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L'AMOUR A VERSAILLES
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orev
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PostPosted: Sun Jun 21 2009, 11:39    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote


« Versailles n’est plus le lieu de pouvoir qu’il a été, mais restera à jamais le domaine par excellence de l’Amour. Louis XIV séduisait dans les bâtiments qu’il faisait construire, Louis XV courtisait Mme de Pompadour et fit édifier pour elle le Petit Trianon, Napoléon fit remeubler le Grand Trianon pour y conquérir quelques femmes. Sexe et pouvoir, le cocktail est explosif : il est un philtre d’amour auquel nul ne peut résister ».

Ainsi début le livre d'Alain Baraton, source de ce chapitre 



Quelques mots sur l’auteur : Alain Baraton travaille dans le parc de Versailles depuis plus trente ans, il en est devenu le jardinier en chef. Entre ses souvenirs personnels et une documentation précise et inédite, il nous entraine dans une délicieuse promenade à Versailles, des allées aux chambres, des alcôves aux bosquets… a côté de la Grande Histoire, la Petite Histoire, à Versailles, est savoureuse…

Ce livre « l’Amour à Versailles » est si amusant, si piquant, si instructif malgré tout, que je ne peux résister à vous raconter les Amours des différents rois et autres personnalités qui ont vécu à Versailles.



JEAN FRANCOIS DE GONDI ET CATHERINE DE MEDICIS :
Une vieille femme austère, acariâtre et avare, qui tient plus de la marâtre – ou du dragon – que de la princesse, un ecclésiastique ambitieux qui n’est autre que son gigolo, des sicaires aux poignards bien aiguisés, pas de château, mais un bourg mal famé, voilà le conte de fées cynique sur lequel s’est bâti Versailles.



HENRI IV :
Henri IV y séjourna quelques fois pour chasser « à vol ». Du terrain de chasse amoureux au terrain de chasse tout court, il n’y a qu’un pas. Le « Vert Galant » vient pour débusquer le gibier, il y reste pour entretenir le damoiseau, à la hussarde, sans précaution car l’époque est à la guerre et à la brutalité. Le roi s’arrête à la seule auberge du village l’Hostel où pend l’écu : le lieu est proche de l’hôtel borgne, on y dort sur des matelas de paille, à même le sol, en compagnie des puces, des tiques et de la vermine dans des chambrées où grouille une clientèle crapuleuse. Le vin y est mauvais et l’hôtelier voleur.
Henri IV y trouve du charme !!! Certes, il n’est pas homme délicat, mais il y va chercher le calme et en profite pour batifoler. L’histoire lui prête une liaison avec la fille d’un jardinier, Fleurette !


LOUIS XIII :
Le magicien malgré lui de la métamorphose est Louis XIII. Grâce à lui, le marais puant devient le miroir rutilant où se reflètent toutes les convoitises.

Louis XIII vient souvent dormir tout seul à l’Hostel où pend l’écu, la régente intervient : un roi ne dort pas dans un bouge… Louis XIII s’impose en faisant élever le premier château de Versailles : un rendez vous de chasse, transformé quelques temps après en un bâtiment rose. Rajout de 2 jeux de paume : paume longue et paume courte qui se pratique en intérieur dans un local appelé le tripot : on y trouve exclusivement des hommes, d’où naissance du terme « tripoter ».

Un petit bijou rose aux portes de Paris, loin du despotisme maternel, une solitude bien aménagée, le lieu a tout d’une garçonnière royale.

Toutefois, Louis XIII est un piètre tripoteur, d’un caractère maussade, il se révèle un séducteur exécrable. L’homme le plus en vue du royaume est un bonnet de nuit, qui s’ennuie et qui ennuie. C’est peut être le seul roi auquel on ne prête aucune maitresse !! Dans les listes impressionnantes des favorites, on passe pudiquement d’Henri IV à Louis XIV.

En octobre 1615, il est marié à Anne d’Autriche : ils ont 14 ans, aussi timides et taciturnes l’un que l’autre. Ils sont cordialement invités à consommer le mariage sur le champ, la nuit de noce arrive. Elle ne sait rien et attend, lui n’en sait pas davantage, mais doit agir. Le ratage est royal : Louis XIII ne pénétrera plus dans la chambre de sa femme pendant trois ans.

A l’époque où le nombre de grossesses d’une femme est de l’ordre de huit ou neuf, le couple royal fait figure d’exception, à croire que Louis a assuré le service minimum. Les plus malveillants ou les plus perspicaces sous entendent que Louis XIV ne serait pas le fils de Louis XIII. A Paris, on écrit des pamphlets :

Les couilles de Mazarin 
Homme fin 
Ne travaillent pas en vain 
Car à chaque coup qu’il donne 
Il fait branler la couronne 
 
En octobre 1630, Louis tombe amoureux de Marie de Hautefort, blonde aux yeux bleus, surnommée l’ « Aurore ». Il a trente ans, ne demande qu’à être ébloui par cette femme de quatorze ans…

L’homme est courageux, il porte les fines moustaches qui font se pâmer les dames à l’époque des mousquetaires, et surtout il est roi… elle est jeune fille tout juste présentée à la Reine… leur amour ne sera jamais consommé, la faute n’en incombe pas à la jolie blonde : décide-t-elle de glisser un billet dans son corsage ? Louis XIII se munit d’une pince pour aller le chercher !

Il semblerait que Louis XIII appartienne à l’espèce encombrante des amoureux transis, elle succombe mais d’ennui, elle attend des caresses, il lui écrit des poèmes. Il dut apparaître aux yeux de Marie, comme le roi des empotés. Mais elle est aimée du roi, protégée, adulée à la cour, mais sans payer de sa personne : la vertu est conservée, leur amour n’est pas condamnable par l’Eglise, Louis n’est pas pressé d’en faire sa maitresse. Marie est une intrigante : elle sera bannie de la cour, exilée… Adieu les amours blondes.

Louis jette son dévolu sur Louise de La Fayette que Richelieu lui présente en remplacement de Marie. De moralité parfaite, un peu candide, voire niaise.

Février 1635, pendant les fêtes de Mardi Gras, le roi remarque les yeux limpides d’une jeune fille de 17 ans, brune, docile, naïve, noble. Elle est la proie idéale pour un chasseur de dames aussi pataud que Louis XIII. Elle danse excellemment bien, il est déguisé en divinité. Elle est soumise, il est épris. Dans une soirée où s’échangent des platitudes royales, la prude est prise d’un fou rire tel qu’elle en mouille ses jupes. Les pamphlets fusent :

Petite La Fayette 
Votre cas n’est pas net ; 
Vous avez fait pissette 
Dedans le cabinet 
A la barbe royale 
Et même aux yeux de tous, 
Vous avez fait la sale 
Ayant pissé sous vous 
 

Louis fera le téméraire : il osera proposer à sa douce de le rejoindre à Versailles. Il passera son temps à lui parler, la flatter, la dorloter : le roi est épris, il reste admiratif, l’amour le paralyse. Richelieu trépigne, Louise l’a pris en grippe et cherche à l’éloigner de Louis XIII.

Richelieu intercepte des correspondances, les lettres ne parlent que de religion, de philosophie et de morale : c’est à désespérer !! il ira même jusqu’à insérer des fausses missives, la supercherie est découverte : il fera accuser l’homme de main : Boisenval.

En 1637, Louis demandera à sa dulcinée de se retirer tous les deux à Versailles. Comme réponse, elle entrera au couvent de La Visitation en mai. Louis insiste : « Songe à la douceur d’aller vivre là-bas ensemble ». Elle lui répond : « Je préfère être nonne ».

Une femme à cette époque n’avait pas grand choix : elle se mariait ou entrait en religion.

Louis se retrouve seul, abandonné à la reine qu’il déteste. En cas de chagrin d’amour, rien de tel que l’exercice physique et une compagnie masculine : il croise le fer, monte à cheval dans des galopades effrénées, mais n’écarte plus les cuisses des dames. Il préfère s’entourer d’hommes. Parmi eux, Henri Coiffier de Ruzé, marquis de Cinq Mars que Richelieu a introduit à la cour en 1639.

Le marquis est jeune (19 ans), vif, brave, blond et noble, l’amitié est immédiate et réciproque. Le jeune garçon obtient rapidement le rang de favori, devient Grand Ecuyer de France et reçoit le comté de Dammartin. La rumeur va bon train.

Tallemant des Réaux y va de sa plume dans les Historiettes :
« On m’a dit qu’en je ne sais quel voyage le roi se mit au lit vers sept heures. Il était fort négligé ; à peine avait-il une coiffe à son bonnet. Deux grands chiens sautent aussitôt sur le lit, le gâtent tout, et se mettent à baiser Sa Majesté. Il envoya déshabiller M. Le Grand, qui revint paré comme une épousée : « couche-toi, couche-toi », lui dit-il d’impatience. Il se contenta de chasser les chiens sans refaire le lit, et ce mignon n’était pas encore dedans qu’il lui baisait déjà les mains ».

D’après Tallemant, Louis XIII n’eut pas plus de succès avec Cinq Mars, le jeune homme s’ennuie mortellement auprès de Louis.

Malheureusement, le jeune marquis demande la main de Marie de Gonzague, Richelieu empêche les noces, Cinq mars lui en veut énormément. Le garçon complote, mais échoue. Louis XIII se sent trahi, Cinq mars est exécuté en septembre 1642 à Lyon.
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PostPosted: Sun Jun 21 2009, 11:39    Post subject: Publicité

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Amaranthys
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PostPosted: Sun Jun 21 2009, 12:41    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Merci pour ces histoires fort intéressantes!^^

On dit que l 'expression "conter Fleurette" viendrait de  cette bluette entre Henri IV et Fleurette de Nerac,  expression ayant donné le mot "flirt" par la suite


Et les mots de Louis XIII à Louise me rappellent étrangement l 'invitation au Voyage de Baudelaire  Mon enfant, ma soeur, – Songe à la douceur – D’aller là-bas vivre ensemble!
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Hé bien ! la guerre. ..(Les liaisons dangereuses, Laclos)



Last edited by Amaranthys on Sun Jun 21 2009, 12:55; edited 1 time in total
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PostPosted: Sun Jun 21 2009, 12:47    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Et ce n'est pas fini, je suis sur la période de l'un de mes rois préférés : Louis XIV

EXACT Amaranthys : "conter Fleurette" vient bien de notre "bon roi henri" : j'ai retrouvé cela dans plusieurs livres
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orev
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PostPosted: Mon Jun 22 2009, 16:39    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Le début de la période de Louis XIV :

LOUIS XIV :



Perrette
Dieudonné est un enfant du miracle. En tout cas, il n’est pas un enfant de l’amour. Il naît avec des dents. A peine arrivé dans ce monde, il fait déjà souffrir les femmes : ses nourrices. Il a déjà sa favorite : Perrette Dufour. Elle a son petit secret professionnel : pour ne point être blessée par la dentition du bambin, elle protège son téton en l’enrobant avec la couenne d’un jambon de porc. La laitière royale gravit l’échelle sociale : Louis à quinze ans lui offrira les lettres de noblesse, une maison et une forêt nommée le « bois de la nourrice ».

Perrette, jusqu’à la fin de ces jours posera un baiser sur le front du roi tous les matins. On peut imaginer le spectacle matinal qui fut celui du roi tout au long de sa vie : décolletés pigeonnants, débordants, puis racornis.

Très vite, Louis a un « petit œil pour les femmes » ou plus noblement « un tempérament ardent ». A dix ans, il fait des gracieusetés aux harengères parisiennes, il court sous les robes des femmes, qui, rappelons-le, ne portent pas de culotte à l’époque. Louis y joue à cache-cache, il est enfant gazouillant, pas tout à fait érectile, il polissonne.





Marie de Hautefort
A douze ans, il jette son dévolu sur une odieuse matrone de trente-cinq ans : Mme de Schomberg, plus connue sous le nom de Marie de Hautefort, l’ancienne maîtresse de Louis XIII : la Reine lui a cédé son mari, elle ne lui cédera pas son fils : elle est écartée.




Catherine Bélier
Déniaiser le roi devient le nouveau  sport national : les filles se pâment, les mères frémissent, les grand-mères abondent en recommandation. La compétition est ouverte : on se bouscule, on se déchire pour être la première à lancer une œillade au roi, les décolletés deviennent agressifs, on porte des bas couleur « veuve réjouie » ou « baise-moi ma mignonne ». Le maquillage est indécent, on parsème son visage de mouches : la « passionnée » est placée près des yeux et la « baiseuse » près de la bouche, la « discrète » se pose sous les lèvres et la « majestueuse » sur le front. Pour aguicher encore et encore, on en pose dans le cou et sur les seins. Ces mouches sont aussi fort pratiques pour dissimuler quelque éruption cutanée. Certaines audacieuses ouvrent leur robe au passage du roi, d’autres s’évanouissent.

En 1651, le bruit court qu’une demoiselle Isabelle de Châtillon a masturbé le membre royal, la belle s’en vante, la reine mère la fait renvoyer de la cour… Catherine Bélier, baronne de Beauvais, âgée de plus de quarante ans, est officiellement la première à déniaiser le roi : elle est borgne, piquée de vérole, a une réputation de vicieuse, son nom est « Cateau la borgnesse ». Elle apprend au roi comment il faut agir avec les dames. Il retournera la voir de temps en temps et lui offrira l’hôtel de Beauvais, abritant aujourd’hui la Cour Administrative d’Appel de Paris.



Lucie de la Motte-Argencourt et Anne Madeleine de Lisle-Marivaux
Louis a maintenant quinze ans, est beau garçon, les yeux noirs, le cheveu châtain doré, il a tout pour affoler la gent féminine. Il danse à en perdre la vertu avec Lucie de la Motte-Argencourt, Melle de Marivaux dégrafe son corsage par hasard lorsque le roi l’a croise. La ronde des prétendantes est incessante, mais Mme de Navaille, responsable des demoiselles d’honneur veille sur son cheptel : les brebis sont sous clef. Le roi tempête, cogne, arrache, les barreaux sont remplacés.  

A cette époque, Louis fréquentait déjà Olympe Mancini. Après le mariage de cette dernière avec le comte de Soissons, il tourna son regard vers Melle de la Motte-Argencourt. Mazarin mit fin à cette liaison en prouvant à Louis que cette demoiselle se jouait de lui avec son amant le marquis de Richelieu.




Laure, Olympe, Marie Mancini
La reine mère est effondrée, Mazarin fait venir ses nièces : Laure est belle, Olympe danse à la perfection, Marie semble n’avoir aucune grâce.

Olympe est la première à gagner le cœur du monarque, ils se montrent bras dessus, bras dessous. Les courtisans jasent, Mazarin marie Olympe en février 1657. L’affaire est close.

En 1658, Louis se tourne vers Marie : tous la trouve vilaine, toute laide comme écrivait Mme de Motteville, une grande gigue à grande bouche. Marie lui apportera le romanesque, emportant le roi dans un univers héroïque où il n’est question que d’actes nobles, de courage, d’aventure et d’amour. Les jeunes gens se montreront fort audacieux et la Cour se posera une seule question : « l’ont-ils fait ? »  Elle jasera si fort que le pape demandera à son ministre si le roi est encore chaste…

La reine mère a peut être perdu une bataille, mais pas la guerre. Sa revanche a vingt ans : « tu épouseras l’Espagne mon enfant » : lui dira-t-elle à la sortie d’une entrevue mémorable. Magnanime, la reine mère permettra à Louis d’offrir un collier de perles à celle qu’elle nommera désormais « une erreur de jeunesse » : Marie. Louis n’en veut même pas à sa mère, elle lui a appris la raison d’état.




Henriette d’Angleterre
Henriette d’Angleterre arrive en France à l’âge de deux ans, la reine mère l’a prend sous son aile et la laisse « mijoter » quelques temps au couvent des Sœurs de la Visitation. Son futur époux désigné est Philippe, frère du roi, qui lui préfère le Chevalier de Lorraine.

Louis a maintenant vingt trois ans, fait entamer les travaux du château de Versailles,  Henriette jette son dévolu sur lui. Tous les deux sont des fortes têtes, partageant la même passion pour la danse et le cheval. La Cour médit une fois de plus, la reine mère tente de raisonner Louis, sans succès, il prend ses jambes à son cou pour rejoindre sa jolie belle-sœur.

L’été 1661 est particulièrement chaud : Henriette se baigne nue dans le ruisseau où un hasard bienheureux a porté son cher beau-frère, une autre fois elle attrape la calèche royale en partance pour visiter les travaux du château, elle y monte, hors d’haleine, le décolleté vibrant, les cahots de la route accompagnant les mouvements de ses seins qui s’agitent sous les yeux de son beau-frère émerveillé. L’amour avec Henriette avait le goût délicieux du fruit défendu…





Louise de La Vallière
La famille royale a déjà connu les tromperies, les amours interdites, mais l’inceste ! Henriette est l’arrière petite fille d’Henri IV !! La reine mère met au point un stratagème, une ruse portant le nom de « chandelier » ou « paravent » pour faire croire à la cour que le roi en aime une autre. La plus timide, la plus douce fut choisie : Louise de La Vallière. Attachée à Henriette comme fille d’honneur, un honneur que l’on monnaye, car elle n’a pas un sou… Le piège fonctionne à merveille, trop même car Louis n’est pas insensible à la douceur de Louise. Pour tous, Louis et Louise s’aiment, il l’invite à danser en public, il lui sourit, pendant qu’à quelques mètres de là, Marie Thérèse son épouse accouche et Henriette sa maîtresse fulmine. Le roi est de plus en plus tendre avec sa fausse maîtresse, avec elle Louis parvient à tromper à la fois sa femme, sa maîtresse, sa mère et son frère. Quel triomphe ! Epris réellement de Louise, il lui faut cacher ses amours et tromper la vigilance de ses proches…le petit pavillon modeste, aux portes de Paris, laissé à l’abandon sera un refuge idéal.

Henriette enrage, Monsieur la mise enceinte : les mauvaises langues disent que c’est un enfant royal, dans un cas comme dans l’autre. Ainsi libéré de toutes ces femmes, Louis XIV s’affiche avec Louise au grand jour ! Elle est de toutes les fêtes et de toutes les promenades en carrosse. Mais Louise est modeste, elle préfère l’intimité au luxe, elle n’aime pas le scandale et les lettres anonymes qui circulent. Bossuet fera si bien son sermon, qu’elle en sera toute retournée, elle tremble, puis se refuse.




Anne-Lucie de la Mothe-Houdancourt
Louis s’amusera avec Anne-Lucie de la Mothe-Houdancourt, qu’il prendra pour maîtresse. Cette jeune demoiselle d’honneur n’a pas beaucoup de vertu et se prête aux acrobaties les plus diaboliques : le château de Saint Germain abrite toutes les filles d’honneur au même étage. Louis les a au-dessus de sa tête ! Mais Mme de Navailles les surveille, elle fait poser des grilles aux fenêtres : les grilles, un beau matin, seront retrouvées au milieu de la cour.

En attendant que le château soit construit pour Louis et Louise qu’il veut reconquérir, il l’invite à des parties de chasse, Louise très douée monte en amazone, nue sous ses jupes, selon la mode de l’époque. Les deux cavaliers se retrouvent dans les petites clairières des bois versaillais, ils sont enfin libres et peuvent s’adonner au plaisir de la solitude. Au retour, Louise est un peu décoiffée, les joues un peu rouges, les yeux agrandis : l’exercice lui aura fait du bien…

Entre sa femme, sa favorite et ses « occasionnelles », le monarque se retrouve bientôt à la tête d’une progéniture grandissante. Lorsqu’il retourne à la messe, ce sera avec Marie Thérèse à sa droite et Louise à sa gauche. Louise devient la première favorite officielle. Non mariée, elle avait bien du courage pour « vivre dans le péché » à cette époque. Louis reconnait les enfants de sa maîtresse et va les loger dans son château. En souvenir de ses escapades, il lui fait construire la grotte de Thétis.

En avril 1668, Louise contemple les jardins depuis la grande terrasse. Dans les fenêtres du bâtiment, elle aperçoit un visage maigre, au teint jaune, aux orbites creusées : son visage. Elle n’a pas vingt trois ans, elle est la femme la plus enviée du royaume. Ses grossesses multiples ont fini par lui causer des tourments : physiquement elle le supporte mal. Depuis 1663, Louise se cache, vit solitaire à Versailles ou au Palais Brion, elle s’exclut des réjouissances, le roi n’apprécie guère cette conduite pudique : il met un point d’honneur à s’afficher avec elle, il l’expose en offrant à tous la débâcle du visage de sa maîtresse. Les bonnes âmes de la cour ne se privent pas de commenter l’effondrement de la beauté de Louise, la favorite est au centre de toutes les conversations, les cancans sont de plus en plus perfides. Un contemporain écrira : « elle est maigre, décharnée, les joues cousues, la bouche et les dents laides, le bout du nez gros et le visage fort long ». Il ne faut pas s’étonner que Louise se cache.




Catherine de Gramont
Les amours avec La Vallière se poursuivaient tant bien que mal, malgré une éphémère liaison avec la Princesse de Monaco, Catherine de Gramont, dont les aventures ne se comptaient plus…




Clémence Francine, dite « Ondine »
François de Francine se demandait s’il faisait bien d’emmener Clémence dans les jardins de Versailles. Le célèbre fontainier, créateur des jets d’eau devait s’assurer que tous les jets seraient performants pour  la visite du Roi pour le lendemain. Avec cette diablesse d’Ondine, on pouvait s’attendre à tout : si le roi la remarquait, elle serait bien capable de lui sauter au cou…Clémence rêvait de sa journée…Elle se trouvait non loin du passage du roi, il était impossible qu’il ne la vît pas. Et pourtant…le regard royal, au lieu de suivre logiquement sa direction première, s’éleva vers le ciel où se perdait le jet le plus haut du jardin. Le prince charmant n’avait pas vu la bergère. Il ne restait à Clémence qu’à refermer le robinet.

Tout le monde ignorait que le matin même, alors que Clémence sifflait pour prévenir de l’arrivée du roi et déclencher les jets d’eau, Sa Majesté l’avait remarquée qui s’enfuyait. Le lendemain, lors du passage du roi, la pauvre Clémence eut le bon goût de glisser et s’étaler dans la verdure d’une pièce de lierre rampant. Elle poussa un cri, alors que le roi s’approchait…  « N’êtes vous pas blessée ? » …En s’éloignant, le roi rajouta : « Au revoir, Mademoiselle, la prochaine fois ne vous cachez pas de votre Roi ». Louis proposera à Clémence un poste de demoiselle d’honneur de Mme de Duras, elle en fut si étonnée qu’elle rata complètement sa .

Arrivée à la cour, au service de Mme de Duras, celle-ci lui dira : « le Roi se comporte curieusement dans sa vie privée. Evitez d’y entrer, ma chérie, si vous le pouvez ! Je ne peux m’empêcher de penser que si le Roi vous a remarquée et vous a fait venir à sa portée, c’est qu’il a une idée derrière la tête». Lors de sa promenade, Louis remarqua bien sur Clémence auprès de Mme de Duras et planta là toutes ces dames pour s’avancer vers Ondine. Il se découvrit, s’inclina et la remercia pour sa jeune beauté, Clémence fit une , tous les courtisans virent le Roi la relever aussitôt. Elle fut invitée à rejoindre le roi à Saint Germain dans ses appartements privés. « Clémence, mais c’est la vertu des Princes » dira Louis. C’est ainsi que Clémence, l’Ondine de Versailles, abandonna sans protocole sa virginité au roi de France.

Demain : vaste programme Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart



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PostPosted: Wed Jun 24 2009, 13:39    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Athénaïs de Rochechouart de Mortemart
Revenons à Louise de La Vallière que le Roi rejoint sur la terrasse, mais ils n’ont plus grand chose à se dire, il lui propose une promenade, elle soupire. Il lui montre les prouesses des jardiniers, elle s’ennuie. Il ralentit le pas, elle peine à le suivre.  Il songe aux fêtes qu’il a données pour elle, la grotte de Thétis construite pour immortaliser leur amour…quelques années plus tard, lorsqu’une autre nymphe aura chassé Louise de son cœur, il fera détruire la grotte.

D’ici peu, la favorite abandonnée sera seule avec sa conscience et son chagrin. Elle repense au jour où elle est partie, seule, rejoindre le roi parti à la guerre…en compagnie de Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan. La reine et la Montespan sont complices, jouent aux dés, attendent le retour de leur guerrier vainqueur. La reine a tant de rancœur envers Louise, qu’elle ne voit pas le danger autour d’elle…Louise se retrouve exclue du campement, sa future rivale est une amie : Louise a introduit Athénaïs à la cour, celle-ci veut s’attirer les faveurs de la reine pour séduire le roi.

Louis est conscient qu’il doit beaucoup à Louise, mais il ne l’aime plus. Comment s’en débarrasser ? Elle servira de paravent, encore une fois, pour masquer sa nouvelle liaison avec Mme de Montespan…

La Cour n’est pas encore installée à Versailles, la route n’est plus le chemin à demi sauvage, c’est une route moderne qui conduit de Paris à Versailles…en moins de six heures ! Les carrosses sont plus ou moins confortables. Le seul avantage est que les cahots sont l’occasion de prendre la main d’une adorable voisine, en espérant qu’elle ne soit pas incommodée. Il est le moyen de se retrouver seul à seul, isolés comme dans une chambre roulante tant les tentures sont abondantes et la banquette moelleuse, le temps de faire sa cour, de conter fleurette. Vu la longueur du trajet, mieux vaut avoir la langue bien pendue !

La berline qui chemine en ce mois d’octobre 1666 n’est ni bleue, ni verte : c’est la calèche-mystère. Discrète, mais remarquable : elle est l’équivalent actuel d’une décapotable de luxe. A l’intérieur, une marquise de vingt-six ans médite. Athénaïs de Montespan n’a plus la fragilité des beautés naissantes, mais sa peau est laiteuse, son visage régulier, son cou délicat, ce qui lui a valu une grande réputation dans les salons parisiens, tandis que ses seins, ses hanches et ses fesses ont alimenté les convoitises des chambres. Elle n’a rien d’exceptionnel, elle a juste tout ce qu’il faut. Ce qui fait d’elle une femme hors pair, c’est son esprit.

Mme de Montespan, c’est le corps de Marilyn Monroe doté de l’intelligence de Simone de Beauvoir. Une femme de tête dans un corps de déesse comme l’histoire n’en a que rarement compté : mieux vaut prier pour ne pas la rencontrer, avant d’espérer secrètement la revoir.

Madame s’ennuie : c’est long six heures, elle se refait une beauté, elle use et abuse de tous les artifices destinés à corriger sa splendeur. Sa peau a disparu sous le blanc de céruse, ses lèvres et ses joues sous le rouge d’Espagne, les deux étant hautement toxiques. Les fards sont la promesse d’aller à l’hôpital, si bien qu’à l’époque une coquette est forcément une empoisonneuse…Le roi la voulait incognito, elle est méconnaissable.

Là, je fais une petite parenthèse pour vous faire part des mots personnels de l’auteur qui sont… : « sans être un apôtre du naturel, j’ai du mal à comprendre pourquoi les femmes, surtout lorsqu’elles sont séduisantes, éprouvent le besoin de se tartiner pour plaire. Le pire supplice est le rouge à lèvres : rien n’est si perturbant pour moi que d’embrasser des lèvres grasses, surtout qu’après, c’est moi qui ai l’air maquillé ! A l’époque, le problème était moindre, puisque les hommes se fardaient aussi »

Les beautés de l’époque ressemblaient tant à des écorchées que Boileau conseille au mari d’attendre, que le soir sa femme « ait étalé son teint sur sa cornette, et dans quatre mouchoirs de sa beauté salis, envoie au blanchisseur et ses roses et ses lys ».

Athénaïs soupire. Elle contemple son décolleté avec satisfaction : cela ne lui déplaît pas d’être un peu ronde, c’est une heureuse alternative à Louise de La Vallière : maigre comme elle est, elle ne va pas faire long feu ni à la Cour, ni dans le lit du roi. A l’époque, l’embonpoint est un signe de santé, ce sont les pauvres qui sont fluets. Elle est aussi fort gourmande. Pour tuer son ennui sur cette route interminable de Paris à Versailles, elle croque une dragée, un cotignac ou une fleur candie : une femme qui aime les gâteries, c’est tout un programme.

Elle doit séduire le roi, elle a un plan : décider d’attaquer non au cœur, mais à la tête : le fameux « esprit Mortemart » dont elle a hérité. Elle croise Louis tous les jours, le pique, l’agace, le chatouille à l’orgueil, Louis ne se défend pas si mal…mais ce jeu dure depuis quelques mois : voilà qui est un peu long. Il faut agir. Le temps presse, son mari va bientôt revenir à Paris. Elle suppliera son époux de l’emmener avec lui, de l’arracher aux avances royales et si son plan réussit, sa vertu sera conservée, l’honneur de son mari aussi et le roi en sera davantage excité.

On arrive enfin à Versailles, Athénaïs sort de la calèche, le roi s’excuse des nombreux travaux. Elle doit relever le bas de sa robe, le roi appelle une chaise à porteurs, en ayant au préalable jeté un œil sur ses chevilles. A cette époque, il suffit d’un bout de mollet pour rendre les hommes fous. Les femmes n’hésitent pas à montrer leurs seins jusqu’à la naissance du téton, mais seuls les maris et les amants ont droit à l’intimité de leurs jambes. Celles de Madame de Montespan sont bien évidemment délicieuses, fines, galbées, souples. Elle est émue : tant de faste, de puissance, de richesse l’impressionne. Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart abonde en titres de gloire, de noblesse ou de beauté, mais elle n’a jamais été riche, pauvre non plus, mais dans ces familles, l’argent file entre les doigts. Son époux, le marquis de Montespan est aussi noble que désargenté.

En découvrant ce château, elle voit en lui une gigantesque tirelire, inépuisable…on l’a dit femme de cœur, mais aussi de pouvoir, et surtout femme d’argent. Le monarque propose une promenade dans le parc, elle pense que derrière l’un de ces innombrables fenêtres Louise de La Vallière observe, médit contre cette intrigante de Montespan. Athénaïs l’envie un peu : Louise possède toutes les rares qualités qui manquent à Mme de Montespan : la vertu et l’honnêteté.

Louis lui présente Le Nôtre qui est venu avec une corbeille de fruits. Le roi offre à Athénaïs un grain de raisin ce qui signifie, dans le langage à la mode : « je suis extrêmement amoureux de vous ». Elle gobe le grain tout d’un coup et parce qu’elle est maligne, sait une prune qui veut dire : « je suis émue ». Ils déambulent dans le parc, il lui offre le bras pour sentir sa peau fraîche, à demi dénudée jusqu’au coude. Il réfléchit au bosquet où il va la conduire : le Labyrinthe. Ils consomment à la va-vite, leur rencontre ne laissera pas de trace, à croire que cette première embrassade n’avait rien de mémorable !

La marquise doit réfléchir. Toutes les femmes qui se sont données au roi, il y en a autant que les mauvaises herbes au printemps ! Saint Simon le rappelle sans pudeur : « tout est bon pour le roi, à condition qu’elles lui donnent l’apparence d’être amoureuses ». Athénaïs doit faire la différence : feindre l’indifférence, le « comme si de rien n’était », qui fait que même le plus puissant des hommes s’interroge sur sa virilité. Ils continuent de se croiser : pas une œillade, pas une rougeur. Le roi dira à un de ses confidents : « Elle fait ce qu’elle peut, mais moi je ne veux pas ». Le temps passant, il se pique au jeu, se jure de la conquérir, malgré les quelques passes charmantes pour se goûter, se connaître : il faut attendre 1674 pour qu’elle devienne la favorite en titre. Elle lui a donné l’illusion qu’il prenait l’initiative, c’est elle qui mène la danse, le roi va lui manger dans la main. Finalement, c’est elle qui l’a eu. A Paris, Athénaïs était une précieuse, une beauté parmi tant d’autres, à Versailles elle devient un mythe.

Depuis La Vallière, le statut de favorite est officiel, avec des droits et des obligations, il est presque aussi important que le titre de reine. La favorite a ses œuvres de charité, à l’église elle a son banc, elle siège au centre de la tribune. Accéder à ce statut : c’est quasiment la Légion d’Honneur de la courtisane. Mais le problème pour Athénaïs, c’est Pardaillan, son époux : un homme de cœur et d’honneur. Il est vrai qu’après quatre ans de mariage, devenir le premier cocu de France est difficile à avaler. Elle s’indigne de cet époux possessif qui aime le scandale : il tente de faire annuler le mariage et se déclare veuf, va même jusqu’à faire célébrer une messe avec cortège funèbre, il décorera son carrosse de bois de cerf pour afficher sa ridicule condition. Il est plein d’humour et sa renommée grandit. Tout Paris s’amuse du cocu national…sauf Louis XIV et la marquise. Pardaillan ne sera ni le premier, ni le dernier. A Versailles, les relations vénales ne sont pas rares : il est d’usage de présenter des jeunes filles au monarque, c’est leur honneur que l’on échange contre les faveurs du souverain. Si le roi jette son dévolu sur l’une d’elles, sa carrière est faite. L’aristocratie fait commerce de son corps et, avec Louis XIV, ce commerce est florissant.

Chaque favorite avait son jardin : Athénaïs eu le Trianon de porcelaine, à côté duquel elle fit planter des jasmins, des anémones, des narcisses.  Le Trianon de porcelaine « commode pour passer quelques heures du jour pendant le chaud de l’été » avait un décor de céramiques bleues, de grandes pièces fraîches et un « cabinet à parfum ».

« Les Jardins Montespan » commencent au bosquet de la Reine : massif boisé traversé d’allées ombragées, étroites, intimes (son premier nom fut le Labyrinthe). Le roi aime s’y perdre avec Mme de Montespan. Elle encouragea le roi à choisir La Fontaine pour illustrer les lieux : trente neuf fontaines mettaient en scène les animaux des fables. Mais le Labyrinthe est trop coûteux, demande trop d’entretien, il sera abandonné. Plus loin, le bosquet du Dauphin où eurent certainement lieu les scènes de ménage de Louis XIV et Mme de Montespan : grands marronniers, sculptures aux mines tourmentées : lieu idéal pour pousser des hauts cris tout en restant digne, se mettre en colère avec tumulte et se réconcilier avec passion. Certains bosquets n’avaient pas qu’un caractère ornemental : ils étaient là pour s’isoler et pour batifoler, lieux qui se prêtaient à la confidence et aux caresses : tel celui de l’Encelade. Il semblerait que ce soit le plus coquin : l’endroit n’a pas de meilleure fonction que d’offrir un cadre agréable pour « poser culotte » ou « se faire trousser ». La végétation y est dense, afin de préserver l’intimité des visiteurs, de hautes haies de charmilles, l’endroit idéal pour tromper la vigilance de la Cour, de la reine et de la favorite, disparaître quelques minutes pour amener une des « liaisons traversières » dont personne ne connait le nombre exact, voire un de ces femmes d’une heure dont on disait que le roi « se servait comme des chevaux de poste, que l’on ne monte qu’une fois et qu’on ne voit plus jamais ».

N’allez pas croire que le bosquet de l’Encelade est un bordel en plein air ! Même aux occasionnelles, Louis XIV savait offrir un moment royal : lieu fleuri, fontaine, doux clapotis de l’eau, bouillonnement de la statue avec un jet de plus de dix mètres, petits bancs de bois « placer dans les angles morts » pour s’y reposer sous un treillage dru…

Au retour, passage obligé par le bosquet de la Salle de Bal : Louis amène sa favorite y danser le soir, mais là point d’intimité, on y est vu et visible de toute part, lieu idéal pour la parade, pour les préliminaires, pour les jeux de jambes, les enlacements. Louis XIV et Athénaïs en sont férus, même si en 1680, elle ait du mal à effectuer encore des entrechats, vu le nombre de grossesses l’ayant rendue « énorme ». A moins que Louis n’ait emmené une beauté de dix huit ans, venant de son Auvergne natale Marie Angélique de Scorailles de Roussille. C’est bien la seule qui ait pu rivaliser en beauté avec Mme de Montespan et Louis ne s’en privera pas, bien que cette liaison ne durera que peu de temps avec une fin funèbre…

Louis faillira quelques fois : Anne de Rohan-Chabot, princesse de Soubise a plusieurs reprises de 1674 à 1677, Marie Elisabeth dite Isabelle de Ludres entre 1676 et 1677, Marie Charlotte de Castelnau dite Mme de Louvigny belle sœur de Mme de Monaco entre 1676 et 1677, Claude de Vin des Œillets entre 1675 et 1676, Mademoiselle Bonne de Pons, Louise Elisabeth Rouxel dite Mme de Grancey vers 1681 dont les ragots de l’époque affirme qu’elle était l’amie intime de Monsieur, Mademoiselle d’Oré vers 1681, Charlotte Eléonore de la Mothe-Houdancourt duchesse de Ventadour en 1681, Madame de Saint Martin vers 1682, Mademoiselle de Thianges vers 1682 à 1683.

Athénaïs eut donc son Petit Trianon de porcelaine, le roi était si fou d’elle que le bâtiment fut construit seulement en quelques mois, si fou d’elle qu’il lui offre une salle de bain tout en marbre, fou au point d’exécuter bon nombre de caprices, mais non au point de l’épouser.

Celle qui réussira cette prouesse, après la mort de la Reine, fut Mme de Maintenon l’opposé de Mme de Montespan. Mme de Maintenon n’aura de cesse de faire oublier le luxe de sa rivale : adieu la grotte de Thétis, adieu le Trianon de Porcelaine…


Source :
l'Amour à Versailles - Alain Baraton
la Vie Privée de Louis XIV - Georges Montgrédien
la Fontainière du Roy - Jean Diwo


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PostPosted: Thu Jun 25 2009, 14:30    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

La Dernière Dame de la période de Louis XIV :

Françoise de Maintenon
La reine meurt en quelques semaines à la fin de l’été 1683. Louis XIV a près de quarante cinq ans, il est trop jeune pour rester sans épouse. A côté de lui, une jeune veuve, fort joyeuse, fort dévote, qui éduque les bâtards royaux et instruit le roi des fureurs du ciel s’il ne redresse pas sa conduite : Françoise de Maintenon, baptisée Mme de Maintenant, sans fortune. Il l’épouse à l’automne 1683. Le mariage est dit « secret », le peuple n’est pas au courant, mais toute la Cour ne parle que de l’événement, horrifiée, éberluée par cette union « du plus grand roi avec la veuve Scarron ». Le monarque sort du ruisseau une roturière…

Qui est la « veuve Scarron » : au moment de ses noces, elle a quarante cinq ans passés, femme sévère, intrigante, austère, avare, pieuse, un parangon de la vertu et de la religion…mais avant de le devenir, la dame s’est bien amusée. Saint Simon disait : « elle avait fort rôti le balai ». Naissance en prison, malheurs financiers, errance de son père pour faire fortune, à quinze ans, elle a déjà vécu : la pauvreté, les maladies, les « bonnes âmes » qui la font sauter sur les genoux en attendant plus… et les salons parisiens. La pure oie se dépêche de perdre son innocence, se transforme de Cosette…en Mme de Merteuil ! Dans les salons, elle observe, écoute, n’oublie rien. Elle a de l’esprit, très différent de celui de Mme de Montespan : pas de bon mot, pas d’éclat, mais des phrases assassines et terriblement justes.

Elle fait la connaissance de Ninon de Lenclos, une des libertines les plus scandaleuses du siècle. Questions aventures, elle peut s’enorgueillir de rivaliser avec Louis XIV : une centaine jusqu’à l’âge de soixante dix sept ans ! Elle se charge de faire de la fillette une « vraie femme ». Elle lui apprend l’art de bien paraître en société, celui de satisfaire les hommes sans oublier de prendre du plaisir. Imaginez les deux femmes dans le salon de la rue des Tournelles, la jeune faisant la lecture à la plus âgée d’un de ces savoureux romans lestes des 17e et 18e siècles, et quand la lecture devient monotone, elles se rapprochent et donnent chair aux fantasmes que leur a inspirés le papier. A seize ans, Françoise est probablement toujours vierge, mais elle en sait plus sur le plaisir féminin que bien des femmes mariées.

Il faut marier Françoise. Elle est présentée à l’écrivain Scarron, le bonhomme est original, c’est un esprit libre, perclus de rhumatismes, se déplace en chaise roulante, n’a plus de dents. Le « monstre » est séduit par la jeune fille et « la bête plaît à la belle ». Avant la nuit de noces, Scarron promet : « je ne lui ferai pas de sottises, mais lui en apprendrai beaucoup ».

Le secret de ce couple improbable ? Chacun y trouve son compte. Dans son salon elle parachève l’art de plaire et de bien parler, pioche quelques amants, lui convie l’amant à souper et à dormir pour qu’il puisse les regarder s’aimer.

A vingt cinq ans, Scarron meurt, elle se retrouve sans le sou, mais riche d’une grande expérience et libre. Elle chipe l’amant de son initiatrice : le marquis de Villarceaux. Proche de Louis XIV, il lui permettra d’entrer à la Cour et elle fera la connaissance de Mme de Montespan. Villarceaux fera un tableau magnifique : Mme Scarron pose, vêtue d’une étole, sans masquer ni ses seins, ni ses hanches, ni ses jambes. La toile trône au château de Villarceaux de nos jours. (C’est la couverture du livre).

Avant d’être dévote, elle était fort gironde : deux petits seins haut placés, un ventre tendre et rond, de longues jambes fines, une bouche sérieuse et un regard provocant. Mais bientôt, la belle aura la tête dure, le cœur sec, elle veut faire carrière à la Cour. Elle a pour alliée Mme de Montespan et n’hésite pas à lui « marcher sur le ventre » puisqu’elle lui vole l’amour de ses enfants, en particulier le duc de Maine… Elle devient gouvernante des enfants royaux, Mme de Montespan ne s’en méfie pas. Devant Louis XIV, Françoise Scarron est réservée, cérémonieuse. Mais un beau soir de 1675, la fidèle et vieille amie la trahit. Dans les jardins. Louis XIV le relate dans son journal : « Il y a quelques jours, un gentilhomme vêtu de gris, peut être un prince errant incognito entreprit durant la nuit une nymphe égarée dans le parc de Saint Germain. Il savait le nom de cette nymphe, qu’elle était belle, bonne, pleine d’esprit mais sage. La nymphe cependant se laissa faire et ne lui refusa aucune faveur. Cette nymphe ressemblait à s’y méprendre à Mme Sc. : et je crois deviner qui était le prince vêtu de gris. Ce prince est comme moi, il déteste les femmes légères, il honnit les prudes, il aime les sages ».

La veuve Scarron eut la sagesse de se laisser prendre dans un bosquet. La leçon plait à Louis XIV à tel point qu’il lui donne 100 000 livres, puis 100 000 de plus, elle achètera ainsi le château de Maintenon pour 150 000 euros et devient marquise. Elle devient aussi l’oreille du roi, plaide la cause féminine : c’est grâce à elle que les couturières peuvent se constituer en corporation, plus tard elle fonde la Maison Royale de Saint-Louis à Saint Cyr. Pour s’assurer de la fidélité du roi, elle l’  « abreuve » de principe religieux, il lui parle de septième ciel et de fellations, elle lui répond enfer et damnation. Versailles s’agrandit ainsi d’une magnifique chapelle achevée en 1710. Le roi ne tarit pas d’éloges, va à confesse chez le Père Lachaise. Celui-ci est au cœur d’une savoureuse anecdote.

 Mme de Maintenon, bien que mariée au plus royal coureur de jupon, n’a pas oublié les plaisirs de sa jeunesse. Louis XIV ne parvient plus à la satisfaire, le roi en vieillissant a perdu en verdeur, en fraîcheur : dents cariées, nez creux, odeur nauséabonde. Il lui offre de charmants laquais, dont l’un allie la discrétion à des épaules confortables et des yeux enjôleurs. Un jour, elle se languit de son absence et lui écrit ce billet enflammé : « reviens donc et ne me laisse plus seule auprès du roi que je n’aime pas la dixième partie autant que toi. Et si tu ne veux pas me trouver bien mal ou morte, viens à minuit, droit dans ma chambre, je donnerai l’ordre que la porte soit ouverte pour te laisser entrer ».

Le billet s’égare, pour tomber dans les mains du Père Lachaise…il en fait bon usage. A minuit, on frappe à la porte de Mme de Maintenon, elle souffle la bougie et ouvre la porte. Le Père Lachaise entre et fait le laquais, mais il tousse ! Il est découvert, mais miracle il reste dans la chambre jusqu’au petit matin. Quoi de plus délicieux pour une dévote que de marier l’extase mystique à l’extase physique.

A la cour et dans Paris, on moque le mariage du Roi Soleil avec la veuve Scarron, elle a transformé le Versailles merveilleux et baroque, lieu de fêtes et d’enchantements en froid mouroir pour dévots.  Le château devient un manoir hanté : elle interdit les bals, bannit les opéras, tance les filles royales : Versailles devient ennuyeux, se vide, se délabre, s’éteint, le roi meurt. La Cour quitte le château, Mme de Maintenon se retire à Saint Cyr….




Voilà, la période de Louis XIV achevée. Bientôt, je vous conterai les amours de Louis XV, Louis XVI, Marie Antoinette et d’autres plus anonymes…



Source supplémentaire :
Louis XIV, le Bon plaisir du roi de Michel de Grèce
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 11:51    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

LOUIS XV :

Louis XV reviendra à Versailles en 1722, accompagné de la Petite Cour. Il a 12 ans et depuis 1 an déjà, il avait l’érection vigoureuse et coutumière, mais comme l’écrit  le maréchal de Villars « il ne tourne point encore ses jeunes regards sur aucun objet », à part peut être un Iroquois avec lequel il joua à l’Indien d’une manière bien particulière, durant l’été 1716.

Quand le roi n’est pas là, les souris dansent. Les souris versaillaises sont libertines. Le temps est à l’amour, au sexe davantage. Lorsqu’on s’active, ce n’est pas pour aller à la chasse, mais pour terminer la journée en joyeuse compagnie. Les jardins deviennent le lieu de toutes les rencontres, le parc se transforme en sorte de bois de Boulogne des Lumières. Les dames de la noblesse ne sont pas en reste : point n’est besoin d’être de la profession pour être une courtisane.

La duchesse de Retz est une habituée des jardins, elle se fait appeler « Madame de fiche-le-moi », elle est carrément une « Marie-couche-toi-là ». A Versailles, on la croise nue, déambulant des les jardins. Rivalisant avec les statues, elle joue la nymphe, prend la poste parmi les marbres. De temps en temps, elle appelle au secours et demande qu’on vienne la délivrer, alors qu’elle attend cacher dans un bosquet qu’un noble seigneur lui fasse tâter de son épée. Son mari s’en offusque, elle lui rétorque qu’il y va de sa santé et à moins de se faire caressée au minimum huit fois dans la journée, elle n’a que migraines et devient acariâtre. Elle sera conduite dans un couvent.

Louis XV vient de plus en plus souvent à Versailles, il est maintenant fort jeune et fort beau, est polisson ; au début, ce ne seront que des blagues d’adolescent, par la suite cela deviendra plus grivois et les orgies de la Régence seront transportées à Versailles : le roi se couche à 6h du matin et ne se lève qu’à 4 heures de l’après midi, Louis XV se laisse faire, prend des maîtresses un peu partout, mais restera en famille car à quelques mois d’intervalles, il aura les sœurs Mailly-Nesle : Louise-Julie, Pauline-Félicité, Marie-Anne.

La cour rejoint le roi en août 1722 et les scandales éclatent. La princesse Palatine écrira  «  la chose est trop horrible pour que je l’écrive » : M. de Rambures, à peine marié,  attire dans les jardins le marquis d’Alincourt et le petit Boufflers qui n’a que 17 ans. Le jeune marié, ému par le musc et la beauté des bois, louche sur le mignon. Alincourt saisit l’occasion et lui propose de toucher un bois encore bien vert. Mais Rambures préfère la jeunesse, Alincourt a déjà 40 ans. Ils en viennent aux mains et à l’épée. Louis XV inquiet de leur absence s’informe auprès d’un courtisan qui lui répond les avoir surpris en train de « briser les palissades ».

Versailles a abrité bien des histoires d’amour, mais avec Mme de Pompadour, c’est un conte de fées.

Jeanne Antoinette Poisson nait en décembre 1721, dix ans après le roi. Elle jouit d’une incroyable confiance en elle. En 1730, une vieille rempailleuse Mme Lebon lui prédira qu’elle deviendra la maîtresse du roi. A 20 ans, elle sera mariée à Le Normant d’Etioles, elle obtient ainsi un nom. Sa mère lui enseignera comment satisfaire un homme, ne pas s’oublier au passage, comment ne pas tomber enceinte, l’art interdit de la fellation ou pire la sodomie. Son mari est aux anges : sa femme est belle, a l’apparence d’une vierge le jour et d’une courtisane la nuit, en plus elle est fidèle. Mais Jeanne n’attend qu’une chose : être au roi. Son mari la conduira au château et dans les jardins. Elle n’aperçoit pas le roi, fera le maximum pour « tomber » dessus dans la forêt, mais il ne la remarquera pas. Et comme dans un conte de fées, apparaît la marraine : Mme de Tencin, 60 ans, et qui vient lui annoncé un bal masqué à Versailles en l’honneur du Dauphin. Elle sera accosté par un corsaire, un chevalier à taille de guêpe, un homme déguisé en if : mais où est donc le roi ?? c’est l’If…

Quelques jours plus tard, le valet de chambre de Louis XV vient la chercher, le monarque veut la rencontrer. Elle est présentée secrètement au roi. Après son premier rendez-vous, le roi est fou d’elle, la couve de présents, fait tout pour la voir et la revoir. Quelques mois plus tard, il souhaite l’installer au château, mais il lui faut une terre : Jeanne Poisson deviendra marquise 6 mois après  sa première rencontre avec le roi. Elle s’établit à Versailles dans un magnifique appartement du Parterre du Nord. Elle règnera sur le cœur du roi pendant 20 ans : un record. Elle fit tout pour le satisfaire. Même lorsque leur amour sera platonique, elle sera encore toute dévouée au roi.

Le roi est de la bagatelle, il est quasiment tombé dedans lorsqu’il était petit, vu les mœurs de la Régence.

Louis XIV aimait la séduction, Louis XV aimait le sexe. Il lui faudra un grand nombre de maîtresse, il n’en a jamais assez, la Pompadour se transformera en Maquerelle en devenant l’intendante des Plaisirs Royaux, c’est ainsi qu’apparut le Parc aux Cerfs.

Le roi aura un cheptel : des jeunes filles de douze ans maxi, elles sont d’abord instruites, soignées, nourries, lorsqu’elles auront atteint la maturité, elles seront offertes au roi. Elles sont amenées le soir à Versailles, dans une chaise à porteurs, rideaux tirés. La rumeur va bon train et enfle jusqu’en 1750 où le roi sera accusé. On l’accuse de disparitions inexpliquées. Parmi les pensionnaires, Marie Louise O’ Murphy est restée célèbre grâce à Boucher : l’Odalisque. Le fessier de cette demoiselle passera à la postérité, il émerveillera plus d’un, Casanova écrira : « l’habile artiste avait dessiné ses jambes et ses cuisses de façon que l’œil ne pouvait pas désirer de voir davantage. J’y ai fait écrire dessous O-Morphi, mot qui n’est pas homérique, mais qui n’est pas moins grec. Il signifie Belle ». Personne n’oubliera ce fessier, il « siège » aujourd’hui au Louvre. A 15 ans, elle portait le titre de « putain par famille et par état ».

Mais pendant leur éducation, elles n’apprenaient pas que la broderie, elles en sortaient avec des mains expertes et habiles à toutes les paillardises, ainsi que les différentes postures destinées à varier les plaisirs.

Louis XV est un homme à secrets, il aime qu’on sache qu’il cache quelque chose. Il reçoit ses maîtresses à Versailles, dans le trébuchet (nommé ainsi car on y prend de jeunes oiseaux). La liste de ses maîtresses sera ordonnée avec les noms des filles classés par date et par mérite, détaillant les qualités et les défauts de chacune.

Dans les années 1570, Versailles était aussi fréquenté que les Champs Elysées un 14 juillet. Il joue à cache-cache avec les chroniqueurs du palais qui ont la langue aussi verte que son royal instrument. Est-il vu en train d’arroser gaiment une comtesse derrière les fontaines du bassin de Neptune ? le chroniqueur sera fouetté…

Le roi est ce qu’on peut appeler actuellement un obsédé, à l’époque on le disait vicieux. Il est roi, il est beau, il peut avoir toutes les femmes qu’il veut, et pourtant, il fait venir des prostituées à Versailles qu’il paye. Le roi aime à s’exhiber.

A la mort de la marquise de Pompadour, le roi mettra 10 ans avant de reprendre une favorite.  Mais malgré un réel chagrin, le roi ne peut s’empêcher de séduire, il revient vers ses anciennes amours : Anne Coupier de Romans, mais cette relation devient pesante, le roi la délaisse au profit d’une beauté de 16 ans : Louise Tiercelin. Elle attirera le roi dans son lit ou dans les bosquets, elle n’a pas froid aux yeux : elle déambule très légèrement vêtue dans les appartements privés du roi. Sa conduite impudique lui attirera les foudres de l’entourage du roi et devra laisser sa place à Mme d’Esparbès.

Elle a des attraits : taille fine, regard vif, poitrine sublime, de nombreux amants. Elle acquière un surnom : Mme Versailles : la ville tout entière aurait bénéficié du satiné de ses draps. Lorsque le roi l’interroge, elle ne conteste rien, elle avoue avec délicatesse qu’elle ne peut résister à la puissance d’un torse ou aux baisers d’une bouche aux dents de nacre. Elle arrivera à écarter beaucoup d’importants de l’entourage du roi : Choiseul complotera pour écarter  cette femme, en décrivant au roi les aventures qu’elle a en dehors du château. Louis XV n’a rien à faire des rumeurs, mais il craint d’éventuelles indiscrétions politiques : il signe l’exil de Mme d’Esparbès.

Beaucoup de dames se succéderont dans le lit du roi dont Mme de Gramont, mais point de favorites.

Puis il découvre Jeanne Bécu en 1768 : le roi a 58 ans, Jeanne en a 25. Elle est gaie, jolie, le teint frais, les yeux bleus, les longs cheveux blonds, une bouche gourmande, une poitrine magnifique, elle est drôle, dotée d’une intelligence piquante et surtout libertine. L’inconvénient est qu’elle exerce le plus vieux métier du monde. Elle sera introduite à la cour par le valet du roi, le lendemain le roi dit être satisfait : il s’étonne de découvrir avec Jeanne des plaisirs qu’il ne soupçonnait pas, son valet lui aurait répondu : « Sire, c’est que vous n’êtes jamais allé au bordel ». Le roi veut l’installer à la cour, mais encore une fois il lui faut un titre, une terre. Elle sera mariée à Guillaume du Barry, prendra le nom de Jeanne du Barry, son mari est prié de déguerpir vite et loin. La comtesse s’installe donc dans ses appartements. Elle sera couverte de présents : des châteaux, des tableaux, de l’argent (rente annuelle de 1 200 000 francs), elle inaugurera le Petit Trianon voulu par la Pompadour. La cour commence à se poser des questions. Le pire est à venir.

Elle ne s’intéresse pas aux jardins du Petit Trianon, elle aime les fleurs dans les vases. Sa préoccupation première est de satisfaire les besoins de Louis XV, elle donne des consignes pour améliorer les appartements, fait poser sur les murs des œuvres légères, encourage le roi à consommer des rognons et des crêtes de coq réputés être aphrodisiaques. Les dames de la cour l’évitent, tout le monde est aux côtés de Choiseul pour contrer les velléités de Jeanne, les filles de Louis XV ne veulent pas d’une catin au château. Mais les nobles se rendent compte que le roi est vraiment épris, ils apprennent à sourire à Jeanne, à s’incliner lors de son passage, Jeanne ne change pas : elle parle toujours très fort, emploie des expressions vulgaires, jure comme un charretier. Elle déambule nue dans les appartements privés en provoquant l’indignation des courtisans. Mais Louis XV a le sourire. L’impudeur de la favorite est connue de tous, même lors d’une audience de 2 ecclésiastiques où elle était allongée dans l’alcôve royale.

Une partie de la cour sympathise avec Jeanne, Choiseul s’y refuse, attaque, veut gagner : il perd, il est renvoyé. Son renvoi montre à quel point la comtesse du Barry est puissante. Marie Antoinette qui est récemment arrivée à la cour  s’étonne de cette influence, ne comprend pas. Une haine va s’installer entre les deux femmes et le jour où le roi meurt, le règne de Jeanne cessera aussitôt. Elle sera exilée rapidement.

Mme de Pompadour était fine d’esprit, intelligente, intellectuelle, artiste

Mme du Barry n’a pas de talent, ni d’esprit, mais elle sait sortir le roi de sa torpeur. Elle a compris que ce n’est pas avec des dés qu’elle fera sourire le roi : un jeu de dames conviendrait mieux. Elle est très dévouée, lorsqu’elle soupire c’est de plaisir, quand elle regarde un homme c’est comme si elle lui ouvrait les bras.

Le comte de Belleval, venu demander une grâce raconte : « elle était nonchalamment assise, ou plutôt couchée dans un grand fauteuil et avait une robe à fond blanc à guirlandes de roses, que je vois encore. Ses cheveux, qu’elle portait sans poudre, étaient du plus beau blond et elle en avait une profusion à n’en savoir que faire ; ses yeux bleus avaient un regard caressant et franc. Elle avait le nez mignon, une bouche toute petite et une peau d’une blancheur éclatante. Enfin l’on était bientôt sous le charme et c’est ce qui m’arriva si fort que j’en oubliai presque ma supplique, dans le ravissement où j’étais de la contempler ».

Pour distraire son roi, la comtesse organise des fêtes. Les réjouissances se passent non loin du château,  au Petit Trianon, qui est devenu une résidence d’été ou de fin de semaine, le roi s’y retire en galante compagnie. Tout est une invite aux plaisirs. Certains tableaux représentent les seins aériens de Daphné touchée par Apollon, ou le corps dénudé d’une Vénus ; au dessus des portes : le triomphe de Cérès et celui de Bacchus ; à l’étage, des moulures suggestives représentant une guirlande de glands très réalistes, de petits cabinets ou réduits joliment nommés « réchauffoirs » .

Un jour ensoleillé, Mme du Barry propose une partie de colin-maillard, une jolie débutante les yeux bandés, part à la recherche de ses compagnes et se trouve bien émoustillée de tâter un bois attaché à un tronc humain…les convives sont invités à se retrouver à l’intérieur, le soir venu. A la fin du repas, chacun songe à la manière dont il va accommoder sa voisine. La soirée dégénère, Mme du Barry ouvre le bal en s’asseyant sur le roi qui assure qu’il n’y a pas de meilleur dessert que les seins de sa compagne. Les couples se cherchent, se forment : il n’y a plus qu’un méli-mélo de mains, de reins, de cuisses et de fesses. Le lendemain, tout le monde se réveille, sans trop savoir ce qu’il s’est passé, chacun quitte sa chacune en lui faisant promettre le silence.

Pour ajouter du piment à ces soirées, Mme du Barry invite une société davantage choisie sur ses capacités : les soirées se déroulent en comité restreint, les femmes font admirer leurs talents…sous la table, les messieurs font des paris et tentent de reconnaitre les lèvres qui se trouvent entre leurs jambes. D’autres fois, Mme du Barry trouvera une jeune novice de 16 ans qu’elle offrira au roi, il l’essaye, avant d’en faire profiter à toute l’assemblée.

Un beau soir de juin 1770, la marquise de Valentinois propose d’agrémenter le souper par un effeuillage : à chaque plat, les convives ôtent un vêtement, chacun se dépêchent de finir en même temps que sa maîtresse, les messieurs tombent jabots, vestes, justaucorps, gilets, bas de soie, les dames ôtent traînes, paniers, jupons, corsages. Certains gagnent, d’autres perdent. Toutes et tous se retrouvent nus. Au dernier compotier de cerises, la maîtresse de maison se retrouva en compagnie de sept messieurs et elle leur fit à tous, profiter d’un morceau de roi. Tout Versailles fut au courant le lendemain, la jeune Dauphine en fut choquée…

A. Baraton - l'Amour à Versailles
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vinz
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 14:08    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

La thèse de Bernard Hours est de croire que Mme de Pompadour etait un "premier ministre" secret du roi, elle décidait qui été invité lors des diners des petits appartements et occupait le roi. Elle l'occupait a la fois pour le plaisir ,mais aussi pour garder la première place ,ainsi le parc au cerf serait une creation de la marquise pour savoir qui frequente le monarque...

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orev
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 17:28    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Petit complément à mon passage ci-dessous :


"Parmi les pensionnaires, Marie Louise O’ Murphy est restée célèbre grâce à Boucher : l’Odalisque. Le fessier de cette demoiselle passera à la postérité, il émerveillera plus d’un, Casanova écrira : « l’habile artiste avait dessiné ses jambes et ses cuisses de façon que l’œil ne pouvait pas désirer de voir davantage. J’y ai fait écrire dessous O-Morphi, mot qui n’est pas homérique, mais qui n’est pas moins grec. Il signifie Belle ». Personne n’oubliera ce fessier, il « siège » aujourd’hui au Louvre. A 15 ans, elle portait le titre de « putain par famille et par état ».



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Niniss
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 17:35    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Pour revenir sur les amours de Louis XIV ici contés :

- Louise de la Vallière n'introduit pas Athénaïs de Montespan à la cour : celle-ci y entre dès 1660 comme demoiselle d'honneur de Madame et devient en 1663, grâce à Monsieur, dame d'honneur de la reine.

- Louis XIV n'a jamais voulu se débarasser de Louise de la Vallière. Certes, officiellement, elle faisait paravent mais le roi lui conservait de l'amitié, était attaché à elle et visitait toujours sa couche puisqu'elle est enceinte en 1670 ! Elle devra batailler pour avoir le droit de se retirer au Carmel. Jusqu'au bout, le roi tenta de la convaincre de rester à la cour en y introduisant ses enfants.

- Le marquis de Villarceaux n'a pas fait entrer Mme Scarron à la cour. Connue dans les salons de Paris, Françoise se fait remarquer par Mme de Thianges, soeur d'Athénaïs, qui lui recommande Mme de Maintenon pour s'occuper de ses enfants. Mme Scarron n'arrive à la cour qu'en 1674 après la légitimation des bâtards du roi.

- On ne peut avancer que Mme de Maintenon  se "laissa prendre dans un bosquet" par le roi...parce qu'on ignore encore la date à laquelle elle devient sa maîtresse. Peut être en 1674 avant de mettre à sa relation pendant plusieurs années ou après 1680...

- Mme de Maintenon insatisfaite par Louis XIV :fouderire tout au contraire, elle se plaint qu'il lui rend trop souvent les honneurs conjugaux !!!

- Enfin, Clémence Francine n'a jamais été la maîtresse de Louis XIV. C'est là une invention de Jean Diwo pour son roman.

Le livre de Michel de Decker "Louis XIV le bon plaisir du roi" est certes divertissant mais l'auteur se laisse parfois emporter Rolling Eyes  Faut mieux lire les biographies de Jean-Christian Petitfils "Louise de la Vallière" et "Madame de Montespan" ainsi que celle de Jean-Paul Desprat "Madame de Maintenon" Smile
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 17:43    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Merci Niniss

Ok, Jean Diwo : c'est pour les besoins de ses romans
Michel de Decker : je n'"ai pas lu, j'ai pioché cela quelque part

tout le reste vient du Jardinier de Versailles : A Baraton....je vous garantie que ce livre est comique et piquant....
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Niniss
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 17:59    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Sur les amours de Louis XV :

Attention !!!! Louis XV n'a pas "cheptel" comprenant de jeunes filles de douze ans maximum ! Le roi entoure ses amours secrets avec tant de discrétion que les rumeurs les plus folles (à l'exemple de celle-ci) circulent.  Les petites maîtresses de Louis XV sont logées au parc-aux-cerfs mais n'y en a qu'une à la fois ! Certaines y reviennent, sont des maîtresses épisodiques, mais ce n'est pas un harem !

En 1738, le roi contracte une maladie avec une jeune fille de modeste condition. Dès lors, il lui faut des jeunes filles vierges....mais pas des fillettes ! Toutes les jeunes filles qu'on lui présente sont nubiles. Marie-Louise O' Murphy a 15 ans lorsqu'elle devient sa maîtresse et est nubile depuis 3 mois. Certains ont voulu tenir l'image de Louis XV en affirmant qu'il faisait enlever des fillettes à leurs parents : parmi elle, il y aurait eu Louise-Jeanne de Tiercelin qui serait devenue la maîtresse du roi à 11 ans....or on sait qu'elle devient sa maîtresse en 1762....et elle est née en 1746 ! Elle a donc 16 ans et non 11 !

Mais tous ces secrets alimentent les rumeurs, lorsqu'en 1750, de nombreux enfants disparaissent : on avance que les fillettes sont amenées au roi, d'autres disent que Louis XV prend des bains de sang avec celui des enfants ! Le roi est indigné ! En réalité, la police a eu ordre de se saisir de tous les  enfants errants et de les envoyer dans les colonies...il y a juste beaucoup de dérives !

Mme du Barry est de condition plus modeste que Mme de Pompadour mais elle a plus de rafinements qu'elle, les membres de la cour en atestent.

Je vous recommande de bonnes biographies : "Louis XV" de Michel Antoine,  "Madame de Pompadour" d'Evelyne Lever,  "La Du Barry" du duc de Castries Smile

Quant à l’Odalisque de Boucher, il pourrait représenter, non Marie-Louise O'Murphy, mais l'une de soeurs aînées, Victoire, qui fut un modèle de Boucher Smile
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 18:18    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

Niniss,

désolée si je vous ai fait légèrement sortir de vos gonds !!!

une précision : je ne voulais pas dire que Louis XV prenait des "gamines", elles intégraient le parc aux cerfs et étaient formées  pendant 2 ans, après elles étaient présentées pour certaines au roi

et comme quoi, les livres ne sont pas toujours aussi fiables, mais je réitère : j'ai passé un très bon moment de lecture....

Lorsque vous aurez fini vos mémoires, auriez vous la gentillesse de nous les faire lire ???

merci d'avance
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 18:35    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

"En réalité, la police a eu ordre de se saisir de tous les  enfants errants et de les envoyer dans les colonies...il y a juste beaucoup de dérives ! "
Juste de quoi faire des rumeurs!

"Mme du Barry est de condition plus modeste que Mme de Pompadour mais elle a plus de rafinements qu'elle, les membres de la cour en atestent. "
doit on prendre comme paroles d'évangiles ce que les courtisans ont écrits en sachant que beaucoup on reproché a la marquise de ne pas pouvoir accéder aux diners privés du roi?


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Niniss
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PostPosted: Sun Jul 5 2009, 19:08    Post subject: L'AMOUR A VERSAILLES Reply with quote

orev wrote:
Niniss,
désolée si je vous ai fait légèrement sortir de vos gonds !!!

une précision : je ne voulais pas dire que Louis XV prenait des "gamines", elles intégraient le parc aux cerfs et étaient formées  pendant 2 ans, après elles étaient présentées pour certaines au roi

et comme quoi, les livres ne sont pas toujours aussi fiables, mais je réitère : j'ai passé un très bon moment de lecture....

Lorsque vous aurez fini vos mémoires, auriez vous la gentillesse de nous les faire lire ???

merci d'avance

Rassurez-vous, je ne suis pas sortie de mes gonds Smile  Je trouve juste malheureux que la légende du parc-aux-cerfs résiste toujours ! Mais bon, François Bluche le dit lui-même : cette histoire a encore de beaux jours devant elle !

Les jeunes filles qui ont résidé au parc-aux-cerfs n'ont pas été arrachées à leurs parents. Ceux de Mlle O' Murphy étaient ravis de donner leur fille au roi en échange d'argent ! Certaines familles, même bourgeoises, écraivaient même à Lebel, valet de Louis XV, pour lui proposer leur fille pour le roi !

Je rajoute d'Anne Couppiers  de Romans ne résida pas au parc-aux-cerfs : elle était d'origine bourgeoise (quand la plupart des petites maîtresses de Louis XV sont de plus modeste condition) et vécu le temps de sa faveur (1761-1765) dans un hotel de Passy. Elle cru sortir de l'ombre à la mort de Mme de Pompadour parce qu'elle avait un fils du roi. C'est le contraire qui se produit !

Curieusement, à la mort de la marquise de Pompadour, Louis XV réduit le nombre de ses petites maîtresses de modeste condition et après les renvois, en 1765, de Mlles de Romans et de Tiercelin, on pense qu'il va prendre une dame de la cour comme maîtresse. En effet, de 1765 à 1768 Louis XV est plutôt sage, plus soucieux de son âme face à la mort de la marquise, du dauphin, de la dauphine et de la reine.

En réalité à partir de 1750, Mme de Pompadour ne peut plus satisfaire le roi charnellement mais le risque qu'il prenne une maîtresse parmi sa dames de la cour pourrait être dangeureux pour la marquise qui entend demeurer aux côtés de Louis XV. C'est elle qui suggère donc qu'on présente au monarque des jeunes filles du peuple afin qu'elles n'aient aucune influence sur lui.
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