Au coeur de l'Histoire Index du Forum
Au coeur de l'Histoire Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

AZINCOURT

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Au coeur de l'Histoire Index du Forum -> Les Epoques de l'Histoire -> Le Moyen âge
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Sorcière
Membre
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 29 Oct 2009
Messages: 4 814
Féminin Lion (24juil-23aoû) 鷄 Coq
Point(s): 1 249
Rang: Animateur/trice
Quizz Napoléon: 3ème
Moyenne de points: 0,26

MessagePosté le: Jeu Mar 18 2010, 15:23    Sujet du message: AZINCOURT Répondre en citant

La bataille a lieu dans la clairière entre le bois d'Azincourt et celui de Tramecourt.




Au nord, au pied de la colline et dans des champs fraîchement labourés, se trouve l'armée commandée par Charles Ier d'Albret, connétable de France, qui s'y est placé pour interdire le passage vers Calais aux forces anglaises qui ont mené une campagne sur la Somme.
L'automne est déjà bien avancé.
La nuit du 24 octobre se passe sur le terrain pour les deux camps. Une lourde pluie tombe toute la nuit. Le champ de bataille, tout en longueur, est fortement détrempé, particulièrement côté français, placés dans le bas de la colline où coule un ruisseau et où l'eau a ruisselé toute la nuit. Il a plu. La terre d'Artois est grasse et lourde. Elle entrave la marche des hommes et des bêtes.
Au point du jour, le 25 octobre 1415, les Anglais ont dormi à peu près au sec, Henri V les ayant fait reposer à l'abri.
Il dispose sa petite armée (environ 1000 chevaliers, 6 000 archers et quelques milliers de fantassins). Il est probable que les trois batailles habituelles aient été placées sur une ligne, chacune avec ses archers sur les flancs et les hommes d'armes démontés occupant le centre ; les archers étant placés en avant dans des avancées en forme de coin, presque exactement comme à la bataille de Crécy.
Les Français quant à eux, sont fatigués. Ils ont reçu des trombes d'eau et n'ont guère fermé l'oeil.
Ils sont groupés sur trois lignes et en masse. Ils sont nettement plus nombreux que les Anglais, mais à Azincourt, ils ne peuvent utiliser la puissance de leur charge. Le terrain boueux fait glisser les chevaux lourdement chargés. Les quatre vagues d'attaque successives s'empêtrent les unes dans les autres.
L'artillerie notamment ne peut être déployée dans la boue épaisse et les arbalétriers comme d'habitude sont derrière les chevaliers et les hommes d'armes. Tous sont à pied, sauf quelques chevaliers sur les flancs, pour éventuellement charger les archers de l'adversaire.


Les deux armées se font face à quelques centaines de mètres de distance. Le silence est de rigueur dans le camp britannique; un millier d'hommes est massé de front. Henri V est au centre de son dispositif qui comprend dans les 14000 combattants. Il attend l'attaque. Dans le camp français, le tumulte règne et l'incertitude prévaut.

Au dernier moment, Jean II Le Meingre, surnommé Boucicaut a réussi à tempérer les ardeurs belliqueuses.
L'ordre d'attaquer a été reporté et chacun bivouaque en désordre. Pendant les trois premières heures après le lever du soleil, il n'y a aucun combat.
Henri V perçoit que les Français se dérobent. Son armée a faim. Depuis vingt-quatre heures, sa troupe, sous les armes, n'a pas mangé. Henri V d'Angleterre, estimant que les Français n'avanceraient pas, fait reculer son armée dans la clairière.


Les archers se réfugient derrière des pieux qu'ils ont apportés et plantés dans le sol pour parer les charges de cavalerie.
Voyant le recul anglais, les chevaliers de France, indisciplinés, ne tenant pas compte du rapport des éclaireurs décident de charger.


De son côté, Henri V se décidant à forcer le destin, ordonne de se porter en avant. À ce mouvement imprévu, le cri « Aux armes ! » retentit dans le campement français.
Chacun s'efforce de reprendre les positions un moment occupées puis abandonnées après la décision d'ajourner l'action.


Si l'ardeur est certaine, la précipitation perturbe l'ordonnance initialement convenue. Résolument, deux colonnes de I 200 à 1500 cavaliers français au total s'élancent, longeant les bois d'Azincourt et de Tramincourt. La glaise, récemment retournée et ensemencée, est imbibée d'eau.
Les chevaux s'embourbent et n'avancent qu'à pas comptés. La manoeuvre du piquet s'exécute à la perfection. Les archers anglais les accueillent par plusieurs volées de flèches, qui immobilisent les premiers rangs. Les cavaliers, dont les chevaux glissent sur le sol boueux, mettent pied à terre.
Cliquet de Brabant est tué, le comte de Vendôme fait prisonnier. La journée débute mal. Le connétable d'Albret, dirige lui-même la ligne principale d'hommes d'armes démontés.
Sous le poids de leurs armures, ils s'enfoncent profondément dans la boue à chaque pas. Ils atteignent cependant les lignes anglaises et engagent le combat avec les hommes d'armes anglais.
Ses chevaliers sont théoriquement montés mais beaucoup vont à pied faute d'espace et dans l'espoir de mieux frapper. Un moment d'Albret semble s'enfoncer dans le front adverse mais il est pris de flanc par les archers. Les chevaux, frappés à mort, s'affaissent; les chevaliers chutent à terre.
Incapables de se relever seuls, ils sont à la merci des coustilliers. Le connétable et le duc de Brabant sont tués parmi les premiers. Le maréchal de Boucicaut. qui n'est pas de ceux qui restent à l'arrière, est blessé grièvement à son tour.
Il disparaît sous les blessés et les cadavres. L'affrontement tourne au carnage. Débouchant vague par vague, en rangs compacts, les Français, se précipitant à la rescousse, viennent tour à tour mourir sous les coups des archers et des fantassins anglais autrement plus mobiles. Mais l'affaire n'est pas terminée. Chaque parti a souffert. Le duc d'Alençon regroupe les siens et les débris de la
«bataille» du connétable.
Le seul succès du camp français sera obtenu par Sally, Ysambart d'Azincourt seigneur du château d'Azincourt, situé derrière le camp français, qui parvient à capturer les bagages du roi anglais.


Henri V se reforme en ligne à 300 pas.




Les deux armées vont s'affronter à nouveau, cette fois aux approches du château d'Azincourt qu'on devine derrière une ligne d'arbres. Durant de longs moments la mêlée demeure incertaine. Les archers anglais se montrent toujours aussi redoutables. Alertes, ils se glissent et frappent leurs adversaires de flanc.
Les Français possèdent encore l'avantage du nombre mais, incapables de manoeuvrer, ils sont plus que jamais contraints à combattre de front, et payent la lourdeur de leurs équipements.
Le duc d'Alençon a près de lui 18 chevaliers qui ont fait le serment d'abattre le roi d'Angleterre dont l'étendard se distingue nettement. Audacieusement, il se lance avec ses compagnons. Sa fougue lui fraie un passage jusqu'au monarque.
D'un coup d'épée, il écarte le duc de Gloucester, frère du roi.
D'un autre, il brise la couronne coiffant le casque du roi Henri V. Mais les Anglais l'assaillent de toutes parts. Il s'affaisse, mortellement blessé.
Ses fidèles, qui l'ont suivi dans l'ambition désespérée de tuer le roi, partagent son sort.
La bataille est enfin terminée.
Contrairement aux ordres d'Henri V, les hommes d'armes anglais profitent de la victoire et font de nombreux prisonniers espérant en tirer rançon comme c'est alors l'usage, estimant en outre qu'il serait peu chrétien de les tuer. Le roi ordonne alors à ses propres hommes d'armes de massacrer tous les prisonniers. Revenant même le lendemain matin sur le champ de bataille, il fait liquider les blessés français qui ont survécu.
Les pertes totales des Anglais sont de 13 chevaliers et une centaine de simples soldats. Les Français perdent 5 000 chevaliers dont le connétable, plusieurs ducs, 5 comtes, 90 barons et un millier d'autres chevaliers furent faits prisonniers. Les seuls à survivre seront ceux qui auront préféré ne pas participer.
Une paix désastreuse pour la France sera signée à Troyes, cinq ans plus tard en 1420.
Elle n'aura duré que trois heures : 6000 chevaliers français sont morts, les comtes de Vendôme et de Richemont, le maréchal de Boucicaut, blessés, sont prisonniers. Il est un autre prisonnier fameux. Charles d'Orléans, le poète, père d'un futur roi de France, Louis XII, restera vingt-cinq ans en captivité en Angleterre. Il y chantera la patrie lointaine.
*****
Les Français deux fois supérieurs en nombre n'avaient aucun intérêt à négocier avec Edouard III, qui avait abandonné son rêve de revendiquer la couronne de France. Il est probable que sans l'intervention française, la guerre de cent ans aurait pris une toute autre tournure.

Cette bataille marqua également un tournant dans l'art de la guerre en Europe : des armées plus maniables et plus articulées, mirent fin à l'époque de la chevalerie, utilisée jusqu'à alors pendant le Haut Moyen Âge et le Moyen Âge classique.
_________________
Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.
(extrait d'Invictus de William Ernest Henley)


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu Mar 18 2010, 15:23    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
orev
First Lady
First Lady

Hors ligne

Inscrit le: 10 Fév 2009
Messages: 5 067
Localisation: S D F
Féminin Balance (23sep-22oct)
Point(s): 3 982
Rang: Chef Animatrice
C. Flavien: 2ème
Moyenne de points: 0,79

MessagePosté le: Ven Mar 19 2010, 18:39    Sujet du message: AZINCOURT Répondre en citant

un livre sort prochainement sur cette grande bataille


_________________


Revenir en haut
Ringo
Membre
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 15 Oct 2008
Messages: 328
Masculin
Point(s): 246
Moyenne de points: 0,75

MessagePosté le: Ven Mar 19 2010, 21:46    Sujet du message: AZINCOURT Répondre en citant

C'est déjà sorti, mais j'ai pas lu 
_________________
http://www.guerre-de-cent-ans.com/


Revenir en haut
Sorcière
Membre
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 29 Oct 2009
Messages: 4 814
Féminin Lion (24juil-23aoû) 鷄 Coq
Point(s): 1 249
Rang: Animateur/trice
Quizz Napoléon: 3ème
Moyenne de points: 0,26

MessagePosté le: Ven Mar 19 2010, 23:17    Sujet du message: AZINCOURT Répondre en citant

Merci Orev, je vais sûrement le lire, c'est une émission sur Arte qui m'a fait découvrir la bataille d'Azincourt, je connaissais ce que les livres d'histoire en disaient (c'est-à-dire peu) mais là je pense que cela doit être passionnant.
_________________
Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.
(extrait d'Invictus de William Ernest Henley)


Revenir en haut
Amiral Nelson
Membre
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 15 Fév 2011
Messages: 284
Localisation: Seine-et-Marne
Masculin Balance (23sep-22oct) 鼠 Rat
Point(s): 309
Moyenne de points: 1,09

MessagePosté le: Mar Fév 22 2011, 22:13    Sujet du message: AZINCOURT Répondre en citant

Le documentaire Un vendredi en enfer consacré à la bataille :
1ere partie : http://www.dailymotion.com/video/x9l2di ... edi_webcam
- 2e partie : http://www.dailymotion.com/video/x9l2mp ... edi_webcam
- 3e partie : http://www.dailymotion.com/video/x9l2vq ... edi_webcam
_________________
"Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et, malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que leur chute ait la grâce d'un vol."
(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte V, scène 5)


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:55    Sujet du message: AZINCOURT

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Au coeur de l'Histoire Index du Forum -> Les Epoques de l'Histoire -> Le Moyen âge Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
darkages Template © larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com