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HABITER à Versailles

 
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orev
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PostPosted: Tue Aug 11 2009, 19:55    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

Petit rappel de la valeur de la monnaie au 18è siècle :

La livre avait pour nom officiel : livre tournois. Elle fut utilisée en 1667 de façon réglementaire. Il n’existait ni billets ni pièces, mais les dettes et les prix étaient évalués en livres et payés en monnaie courante.
La livre valait 20 pièces de cuivre : le « sou » ou le « sol »
Le sou valait 12 deniers
Les courtisans avaient le plus souvent en poche l’écu : pièce d’argent valant 3 livres sous Louis XIV et 6 livres à partir de 1726 et le louis d’or qui valait 24 livres après 1728.
Il est difficile de comparer la valeur actuelle, mais les historiens disent que la livre valait 15 euros au jour où il est devenu monnaie européenne.
Mais il est plus facile de comparer les salaires : durant la majeure partie du 18è siècle, le travailleur sans spécialité gagnait environ 1 livre par jour, le maçon 1.5 à 2 livres par jour.


Se trouver un logement au château ! une galère

Le fait de servir à la Cour donnait le droit d’y résider, le roi étant censé loger ses officiers civils et militaires. On pouvait aussi recevoir une indemnité compensatrice et loger en ville.Vu le grand nombre de personnes à loger, le château et toutes les annexes étaient insuffisantes. Le gouverneur proposa une indemnité aux officiers des maisons du Roi pour aller se loger en ville.
Le salaire moyen d’un officier servant par quartier (3 mois par an) était de 300 livres, ce qui suffisait à peine à louer une chambre garnie ou un appartement modeste.
Du temps de Louis XIV, Versailles comptait moins de 50 habitants qui pouvaient louer une chambre garnie, en 1724 ils étaient 400, sans compter les hôteliers de profession (environ 120). Mais les prix ont tant augmenté, qu’une ordonnance de 1735 fut signée pour rétablir les prix : chambre non tapissée : 2 sols par jour pour 1 chambre avec 1 lit, 4 sols pour 2 lits, chambre tapissée : le double.
Après 1780, la vie des officiers devenait difficile : n’ayant plus accès aux tables de la maison du Roi, ils recevaient 5 livres par jour pour la nourriture, additionnées à leur salaire ils gagnaient ainsi 750 livres pour 3 mois, soit 8 livres par jour, ils en étaient parfois de leur poche. De ce fait, ils achetaient plusieurs charges (l’exemple des cuisiniers qui travaillaient à différents services de table : potager, rôtisserie).


LES GRANDES CHARGES : GRANDS SEIGNEURS ET OFFICIERS
Les Grands Seigneurs acceptaient et même imploraient un rôle domestique dans la cérémonie du lever et du coucher du roi ou la toilette de la reine. Sous Louis XIV, ces titulaires ont fait bâtir des hôtels particuliers sur les terrains octroyés par le roi. Pour les officiers ayant une famille, les logements revenaient trop chers. L’idéal était de  se faire construire une maison, le roi octroyant volontiers les terrains à condition de faire bâtir et de réaliser des façades uniformes. Les règles furent modifiées par la suite : payer une sorte de taxe immobilière, clôturer le terrain avec une haie ou un mur, paver la rue le long de la propriété et s’ils ne bâtissaient pas, ils pouvaient perdre leur terrain.
Chacun recevait un logement en fonction de sa charge, la nature de la charge et le degré de proximité d’avec le Roi : les secrétaires d’Etat recevaient de véritables maisons, le capitaine des gardes du corps (celui qui accompagnait le roi partout), les grands officiers de la Couronne, les chefs des principaux services des Maisons Royales, le grand Aumônier de France, le grand chambellan, les chefs de service de la Grande Ecurie et de la Petite Ecurie, les dames d’honneur et d’atours de la Reine et de la Dauphine, le premier médecin du Roi : toutes ces personnes logeaient dans des appartements, très près du Roi.

Quand l’un quittait sa fonction ou qu’il décédait, ce n’était que déménagements. Pour l’anecdote : Mme de Pompadour voulait garder auprès d’elle son amie, ce ne fut pas moins de 10 déménagements d’appartements…

Les logements manquaient malgré tout : chacun prince devenant adulte avait droit à ses appartements et des logements pour les officiers. Pire encore, lorsque l’opéra fut construit car il a fallu abattre l’aile du Gouvernement où logeaient les officiers des filles du Roi.

Une solution est apparut en 1770 : loger une partie des Dames de la Cour dans le Grand Commun ! Certaines acceptèrent de plein gré : plutôt être au Grand Commun que n’être point près du château, mais avant tout, il fallait faire des travaux, ce bâtiment ayant été pendant une longue période à l’abandon et donc dans un état de grand délabrement : les logements existants n’avaient plus de portes, ni de fenêtres, les couloirs étaient envahis du bois qui se décollait.

Mais peu à peu, sous Louis XVI, les habitudes de la Cour et des courtisans ayant changé, beaucoup quittèrent le château pour s’établir à Paris, ville plus attractive. Mme de Genlis écrivait, bien après le début de la révolution : « il était de bon air de braver en tout la Cour et de se moquer d’elle. On n’allait faire sa cour à Versailles qu’en se plaignant et se gémissant ; on répétait que rien n’était ennuyeux comme Versailles et la Cour et tout ce que la Cour approuvait était désapprouvé par le public ».

LES COURTISANS
N’ayant pas de fonction primordiales, ils étaient pris en considération en dernier lieu, rares étaient ceux qui avaient un logement au château.

LES PETITES CHARGES

Les titulaires des petits offices logeaient dans une annexe du château : le Grand Commun. Ce vaste bâtiment abritait les cuisines, les salles à manger au rez-de-chaussée et dans les 4 étages au dessus, il y avait des logements de toutes dimensions jusqu’aux soupentes. Les officiers ayant la même charge habitaient souvent ensemble en se partageant l’antichambre et la salle de séjour, leurs domestiques étant logés à l’entresol. Dans les soupentes, les plafonds si bas, l’état de délabrement des lieux, la telle promiscuité ainsi que les différences d’âge des occupants, créèrent des problèmes entre eux (c’est ainsi qu’en 1778, tous les huissiers de la maison du roi se « révoltèrent » à l’inspecteur général des bâtiments : les réparations urgentes mirent 6 ans


Newton : Derrière la façade - vivre au château de Versailles au 18è siècle.


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Last edited by orev on Fri Aug 14 2009, 18:21; edited 1 time in total
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PostPosted: Tue Aug 11 2009, 19:55    Post subject: Publicité

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PostPosted: Tue Aug 11 2009, 21:31    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

C'est un article sur très intéressant "l'envers du décor", merci ! 

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orev
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PostPosted: Wed Aug 12 2009, 07:23    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

et ce n'est pas fini....

il y en a d'autres ...
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orev
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PostPosted: Fri Aug 14 2009, 19:08    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

LE CHAUFFAGE ET SES INCONVENIENTS :
En 1747, le Domaine Royal fournissait en bois de chauffage, les 130 personnes inscrites sur les listes, soit des officiers, soit des institutions et représentait environ 985 cordes et 79 000 fagots de bois. En 1756, on passe à 1270 cordes et 82 000 fagots.

Il était entreposé sous l’escalier de la Cour centrale, dans les sous sols et dans les attiques.

En 1783, il existait 1170 cheminées dans le château. Le Roi donnait gratuitement le bois de chauffage aux officiers du roi et à la famille royale, les courtisans eux qui n’avaient pas de charge, devaient s’approvisionner chez un marchand.

Même si tout le monde, disposait de bois en quantité suffisante, il ne faisait vraiment pas chaud au château : la chaleur montait vite aux plafonds très hauts et les fenêtres n’étaient pas vraiment étanches. Les appartements du haut pensaient bénéficier de la chaleur des étages de dessous, mais ce n’était qu’enfumage : les cheminées tiraient mal et lorsqu’il y avait du vent, toute la fumée se rabattait dans les pièces, en noircissant les meubles et les murs…et par jours de pluie, l’eau rentrait et coulait dans les pièces…

Paradoxalement, tout le monde insistait pour avoir une cheminée dans ses appartements : la cheminée marquait le rang et la dignité des personnes. Plus le rang était élevé, plus la cheminée était élégante. De la moins belle en manteau de bois, en passant par le rang haut dessus où elle était en pierre, tous aspiraient au marbre. Il était d’usage que les courtisans reçoivent des cheminées déjà usagées, revenant de l’atelier de réparation.

Les poêles firent leur apparition vers 1778, les premiers en métal, les autres en faïence. Ces nouveautés pouvaient chauffer 2 pièces contigües, de manière égale, sans danger : le poêle de Franklin. Mais chacun voulait installer les tuyaux à sa façon, sans considérer les trous à faire dans les murs, ni accrocher les tuyaux sur les parois extérieures, ce qui endommagerait les façades du château : ces tuyaux étant appelés cheminées postiches. Le seul problème fut les tuyaux en eux-mêmes : en fer, ils rouillaient et laissaient passer la fumée, trop proches d’éléments combustibles, la suie les bouchant, et au pire le feu pouvait se déclarer…surtout dans les Petites et les Grandes Ecuries où là, les cheminées étaient obligatoirement construites en briques. Malgré tout, il y eut des installations « clandestines », cause de l’incendie en 1761 dans les Petites Ecuries.

Les moyens humains étaient alors considérables : plus de 4000 hommes étaient nécessaires. Le matériel manquait, ils n’avaient que des seaux. Ce n’est qu’à partir de 1747 que les premières pompes furent utilisées, et en 1755 le château disposait de 6 pompes.

En 1780, il devint nécessaire d’avoir une équipe de pompiers-fontainiers à domicile, pouvant intervenir au château et dans la ville même : le projet fut ajourné, seuls de nouveaux tuyaux furent achetés pour remplacer ceux défectueux. En effet, les tuyaux ne servaient pas qu’à éteindre les incendies, lors des grosses chaleurs, il fallait arroser les voiles tendues devant les fenêtres de la famille royale et remplir les réservoirs  sur les toits.

En 1782, Versailles n’avait toujours pas d’équipe sur place,  ce sont les pompiers de Paris qui devaient se déplacer et perdaient ainsi 2 jours pour le trajet. Ce n’est qu’en 1785, qu’un corps de pompiers-fontainiers fut créé définitivement à Versailles.

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PostPosted: Sat Aug 15 2009, 01:54    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

Entre ça et la construction navale, sylviculteur devait être un bon métier...

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orev
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PostPosted: Sat Aug 15 2009, 06:59    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

! désolée, L'Ancien, mais je ne comprends pas !!!
c'est peut être qu'on est le matin....

pouvez vous expliquer ???  merci
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PostPosted: Sat Aug 15 2009, 08:00    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

remarque les ennuis à Versailles n'ont pas changé !
J'ai un ami qui tavaillait à la poste de Versailles :il lui fallait venr au boulot une heure avant l'ouverture car si tu n'arrivais pas assez tôt tu te trouvais garé à 2 km !!!
La galère dans un pays de fous !!!!!!!!


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PostPosted: Sat Aug 15 2009, 08:23    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

Bonjour Laselve !

ok, pour venir plus tôt pour se garer !   mais entre venir éteindre un incendie et se garer ....il y a qd même une légère différence    
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PostPosted: Sat Aug 15 2009, 09:05    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

Je parlais de cette phrase :

Quote:
En 1747, le Domaine Royal fournissait en bois de chauffage, les 130 personnes inscrites sur les listes, soit des officiers, soit des institutions et représentait environ 985 cordes et 79 000 fagots de bois. En 1756, on passe à 1270 cordes et 82 000 fagots.


Avec autant de bois entreposé, ça devait bien flamber...


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PostPosted: Sat Aug 15 2009, 09:42    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

le Jardinier de Versailles : A BARATON est fantastique !
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PostPosted: Sat Aug 29 2009, 19:51    Post subject: HABITER à Versailles Reply with quote

L’ECLAIRAGE :
Ce n’est pas parce que l’on habitait le château, que l’on était mieux éclairé qu’en ville. Mais le roi fournissait l’éclairage aux officiers. Il existait : des bougies blanches pour les tables principales et les appartements royaux, des bougies jaunes de qualité inférieure, brûlant plus rapidement, coulant aussi beaucoup plus réservées aux tables secondaires, aux offices,  aux cuisines. Le reste des bougies non brûlées, revenait aux serviteurs ou officiers ou dames de compagnies qui « arrondissaient leur fin de mois ».

La consommation de bougies était énorme : lors d’un bal en 1739, il a fallu 24 000 bougies. Par la suite, le nombre de bougies dans les candélabres fut diminué : la fumée abimait les tableaux et les peintures, mais l’éclairage était insuffisant. En 1751, lors de la célébration de la naissance du dauphin, le marquis d’Argenson disait : « tout est préparé pour ces fêtes ; on a tant orné la galerie de Versailles qu’elle en est accablée ; on y a mis tant de torchères et guirlandes qu’il en faut retrancher une partie. Il y aura 8000 bougies ; les belles peintures de Lebrun en seront achevées de peindre ».

Afin de faire des économies, « le cardinal de Fleury était si ladre » dira Saint Simon, dans les corridors et les galeries il faisait presque nuit : beaucoup se rompaient le cou dans les escaliers, que ce soient les valets, les ducs, les marquis. En fonction du rang porté, on disposait de pages portant les flambeaux : le simple courtisan avait un page portant un flambeau, les ducs deux et les princes quatre.

En 1743, après la mort du cardinal, Noailles écrivait : « le Roi s’étant plaint des bougies fournies à Versailles pour son service, on propose de les faire fournir aux marchands qui vendent des cires tant blanches que jaunes en pains aussi chères que les bougies façonnées ». Et en 1747, le comte de Noailles signait un marché de trois ans pour 40 nouvelles lanternes destinées au château, allumées à la tombée de la nuit, éteintes à 4 heures du matin.

Les courtisans et les différents « habitants » du château devaient s’éclairer par leur propre moyen : presque tout le monde en était de sa poche. L’accessoire le plus commun était le bougeoir, le candélabre était un chandelier à plusieurs bras, la girandole était un chandelier en forme de pyramide avec 3 à 6 chandelles. Il faut également penser qu’il fallait les meubles adéquats pour y poser les luminaires. Très souvent, les salles d’apparat et de réception étaient bien éclairées, mais les pièces privées, chambres et cabinets restaient pratiquement dans l’obscurité, illuminés uniquement par les croisées sur rue ou sur cour intérieure. Afin d’augmenter la luminosité, on installait un miroir où la flamme de la bougie s’y reflétait. Mais tout le monde demandait non pas un miroir, mais 5, 10, 15 miroirs…et lors des déménagements, se les appropriaient.

En plein jour, dès que les volets sont ouverts, la clarté frappait dans les miroirs et éclairait encore mieux les pièces…c’est ainsi que la chasse aux appartements à grandes croisées fut lancée. Les plus convoitées étaient les portes-fenêtres bordant les jardins. Il y avait 2 inconvénients à ces grandes croisées : plus elles étaient grandes, plus elles se déformaient et dès l’hiver lorsqu’elles n’étaient plus en parfait état, elles laissaient passer les courants d’air glacé. Ne parlons pas des étages supérieurs où il n’y avait que lucarnes à peine plus grandes que des hublots. Au dessus, dans la partie supérieure du toit de la mansarde, les petites ouvertures étaient appelées des tabatières, sorte de trappes pour laisser passer un peu d’air et de lumière.

Malheureusement, dans les étages supérieurs, était installé le secrétariat du Ministère de la Guerre. Le chef de bureau constatait « l’exécrable éclairage des 3 pièces mansardées, chaque pièce ayant sa croisée prenant jour au nord sur la cour », au nord donc avec moins de clarté qu’au sud…la première salle, où 6 à 7 clercs travaillaient, avait une fenêtre à 2 vantaux comportant 16 panneaux de verre dont chacun mesurait 23 cm par 30 cm, soit un vitrage de 92 cm sur 1.18 m !!! L’exposition étant au nord, les clercs n’y auraient vu goutte sans « deux autres petits jours, l’un à deux, l’autre à quatre carreaux à peu près de même dimension dans la partie de la toiture au-dessus de la poutre qui règne supérieurement le long de cette croisée et perpendiculairement à chacun de ses côtés ».

Dans les années 1770, les fenêtres avaient environ 100 ans : elles avaient grand besoin d’être remplacées. Les normes avaient changé, mais également les besoins et les désirs. Le verre de Bohême est apparu réduisant beaucoup d’imperfections et de distorsions. Il fut décidé alors que les réparations urgentes seraient prises en compte par le directeur des Bâtiments et que les demandes « luxueuses » seraient à la charge des occupants.

Puis apparut une nouveauté : les doubles châssis. Le duc de Lévis écrivait « je regrette les doubles châssis, seuls préservatifs contre l’excès de la chaleur et du froid ». Tout le monde voulut alors des doubles châssis, mais là aussi à charge des occupants pour les rangs inférieurs aux princes de sang et les très très proches de la famille royale.

Enfin, les persiennes furent à la mode : les extérieures en bois, afin de protéger du soleil. Mais elles ne furent pas acceptées pour éviter d’ôter la symétrie des façades et de les enlaidir. Même les princes n’eurent pas droit aux persiennes extérieures. Sauf ceux qui vivaient tout en hauteur…et surtout invisibles des jardins.


Derrière la façade - Vivre au château de Versailles au 18è siècle de Newton
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