sur les gradins de gazon qui encadraient le bosquet. Guirlandes de fleurs, arbres fruitiers (orangers, pommiers, abricotiers, pêchers) ployant sous le poids de leurs fruits, pyramides de fruits, corbeilles de pâtes de fruits et de confitures, glaces, vins et liqueurs formaient une savoureuse ornementation.- Les "Fêtes de l'Amour et de Bacchus" furent représentées sur une grande scène construite près de la machine servant à alimenter les fontaines en eau, non loin du Bassin du Dragon. Le théâtre de Vigarani était constitué de deux pilastres soutenant les statues de la Justice et de la Félicité en bronze doré. L'œuvre a été représentée dans sa version de 1672, c'est-à-dire composée des plus beaux extraits des ballets et comédies-ballets de Lully. Au dernier acte, la scène se métamorphosa. Le théâtre s'ouvrit des deux côtés et laissa apparaître une quantité de bergers du chœur de l'Amour, assis sur des portiques de verdure. Le fond de la scène fut envahi par une troupe de plus de cinquante satyres de Bacchus pour chanter le chœur final.- A l'arrivée du Roi entre le Parterre d'Eau et le Bassin de Latone, un feu d'artifice fut tiré depuis le Grand Canal.
- Le souper fut servi dans la Cour de Marbre sur une table octogonale placée autour de la fontaine. La construction de Vigarani représentait une colonne toscane ornée de fleurs de lys dorées et illuminée par une multitude de bougies. Les violons et les hautbois pendant le souper.




18 août :
- Collation dans le bosquet de la Girandole et le quinconce nord.- Un théâtre provisoire fut dressé dans le prolongement de l'allée médiane de l'Orangerie. Racine y donna "Iphigénie".
- Le Roi et sa famille descendirent jusqu'au bassin d'Apollon pour assister feu d'artifice. Le Brun avait décoré la margelle du grand Canal de fleurs de Lys et de chiffres du Roi. Au milieu du spectacle, une machine s'avança au milieu de l'eau. Il s'agissait d'un grand rocher supportant un obélisque, lui-même surmonté d'un soleil d'or. L'illumination du Grand Canal et le feu d'artifice au bouquet final composé de 5.000 fusées, impressionnèrent fortement l'assistance.

"Tout ce que l'on voyait dans cette grande étendue de plus de trois cents toises n'était plus ni du feu ni de l'air ni de l'eau. Ces éléments étaient tellement mêlés ensemble que, ne les pouvant reconnaître, il en paraissait un nouveau, et d'une nature toute extraordinaire. Il semblait être composé de mille étincelles de feu qui, comme une épaisse poussière, ou plutôt comme une infinité d'atomes d'or, brillaient au milieu d'une plus grande lumière."
Félibien


31 août :
- 1h30 du matin : Vigarani organisa la dernière journée de fête. Pour rejoindre le Grand Canal, le Roi et sa cour traversèrent les parterres aux contours et dessins illuminés. Ensuite, le Roi et la Cour s'embarquèrent sur le Grand Canal pour y admirer des décors illuminés : des Palais avec des fontaines, des allégories de fleuves, des Nayades. Devant Trianon, le char de Neptune, tiré par quatre chevaux, semblait jaillir des eaux. Devant la Ménagerie, Apollon menait dans les airs le char du Soleil. Enfin à l'extrémité du canal, une immense terrasse supportait le palais de Thétys fait de pierres précieuses. On pouvait deviner à l'intérieur de ce palais des statues représentant Neptune enlevant une nymphe, ou encore des Océanides chevauchant des monstres marins. Les musiciens installés sur des barques ne déméritèrent pas de la nuit. Tout le monde regagna le château à l'aube


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PostPosted: Tue Jul 28 2009, 06:55    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

j'adore ce morceau :



http://www.youtube.com/watch?v=81bxIH9uvhk
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PostPosted: Tue Jul 28 2009, 08:46    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

Bonjour, très beau morceau en effet, il me dit quelque chose, ne figurait il pas dans "Tous les Matins du monde"?^^
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PostPosted: Tue Jul 28 2009, 09:24    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

Bonjour

il me semble que oui, puisque lorsque je clique et que youtube s'ouvre : c'est écrit en grand dessus !!
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PostPosted: Tue Jul 28 2009, 11:56    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

Je n 'avais pas vu j ai juste écouté le morceau...Je ne devais pas être bien éveillée...ou avoir mal chaussé mes bésicles!!^^Le matin, je suis toujours un peu "embrumée"
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PostPosted: Tue Jul 28 2009, 12:39    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS Reply with quote

Amaranthys wrote:
Je ne devais pas être bien éveillée...ou avoir mal chaussé mes bésicles!!^^Le matin, je suis toujours un peu "embrumée"
 cela m'arrive de temps en temps, mais plutôt le soir....  chacune ses périodes de la journée..
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PostPosted: Today at 19:17    Post subject: GRANDES FETES ET DIVERTISSEMENTS

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