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Focus sur l'armée boer en 1899
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Moundir
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MessagePosté le: Dim Avr 11 2010, 12:36    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

3) Les volontaires irlando-américains de Chicago :

Ce petit contingent de volontaires fut désigné à Prétoria comme étant le corps le plus chic (du point de vue vestimentaire...) qui soit parvenu de l'étranger jusque dans la capitale du Transvaal.
Il comptait environ une quarantaine d'hommes, sans compter les médecins et autres non-combattants (infirmiers et "cuistots"...).
Ces volontaires étaient tous de "splendides jeunes hommes, solides physiquement et ayant les meilleures qualités que puissent avoir un soldat".
Dirigés par le capitaine, ou "veldkornet", O'Connor (un officier breveté d'une unité de la milice de l'Illinois, savoir la compagnie des "Clan-na-Gael Guards"...), ils rejoignirent d'abord la "brigade" irlandaise de John Blake au début du conflit anglo-boer. Pour information, le Président Paul Krüger en personne offrit une réception spéciale en l'honneur de cette compagnie lors de son arrivée à Prétoria et s'adressa à ses membres en des termes élogieux juste avant qu'ils ne partent au front...
Voici une liste, plus ou moins précise, de certains de ces volontaires irlandais venus de Chicago :

Captain Patrick O'Connor, Lieutenant Michael Enright, John J. Quinn, William Dwyer, Hugh B. Byan, Thomas Murray, Patrick J. Griffin, James E. Coyne, Edward G. Healy, W. MacTeigue, Thomas Cashel, John Costello, Daniel Daley, Hubert O'Hara, James Slattery, John A. Murphy, Edward Hawkins, John Welsh, John Duff, William Hurley, Joseph Rickard, Patrick Carroll, Richard Morrissey, Daniel Foley, John J. Rogers, Edward M. Egan, Michael C. O'Hara, Richard J. Cahill, James Hill, Daniel MacHugh, Frederick Varslius, B. Linchloter, Michael Davy, Thomas Naughten.

Les médecins qui accompagnèrent ce détachement (savoir : H. B. Macaulay, A. F. Conroy, Boss D. Long, J. J. Slattery, and E. Aderholdt...) s'occupaient d'une ambulance de campagne et, à ce titre, rendirent d'excellents services aux forces boers et à celles des volontaires étrangers recrutés au Transvaal. Ces "gentlemen" médecins apportèrent en effet avec eux à Prétoria un service d'ambulance remarquablement bien équipé (et qui avait été approvisionné en matériels modernes par les généreux dons des "United Irish Societies" de Chicago et de leurs fortunés amis...).


4) Les volontaires américains ("American Scouts Corps") :

La contribution américaine envers la cause boer fut assez modeste, si l'on met de côté les volontaires d'origine germano-américaine et irlando-américaine. Il y eut même au contraire beaucoup plus de volontaires américains "anglo-saxons" ("American Natives"...) engagés aux côtés des forces britanniques, surtout dans les derniers moments de la guerre.
En excluant donc les Germano-Américains et les Irlando-américains, il y eut seulement une centaine de citoyens américains qui travaillaient au service de la "ZAR" avant le conflit (prospecteurs d'or, ingénieurs des mines, ouvriers du bâtiment, etc...).
Suite à la relève du siège de la ville de Ladysmith par l'armée britannique du général Sir Redvers Buller (mars 1900), la plupart de ces citoyens, avec quelques Allemands naturalisés américains, se portèrent volontaires pour luter aux côtés des Boers et furent alors organisés dans un détachement d'éclaireurs à cheval ("American Scouts") levé spécialement par le capitaine John Hassell, un émigré originaire du New-Jersey.
Installé en Afrique du Sud cinq avant que la guerre ne se déclenche (d'abord comme prospecteur, puis comme chasseur...), il avait eu le temps de bien maîtriser la nature du paysage sauvage dans lequel il aurait bientôt à évoluer avec ses hommes.
Le capitaine Hassell combattra tout au long des opérations menées dans la colonie anglaise du Natal et sera blessé deux fois.
Alerte et malin, Hassell était un jeune individu à l'apparence martiale qui saura à plusieurs reprises faire preuve de courage et de débrouillardise, les plus solides qualités de maturité chez un homme, lesquelles sont les "marques de tout Américain lorsque les circonstances de la guerre font appel à lui"...
Le désinterêt avec lequel ces braves esprits se sont engagés aux côtés des Boers est clairement démontré dans le fait qu'ils embrassèrent une cause réputée sans espoir à une époque où le Royaune-Uni, note Kipling, "était adulé, au sein des Jeunes Nations, par les hommes sachant tirer et monter à cheval..."


5) Le corps de volontaires hollandais :

Cette unité fut la plus importante de toutes les "légions" étrangères levées au Transvaal au cours du conflit et fut en grande partie recrutée parmi les fermiers hollandais ("burghers") du "Rand" (terme afrikaaner désignant la campagne sauvage d'Afrique australe...), mais aussi parmi les ouvriers travaillant dans les chemins de fer ou dans les administrations publiques du Transvaal.
Jan Lombard fut élu "kommandant" ("colonel") de ce corps de volontaires.
Mais vu que lui et ses compatriotes avaient la ferme volonté de combattre les Britanniques avec leurs propres moyens, lesquels étaient dérisoires on s'en doute, ils ne furent pas d'une grande utilité lors de la bataille d'Elandslaagte (21 octobre 1899) et l'unité fut presque complètement annihilée au cours de cette journée... Les rares survivants rejoignirent par la suite d'autres "kommandos" boers.
Le "Hollander Korps" acquit tout de même sur le champ de bataille d'Elandslaagte une réputation méritée de courage, mais aussi de naïveté.
A peine reconstitué, toujours en tant qu'unité indépendante, le corps hollandais retrouvera malgré tout rapidement le haut moral avec lequel il avait commençé sa carrière.

A côté de cela, il est bon de noter qu'un grand nombre d'émigrés néerlandais faisaient partie de la "ZARP" ("Zuid Afrikaansche Rijdende Politie" : Police Montée Sud-africaine...), l'unité militaire boer la plus professionnelle et la plus brave qui soit en 1899.
La "Mère-Patrie" des Boers, les Pays-Bas, rendit probablement l'aide la plus efficace et la plus conséquente numériquement, au travers de ses représentants enrôlés dans ce splendide corps de troupe que fut la "ZARP", que celle apportée par les plus revendicatifs, sinon les moins renommés, des autres volontaires étrangers si souvent "malmenés" par le général français de Villebois-Mareuil le jour de la bataille d'Elandslaagte.
Le vaillant détachement de la "ZARP" renfermait principalement de jeunes Boers, mais incluait aussi un fort élément de souche néerlandaise, ainsi que plusieurs Allemands et quelques Irlandais.

Pour en revenir au "Hollander Korps", disons qu'il avait un effectif d'environ 500 hommes. La plupart d'entre eux, cependant, furent employés à des tâches de surveillance de prisonniers anglais à Prétoria et à Waterval.
200 Néerlandais de souche supplémentaires furent recrutés par la suite dans d'autres "kommandos" boers, ainsi qu'au sein de la "brigade d'élite" du général Benjamin Viljoen. Ceux-là rendirent d'immenses services aux forces d'active en campagne, en tant que télégraphistes, éclaireurs ou estafettes à vélo ou même aumôniers.
Un contingent de 200 autres volontaires environ, en majorité des sous-officiers de l'armée néerlandaise, quittèrent de leur plein gré leur pays dans le but de rejoindre les forces boers du Transvaal.
Ensemble, les volontaires hollandais engagés dans l'armée du transvaal atteignirent le nombre de 1 00 hommes environ.
Déjà, pour information, le propre secrétaire militaire du général Louis Botha pendant la campagne de la "Tugela River" (décembre 1899) était un jeune Hollandais du nom de Sandberg (un des plus compétents qu'eut à son service le "Kommandant-Generaal" des armées du Transvaal qui plus est...).
Cet "officier d'ordonnance" avait été choisi par Botha pour ses connaissances linguistiques, son sens aigüe de l'organisation et son ardeur au travail...


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MessagePosté le: Dim Avr 11 2010, 12:36    Sujet du message: Publicité

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Vélite
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MessagePosté le: Dim Avr 11 2010, 22:43    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

Ce n'est pas aussi surprenant que ça que de trouver un Ecossais pour lever une légion irlandaise. Outre des origines celtiques pour les deux peuples, il existe un esprit revanchard commun vis-à-vis de l'Anglais, encore plus ou moins prégnant de nos jours même si le fait s'est atténué. Mais voici deux ou trois encore, un référendum en Ecosse sur "l'indépendance" complète de cette nation et donc sa sortie du Royaume-Uni avait recueilli 49% des voix si ma mémoire est bonne. Enfin, les paroles du "flowers of Scotland" sont écrites pour ne pas oublier ....
Il est vrai aussi que les Scots venus ...d'Irlande ont aussi envahi la Calédonie où vivaient les Pictes, avant de lui donner leur nom : Scotland.  
Pour en revenir aux Boers, il y a quelque analogie avec les brigades internationales en Espagne, dans l'élan de volontaires venus d'un peu partout. Certes, les idéologies sont différentes, le nombre d'engagés n'est pas comparable, mais l'épisode semble proposer quelques similitudes auxquelles je me hasarde bien imprudemment....


  


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Moundir
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MessagePosté le: Lun Avr 12 2010, 09:04    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

Hallo mon Vélite !

Je ne peux être que d'accord avec tes propos...

* D'abord avec ceux concernant le point commun "ethnique" entre Ecossais et Irlandais (sachant aussi que ces deux peuples sont également, et majoritairement, de confession catholique... Un lien très fort et encore d'actualité il n'y a pas si longtemps que cela, comme tu l'as rappelé hier soir...);

* Ensuite avec le fait que l'on peut y voir une certaine similitude entre toutes ces "légions" de volontaires étrangers levées pour défendre le petit "David" boer, voulant défendre son indépendance contre le capitalo-impérialiste "Goliath" britannique assoifé de richesses aurifères et diamantifères, et ces fameuses "brigades internationales" combattant contre la menace fasciste.
Et comme le souligne Bernard Lugan (historien cependant assez controversé paraît-il, car "on" lui reproche de ne pas assez tenir compte de ses sources et de ne pas être objectif dans ses argumentaires...), les opinions publiques européennes qui prirent fait et cause pour ce courageux peuple afrikaaner luttant pour sa survie, quelles que soient leurs sensibilités politiques, le firent surtout à une époque où la politique coloniale de l'Angleterre "cassait les couilles" à beaucoup de monde (que ce soit en Russie à propos de l'Afganistan, en France à propos de l'affaire de Fachoda, en Allemagne à propos de la suprématie navale mondiale ou bien en Italie qui voulait se créer un domaine colonial en Méditerranée aux dépens de l'Empire ottoman, celui-ci étant comme chacun sait le petit "protégé" de Londres avant la prise de pouvoir par le gouvernement des "Jeunes-Turcs" et son rapprochement avec Berlin juste avant 1914...).
Ce parallèle que tu as relevé est donc justifié à mon sens (et j'y avais pensé moi aussi je dois te l'avouer...).
Soulignons une fois de plus que ce conflit, outre qu'il mit aux prises deux peuples blancs sur la terre africaine, vit pour la première les Dominions venir au secours de la "Mère-Patrie" britannique (Canadiens, Australiens et Néo-Zélandais surtout).
Pour l'anecdote, j'ai lu quelque part que le célèbre Gandhi servit en tant qu'infirmier dans une ambulance de campagne de l'armée britannique pendant cette guerre anglo-boer...

La preuve en image :


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MessagePosté le: Mar Avr 13 2010, 12:04    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

6) Le corps des volontaires allemands :

Plus la guerre entre les Boers et les Britanniques menaçait à l'horizon, et plus le sentiment d'anglophobie augmenta dans les mentalités des "uitlanders" d'origine allemande. Ce sentiment se concrétisa bientôt par la création d'un corps de volontaires allemands.
Alors que la plupart des émigrés allemands installés au Transvaal s'organisèrent pour protéger femmes et enfants vivant dans les campagnes du "Rand", d'autres furent enrôlés dans un détachement autonome levé par un colonel nommé Adolphe Schiel. Si certains de ces volontaires s'engagèrent par "haine" du colonialisme anglais, d'autres ne le firent que par dégoût et lassitude des manoeuvres malhonnêtes en usage chez les grands propriétaires terriens pour lesquels ils travaillaient avant le conflit.
Dans tous les cas, quelque 400 volontaires allemands intégrèrent le corps du colonel Schiel, lequel fut la première unité étangère à quitter le "Rand" (le 1er octobre 1899) pour aller prendre position dans la région de Volsrust, à la frontière du Natal.
Lors de la bataille d'Elandslaagte quelques semaines plus tard, les volontaires allemands furent tout aussi infortunés que leurs frères d'armes hollandais et scandinaves et firent eux aussi l'amère expérience de la défaite après avoir été littéralement taillés en pièces dès le début de la guerre.
Les volontaires allemands eurent à souffrir de lourdes pertes au cours de cet engagement et le colonel Schiel, le fondateur de ce corps, fut blessé et fait prisonnier. Il termina donc là sa courte expérience de la guerre anglo-boer...
Les servives que Schiel rendit à l'armée boer du Transvaal doivent être cependant atténués, car ils ont eu tendance à être grandement exagérés après le conflit.
Après le fameux "Raid Jameson" en 1896,les Boers comprirent qu'en matière de guerre moderne il y avait surtout deux éléments essentiels pour lesquels ils avaient un besoin crucial d'experts militaires pouvant leur apprendre les méthodes tactiques européennes :
D'abord le service de l'artillerie de campagne; ensuite, le construction de fortifications autour des deux plus grands centres urbains du pays, savoir Prétoria et Johannesburg.
C'est dans cette optique, donc, que fut modernisé le petit corps d'artillerie existant depuis 1882 (le "Transvaal Staats Artillerie") et que les jeunes recrues boers qui y servaient furent instruites et entraînées au maniement des nouvelles pièces d'artillerie selon les principes européens.
Cette modernisation ne fut cependant pas l'oeuvre du colonel Schiel, comme la presse britannique a eu si souvent essayé de la faire croire par la suite. Ce sont en fait deux officiers boers, les majors Wolmarans et Erasmus, qui organisèrent véritablement le "Transvaal Staats Artillerie" juste avant le conflit et ce, après que le Kommandant-Generaal Piet Joubert les ait envoyés en Europe étudier les dernières améliorations en matière de tirs d'artillerie de campagne.
La seule aide qu'apporta le colonel Schiel réside probablement dans la planification et la construction des fortifications, tant vantées par la suite, qui ont été établies autour de Prétoria et de Johannesburg. Mais celles-ci n'ayant pas été mises à contribution lors des combats qui se sont déroulés autour de ces deux villes en mai 1900, on le constate, les bébéfices rendus aux Boers par Adolphe Schiel ne sont donc pas clairement visibles et n'ont pas été aussi décisifs que ce qui a été prétendu après coup.
Après le désastre d'Elandslaagte, la "brigade" allemande fut réorganisée et confiée au "kommandant" Otto Krantz, un Allemand qui habitait Prétoria.
Sous la direction de cet officier énergique et compétent, la "brigade" allemande rendit de bons services en maintes occasions, notamment en menant avec succès plusieurs combats retardateurs contre les troupes britanniques des généraux Buller et Warren dans la région de la "Haute-Tugela", en janvier 1900.
Furent associés aux opérations actives de la "brigade" allemande durant sa seconde existence de jeunes Européens qui surent se faire une solide réputation, tels que le Baron Von Goldek (Hongrois), le capitaine Maximilien Schiffi et le lieutenant Simon (tous deux Autrichiens d'origine),
ou encore le lieutenant Badicke et le Baron Botharch (Prussiens). Ces soldats expérimentés recherchaient presque tous un poste d'officier supérieur au sein de l'armée boer mais, n'en trouvant aucun de libre (en raison de l'hésitation légitime qu'avaient les Boers à confier des responsabilités militaires à des étrangers ne parlant par leur langue...), ils combattirent incognito et individuellement dans les rangs des "kommandos" boers.
Une demi-douzaine d'autres officiers allemands expérimentés, et de haute distinction, furent indirectement associés au corps du "Kommandant" Otto Krantz. Ceux-ci firent eux-aussi spécialement le voyage vers le Transvaal dans l'espoir d'obtenir un commandement important, mais furent finallement intégrés comme simples recrues dans différents "kommandos". Déçus de leur insuccès, certains repartirent en Europe, tandis que d'autres continuèrent malgré tout la lutte et moururent...
- Ainsi, le Baron Von Reitzenstein combattit aux côtés du général boer De la Rey durant ses brillantes manoeuvres autour de Colesberg contre les troupes anglaises du général French;
- Le colonel Von Braun, un officier de cavalerie de grande valeur, dirigea un temps un détachement de cavalerie composé de volontaires allemands (incluant un lieutenant du nom de Brausinitz...). Son unité d'éclaireurs combattit avec la brigade d'élite de Benjamin Viljoen sur les rives de la "Tugela" et fit preuve d'une remarquable bravoure lors des combats de Venter's Spruit, Spoin Kop et Vaal Krantz. Pour information, Brausinitz se fera tuer et Von Braun sera capturé au cours du dernier engagement;
- Citons également le petit-fils du célébre maréchal prussien Von Wrangel parmi les nombreux barons et autres comtes d'origine germanique qui firent partie de la "légion étrangère" du général de Villebois-mareuil;
- Le Comte Zeppelin, un jeune et frêle individu dont le père avait été l'un des tous premiers soldats allemands à pénétrer en France en juillet 1870, servit pour sa part dans la garde du corps du général boer Jan Kock lors de la bataille d'Elandslaagte et y mena l'une des contre-attaques visant à repousser les assauts répétés du célèbre régiment des "Gordon Highlanders". Pour l'anecdote, le jeune Comte Zeppelin, uniquement armé d'une cravache, chargea avec son cheval sur la colline qui était menacée par l'ennemi et il frappa avec cette arme dérisoire le premier Britannique en train de gravir cette dernière. On retrouva son corps le lendemain matin, mutilé et criblé de dix coups de baïonnette...
- Otto Von Loosberg, un Allemand venu des USA, servit en tant que chef de pièce dans la batterie d'artillerie affectée aux "kommandos" du général Christiaan Rudolph De Wet. Il se fit remarqué lors du combat de Sanna's Post (31 mars 1900);
- Enfin, terminons avec le major Richard Albrecht, qui fut placé à la tête du "Oranje Vrystaatse Artillerie" dès le déclenchement des hostilités. Ce fut sans nul doute l'officier qui put raisonnablement revendiquer une part non négligeable dans le somptueux crédit que les écrivains militaires anglais ont accordé aux experts militaires allemands placés au service du Transvaal, généralement trop facilement d'ailleurs, pour le travail accompli par les Boers eux-mêmes...
Natif de Berlin, Albrecht servit dans sa jeunesse dans un régiment d'infanterie prussien durant la guerre franco-allemande de 1870-1871 et fut même décoré pour acte de bravoure lors du siège de Paris. Parti plus tard vers l'Etat-libre d'Orange, il offrit alors ses services au gouvernement du pays et réorganisa le minuscule corps d'artillerie permanent que possédait la petite République boer. Il en prit le commandement lorsque la guerre éclata en octobre 1899.
Il fut d'abord attaché au service des "kommandos" placés sous les ordres du général Marthinus Wessel Pretorius lors du siège de Kimberley (14 octobre 1899-15 février 1900). Puis il commanda ensuite les pièces d'artillerie du général Piet Cronje à Modder River et à Magersfontein, batailles qui lui valurent les félicitations de son supérieur et celles du Président Martinus Steyn en personne !
Avant le conflit, il avait été envoyé en Europe par le gouvernement de l'Etat-libre d'Orange pour acheter des canons modernes. C'est grâce à lui, donc, que la petite République d'Orange put acquérir six obusiers "krupp" dernier modèle et deux pièces automatiques à tir rapide (les célèbres "Pom-Pom Guns"...).
Le major Albrecht sera fait prisonnier par les Britanniques lors de la capitulation des troupes boers de Piet Cronje à Paarderberg, à l'issue d'un siège de neuf jours (18-27 février 1900)...



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Moundir
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MessagePosté le: Mer Avr 14 2010, 11:38    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

7) La légion des volontaires italiens :


Cette unité comptait entre 100 et 200 hommes et fut attachée à l'armée de la Tugela du général boer Lukas Meyer.
A l'exception de quelque'uns des officiers qui arrivèrent d'Italie peu de temps après le déclenchement des hostilités, les membres de ce corps étaient en général des mineurs et des ouvriers installés à Johannesburg qui se portèrent volontaires pour aller se battre pour la République du Transvaal. La plupart d'entre eux étaient d'anciens soldats ayant servi dans l'armée royale italienne et quelqu'uns avaient même une solide expérience des combats après avoir participé à la désastreuse expédition d'Abyssinie en 1896 (défaite d'Adoua, face à l'armée éthiopienne du "Négus" Ménélik II...).
Le chef de corps de l'unité fut le colonel Camillo Ricchiardi, un beau et jeune individu aussi brave qu'élégant.
Lui aussi avait pris part à la campagne d'Abyssinie trois ans plus tôt. Il avait ensuite fait le voyage jusqu'au îles philippines afin d'y offrir ses services au chef rebelle Emilio Aguinaldo, alors en lutte contre les troupes coloniales espagnoles. La guerre en Extrême-Orient n'ayant rien d'attrayant, pour des raisons climatiques et autres, il repartit vers l'Europe après sa brève expérience de la guérilla dans les forêts philippines. Il fit le voyage depuis Manille jusqu'au port de Lourenço Marquès (Baie de Delagoa, en Afrique Orientale portugaise...) et arriva à Prétoria peu de temps après le déclenchement des hostilités. rejoint par le major termini Merese et le lieutenant Comte Pecci (ce dernier n'étant autre que le propre neveu du Pape Léon XIII...), il leva rapidement une "légion" italienne en incorporant les hommes qui avaient intégré les "kommandos" boers de la brigade du général Viljoen.
Le colonel Ricchiardi et sa "brigade" prirent part à toutes les batailles le long de la "Tugela River" et le bel officier italien gagna très vite la confiance du général Botha.
Ricchiardi n'hésitait pas à faire preuve du plus grand courage au combat. Cette anecdote peut le démontrer d'ailleurs :
Alors que la bataille de Colenso (15 décembre 1899) battait son plein, Ricchiardi n'hésita pas à, s'exposer au danger de la manière la plus téméraire. Assis sur un "sangar" (*) surplombant le "Fort Wylie" durant un sévère pilonnage d'artillerie britannique, il demeura on ne peut plus calme, fumant cigarettes sur cigarettes et affichant un air méprisant à l'égard des canonniers ennemis qui cherchaient à détruire sa position !...
"Toujours rester à proximité des combattants boers pendant la bataille si vous ne voulez pas être touchés par les artilleurs anglais" était le conseil favori qu'aimait à donner le jeune colonel italien aux nouvelles recrues.
Son expérience de soldat héroïque parsemée de risques et d'aventures épiques, de dangers et de difficultés nombreuses, sera récompensée de la manière la plus romantique qui soit :
En l'occurence, par une idylle amoureuse gagnée sur le champ de bataille et suivie du bonheur d'un mariage heureux.
En effet, le beau et fringant Camillo, l'archétype de l'Italien grand et brun qui représentait tout à fait à l'époque l'idéal féminin du soldat courageux en apparence, fut légèrement blessé pendant un engagement le long de la "Tugela River".
Evacué pour une courte durée vers l'hôpital militaire le plus proche, il y rencontra mademoiselle Myra Fransiska Guttman Joubert, la nièce du général Piet Joubert (et une proche parente du Président Paul Krüger en personne de par le mariage de sa soeur...).
Miss Guttman Joubert servait alors en tant qu'infirmière de la Croix-Rouge dans l'hôpital de campagne où fut emmené le colonel Ricchiardi. Le convalescent italien ayant contracté par la suite une sévère maladie cardiaque, il dut quitter pour un temps le service actif et resta en repos à Prétoria, où il rencontra à nouveau sa belle.
Reparti en Italie pour aller soutenir la cause des Boers auprès de ses compatriotes, Camillo Ricchiardi retrouva Miss Guttman à Marseille en novembre 1900, alors qu'elle accompagnait la délégation présidentielle de Paul Krüger venue en Europe demander une aide financière et militaire auprès des gouvernements occidentaux (notamment auprès de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Allemagne...).
Le 5 juin 1901, à Bruxelles, Miss Guttman Joubert devenait l'épouse du colonel Ricchiardi. Une seconde noce aura lieu à Menton quelques temps plus tard, ville où le couple s'était établi alors que Paul Krüger résidait à Utrecht, aux Pays-Bas...
Nous ne pouvons pas mettre de côté l'exploit le plus célèbre des exploits du colonel Ricchiardi au cours de la guerre anglo-boer, exploit qui le fit connaître dans le monde entier à l'époque :
Ce fait d'arme retentissant reste sans nul doute la capture par ses soins du train blindé anglais dans lequel voyageait le jeune journaliste Winston Churchill...
Après une brève fusillade à laquelle Churchill participa courageusement aux côtés des soldats britanniques, le train fut donc capturé et le jeune journaliste arrêté. Considéré par les Boers comme s'étant compromis avec l'ennemi du fait de sa bravoure pendant l'assaut du train, Winston Churchill faillit être passé par les armes immédiatement. Mais la prompte intevention de Ricchiardi en sa faveur lui sauva la vie et il fut alors emmenéen captivité dans un camp de prisonniers à Prétoria, d'où il s'évadera avec panache quelques temps plus tard...
Un grand nombre d'Italiens travaillaient dans l'usine de munitions de Johannesburg pendant la guerre.
Cette usine, qui était dirigée par le Français Léon Grundberg (un ancien officier d'artillerie qui avait dessiné les plans de la ceinture fortifiée entourant Prétoria quelques années avant le conflit...), fut entièrement détruite à la suite d'un attentat à la dynamite en mai 1900 et beaucoup d'ouvriers italiens y périrent. Leurs compatriotes de la ville de Johannesburg, furiex contre les auteurs présumés de ce crime odieux, tinrent alors un meeting où la vendetta fut de mise et au cours de laquelle les cris de "Mort aux anglais !" retentirent et se propagèrent dans toute la ville..
Le Président Krüger songea à envoyer le colonel Ricchiardi pour calmer les "émeutiers" italiens, mais il se ravisa très vite et bien lui en prit :
Car bien évidemment, beaucoup de ces hommes s'enrôlèrent par la suite dans l'armée boer...


(*) : Le terme de "sangar" désigne un petit poste fortifié de campagne comportant un parapet en pierre. Il fut à l'origine employé par les soldats anglais de l'armée des Indes pour décrire les positions fortifiées temporaires construites par les tribus musulmanes du Nord-Ouest de l'Inde (Cachemire et Punjab...) et de l'Afghanistan. Ce terme de "sangar" pourrait se traduire par "barricade" en Kurde et en Persan...

Camillo Ricchiardi :


Article de presse informant de la capture par les Boers du jeune journaliste Winston Churchill :



Photo de Winston Churchill prise lors
de son "séjour" en Afrique du Sud :




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Dernière édition par Moundir le Mer Avr 14 2010, 19:12; édité 2 fois
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MessagePosté le: Mer Avr 14 2010, 18:37    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

8) Le corps des volontaires scandinaves :

L'organisation scandinave locale de Johannesburg mit sur pied le "Skandinawiese Vrywilligers Korps" dans les derniers jours de septembre 1899. Les motivations de ces volontaires étaient sensiblement identiques à celles des volontaires irlandais. Le journaliste suèdois E. Osten-Mandahl le rappela d'ailleurs dans la presse locale en passant en revue les combats de libération des peuples scandinaves qui se sont déroulés dans le passé et ce, dans les termes suivants :
- "Pouvons-nous, nous Scandinaves, prendre du recul et demeurer inactifs alors que l'indépendance de ce pays si chèrement payée par le passé est sur le point de lui être retirée ? 
  Pour nous en persuader, il n'y a qu'à regarder les voies et les méthodes, ainsi que leurs outils, que les capitalistes anglais utilisent depuis tant d'années pour mener ce pays à la ruine..." 
Le corps des volontaires scandinaves, renommé pour sa bravoure lors des combats d'Elandslaagte, mènera des opérations actives sur le front occidental sous les ordres du général Piet Cronje jusqu'à ce que cet héroïsme tourne littéralement à l'imprudence lors de la bataille de Magersfontein (11 décembre 1899), où l'unité sera alors anéantie...
Au moment de sa création, le corps comptait environ 80 hommes, la plupart des "uitlanders" travaillant comme mineurs de fond, employés de banque ou encore ouvriers d'usine. Ces volontaires s'enrôlèrent suite à un appel de la République du Transvaal leur demandant leur soutien dans une guerre qui leur paraissaient être une agression et un pillage pur et simple de la part de l'Empire britannique.
Le chef de corps qui fut élu (au grade de "veldkornet", ou capitaine..) s'appelait Flygare et avait comme aides-de-camp ("adjutants"...) un tout jeune aristocrate suèdois, le Baron Helge Fagerskold, un ancien officier de l'armée danoise (le capitaine Barendsen) et un certain Albers Carl Olssen.
Au début de la guerre, l'unité rejoignit le camp du général Piet Cronje à l'Ouest de l'Etat-libre d'Orange et particpa aux prelmières opérations visant à assiéger la ville de Mafeking (13 octobre 1899-17 mai 1900).
Tout comme les autres volontaires européens, les Scandinaves étaient impatients d'en découdre et habitués à des méthodes de combat totalement différentes de celles qu'employaient les Boers. Ils étaient en effet plus avides d'actions audacieuses et d'entreprises fringantes que d'entonner les lents chants de psaume des combattants "burghers" avant chaque combat... Ils demandèrent l'autorisation au commandement boer de lancer un assaut afin de mettre enfin un terme à l'exaspérante démonstration de courage dont Baden-Powell et la garnison anglaise faisaient preuve depuis le début du siège, mais ils furent déboutés de leur requête.
Les officiers boers les écoutèrent poliment, se montrèrent reconnaissants pour leur offre, mais leur refusèrent à chaque fois le droit de lancer un assaut contre les défenses de Mafeking. Et ce, avec une sorte de sentiment paternaliste mêlé de pitié vis-à-vis de soldats européens qu'ils regardaient comme de jeunes enfants écervelés ignorant tout des méthodes de combat qu'une victoire requiert dans une guerre en Afrique du Sud...
Lorsque le général Piet Cronje reçut le commandement de l'ensemble des forces boers rassemblées pour faire face à l'offensive du général anglais Lord Methuen, les volontaires scandinaves furent autorisés à l'accompagner et se battirent avec panache au cours des batailles de Modder River (28 novembre 1899) et de Magersfontein (11 décembre 1899).
Pendant cette dernière, le sort que subirent cette courageuse mais impétueuse troupe scandinave suscita l'admiration des Boers. Mais comme pour l'imprudence avec laquelle les volontaires hollandais et allemands se battirent lors des combats d'Elandslaagte deux mois auparavant, le comportement des Scandinaves à Magersfontein tendit à confirmer la conviction des vétérans boers que, malgré des actions magnifiques de bravoure, de tels agissements allaient à l'encontre du système tactique rationnel qu'une armée numériquement inférieure devait adopter. Pour la simple raison que, n'ayant pas de ressource démographique énorme, elle ne pouvait se permettre de tels sacrifices humains.
Le service rendu par ces 50 à 60 volontaires scandinaves face au régiment entier des "Seaforth Highlanders" a été évalué, pour ainsi dire, au prix de leur complet sacrifice.
Notons qu'il y avait encore une soixantaine d'émigrés d'origine scandinave supplémentaires qui préférèrent servir sous les ordres d'officiers boers, comme ce fut aussi le cas pour bon nombre d'étrangers irlandais, allemands ou américains inclus dans la population de Johannesburg. Ces "uitlanders" nordiques furent essentiellement dispersés parmi les "kommandos" de Boxburg, de Band et de Prétoria...



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Carte des opérations pendant la guerre anglo-boer (1899-1902) :



Un ouvrage intéressant sur ces volontaires étrangers ayant embrassé la cause des deux Républiques boers :

Die Europäischen Freiwilligen im Anglo-Burenkrieg 1899-1902
        
Les Volontaires Européens de la Guerre des Boers (1899-1902)The European Volunteers in the Anglo-Boer War 1899-1902
Vergriffen! Sold out!
Pretoria: Contact Publishers 1999
Großformat, geb., 140 PhotosCoffee-table book, hardcover, 140 photos


240 Seiten240 pages
ISBN-Nr: 0-9584131-8-5
Preis: 24,80 €









 

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MessagePosté le: Mer Avr 14 2010, 19:32    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

Tes restitutions m'inspirent ces remarques :
-le général anglais French fut ensuite maréchal (toujours French ) commandant le corps expéditionnaire en France en 1914
-pour les Italiens, nous retrouvons aussi des similitudes avec la légion "Garibaldi" qui combattit notamment en Argonne aussi en 1914
-Churchill a décrit dans ses mémoires, ses aventures et mésaventures chez les Boers, avec l'humour et la densité qui habitaient l'homme. Du Churchill !
-les volontaires scandinaves m'ont laissé froid

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MessagePosté le: Jeu Avr 15 2010, 10:24    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

A la bonne heure mon Vélite !

Voici la suite des aventures de ces volontaires européens partis faire le coup de feu en Afrique du Sud aux côtés des Boers :


9) Le corps des éclaireurs russes :

Les résidents russes déjà présents dans la République du Transvaal au moment du déclenchement des hostilités jouèrent un rôle actif dans l'enthousiasme que suscita la cause boer dans l'opinion des "uitlanders" de Johannesburg. Ces émigrés russes étaient en quelque sorte le reflet du soutien moral que le gouvernement impérial de leur patrie d'origine déclara dès le début envers les deux petites Républiques d'Afrique du Sud (le fait que Moscou fusse à cette époque en rivalité avec l'Empire britannique en Asie, notamment en Perse et en Afghanistan, avait certainement un lien avec cette prise de position des Russes du Transvaal...).
Leur petit nombre ne leur permettant pas de former un corps de volontaires distinct (ils n'étaient qu'une soixantaine environ. Mais il serait plus judicieux d'exclure de ce nombre ceux qui étaient appelés les "Israélites russes de la Frontière"...), ils furent alors dispersés parmi plusieurs "kommandos" du district de Johannesburg.
Après que la campagne du Natal eut été achevée suite à la levée du siège de Ladysmith (lequel dura du 2 novembre 1899 au 28 février 1900 pour information...), la petite trentaine de survivants russes qui avaient pris part à celui-ci se constituèrent en un corps d'éclaireurs à cheval autonome et rejoignirent l'armée du général Botha dans le Sud de l'Etat-libre d'Orange. A l'origine, ils prirent pour chef un élégant séducteur, connu pour avoir eu des aventures homosexuelles à Paris, le Comte Alexis de Ganetzky. Ils furent bientôt rejoints par d'autres aristocrates et aventuriers venus de Russie une fois la guerre déclenchée, en particulier le Prince Niko Bagration (un noble géorgien qui n'avait jamais entendu parler du Transvaal auparavant, mais qui désira s'engager aux côtés des Boers après avoir pris conscience que leur combat pour l'indépendance lui rappelait celui de sa terre natale contre la Russie...), Alexandre Guchkov (un politicien, petit-fils de "moujik" né de mère française...), Léo Prokowsky (un ancien capitaine polonais de l'armée russe qui se fera tuer le jour de Noël 1900 en attaquant avec ses hommes la garnison britannique d'Utrecht, au Natal...), le Prince Baratrion-Morgaff ou encore le colonel Eugene Maximov...
Basés à Osspruit Camp, les volontaires russes rendirent d'excellents services en tant qu'éclaireurs, en particulier en cette occasion où trois d'entre eux réussirent à pénétrer dans les lignes britanniques près de Bloemfontein et revinrent avec les plans détaillés du campement du général Roberts situé près de la capitale de l'Etat-libre d'Orange. Le général Botha, considéré comme le chef idéal des éclaireurs boers et qui fut même le bras droit du général Christiaan De Wet lors de ses entreprises les plus audacieuses dans le pays, se forgea rapidement une très haute opinion vis-à-vis de ses "élèves" de Russie et eut toujours une grande confiance en leurs renseignements et leurs compte-rendus. Il est bon de préciser que ces cavaliers russes, qui étaient pour la plupart des Cosaques de la région du Don, maîtrisaient à merveille les missions d'éclairage qui leur étaient confiées.
Les éclaireurs russes furent par la suite intégrés à la "légion étrangère" du général de Villebois-Mareuil et les principaux officiers qui le commandaient jusqu'alors (en l'occurence le Comte de Ranetzky, le Prince Baratrion-Morgaff et le colonel Maximov...) devinrent dès lors des adjoints de leur supérieur français plutôt que des chefs d'un corps russe indépendant.
Il est difficile de chiffer le nombre total de Russes ayant combattu aux côtés des Boers, mais il est généralement admis que 225 volontaires quittèrent leur pays pour aller faire la guerre en Afrique du Sud...

Un petit mot sur la carrière aventureuse du colonel Maximov :
Eugene (ou "Yevgeny" en langue russe...) Maximov naquit à Saint-Petersbourg et rejoignit prestigieux régiment des "Gardes du Corps à cheval" en 1869.
Sa carrière militaire postérieure comprit une période de service au sein de la gendarmerie impériale russe de 1881 à 1884 (ce qui entraînera plus tard ses compatriotes d'Afrique du Sud à le traiter avec suspicion...), puis un séjour en Ethiopie avec une mission de la Croix-Rouge russe pendant l'expédition italienne d'Abyssinie en 1896. L'année suivante, il revint en Europe et lutta aux côtés des troupes grecques pendant leur guerre avec l'Empire ottoman à propos de la suzeraineté de l'île de Crète.
Parti en Afrique australe pour soutenir les Boers contre l'Empire britannique, il tenta en vain de créer une unité de volontaires russes.
En mars 1900, il se vit offrir le poste de commandant en second de la "légion étrangère" du général de Villebois-Mareuil et, après la mort de ce dernier au combat de Boshof le 5 avril suivant, ce fut lui qui lui succéda. Mais, bien que sa fidélité envers la cause boer était totale, les rumeurs propagées par ses compatriotes à propos de son passé d'ancien officier de la gendarmerie du Tsar dans les années 1880, qu'elles fussent fondées ou non, entaînèrent à son encontre de la suspicion et une sorte de parti-pris à son encontre, surtout dans l'esprit de plusieurs "légionnaires" français.
Les jalousies que sa promotion suscita parmi les candidats à la succession du général de Villebois-Mareuil obligèrent Maximov à renoncer au commandement de la "légion étrangère" boer.
Il poursuivit donc la lutte à la tête du corps des volontaires hollandais et, après avoir reçu une méchante blessure lors du combat de Thaba'Nchu (30 avril 1900), il fut déclaré inapte au service actif et dut repartir en Russie à la fin du mois de mai.
Le colonel Maximov se fera tuer au cours de la bataille de Moukden, pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905)...


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MessagePosté le: Jeu Avr 15 2010, 19:57    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

Parmi ces Russkovs, sais-tu si Bagration était descendant de celui qui lutta contre Napoléon ?
Quant aux Cosaques du Don, je crois qu'il y eut un contingent d'entre eux dans les armées blanches, avant qu'une partie ne rejoignent la France dans les années 20. La Légion étrangère comptait alors une proportion assez important de "Russes" ou assimilés.
Mais revenons au Transvaal.....  


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MessagePosté le: Ven Avr 16 2010, 12:15    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

Vélite a écrit:
Mais revenons au Transvaal.....  
















Oui en effet...
... Et avec le chapitre consacré maintenant aux volontaires français et à cette célèbre "Légion Etrangère" européenne levée par ce brave général nantais que fut le Comte de Villebois-Mareuil ( )...


Régale-toi mon Vélite (la traduction anglo-française faite par mes soins n'est sûrement pas des plus exactes, mais l'idée générale a été respectée cependant, tu peux me croire...) !!!



10) Les volontaires français du Transvaal et la "Légion étrangère" du général de  
      Villebois-Mareuil :

Le tout premier corps de volontaires français, connu aussi sous le nom de "Korte Korps", fut formé à la fin du mois de septembre 1899 avec pour objectif principal de protéger les propriétés agricoles situées dans un périmètre de 8 kilomètres autour de Prétoria.
Par la suite, l'unité focalisa sa mission sur la protection des mines.
Au début du conflit, le nombre de ces "uitlanders" français engagés aux côtés des Boers était relativement faible, peut-être une trentaine d'hommes, en dépit de la connexion évidente qui existait avec les émigrants huguenots arrivés en Afrique du Sud au XVIIème siècle et qui se reflétait dans les noms de famille boers tels que "Joubert", "du Toit", "Théron", "De la Rey" ou encore "Villiers"...
C'est alors qu'entra en scène sur le sol sud-africain le Comte de Villebois-Mareuil, débarqué à Delagoa Bay le 22 novembre 1899 et offrant ses services à la République du Transvaal le 1er décembre suivant, dès son arrivée à Prétoria.
Cet officier français valeureux, qui avait été indigné par l'affront fait à son pays par l'empire britannique lors de l'affaire de "Fachoda" (1898), décida de s'enrôler dans l'armée boer car il y voyait là une occasion de venger cette humiliation :
"Mais elle (l'Angleterre) peut être certaine que le drapeau tricolore, saisi en lambeaux à Fachoda pour être emmené jusqu'à Londres, a été emmené à Prétoria avec les volontaires français et qu'il a pris sa place aux côtés de ceux des Républiques boers pour soutenir leur indépendance contre l'oppresseur !
Elle nous a imposé la Guerre de Cent Ans et, depuis plus de cent ans, elle a dépouillé les fermiers de la colonie du Cap. Depuis, elle a encore violé bon nombre de traités de paix. Sa haine est encore plus acharnée aujourd'hui contre les Boers, car chacun sait que du sang français coule dans leurs veines..." (F; Chinier).
Contrarié par le rôle purement défensif et relativement pacifique auquel le "Korte Korps" français était tenu jusqu'alors, de Villebois-Mareuil leva rapidement un nouveau petit détachement français autonome, lequel comprenait presque uniquement des volontaires récemment arrivés au Transvaal.
Le minuscule détachement emmené placé sous ses ordres, promu au poste de chef d'état-major du "Kommandant-Generaal" Piet Joubert le 7 décembre, combattit brillamment au cours des batailles de Colenso (15 décembre 1899), de Platrand (6 janvier 1900) et durant les derniers jours du siège de Ladysmith.
Il fut ensuite transféré sur le front de l'Etat-libre d'Orange et fut engagé à Poplar Grove (7 mars 1900) et à Driefontein (10 mars 1900).
L'âge moyen des volontaires français de cette unité était de 30 ans, le plus jeune d'entre eux, un certain "Boiserolle", n'ayant que 17 ans.
Après la chute de Bloemfontein le 13 mars 1900, de Villebois-Mareuil, las d'offrir ses conseils à des généraux boers qui les dédaignaient le plus souvent, décida alors de créer un "régiment" (appelé plus tard "légion"...) composé des hommes les plus disciplinés pris parmi les différents corps de volontaires étrangers qui étaient dispersés dans les armées boers.
Tous ces volontaires, que ce soit les Américains, les Russes, les Hollandais, les Italiens, les Allemands, les Scandinaves et les Irlandais, voulaient à ce moment servir sous ses ordres en raison de ses capacités évidentes de "leader".
De Villebois-Mareuil réussit enfin à faire admettre à ses supérieurs la perspective d'avoir un corps de soldats européens placé sous son commandement, avec lequel il pourrait réussir exécuter ce genre de missions qui n'avaient rencontré que peu d'écho au sein des états-majors boers jusqu'à présent (contre-offensives locales dans les secteurs les plus menacés, harcèlement des lignes de communication ennemies, destructions des avant-postes et des colonnes d'approvisionnement, attaques à la baïonnette à chaque fois qu'une occasion se présente, etc...).
Son plan ayant été approuvé par les deux gouvernement du Transvaal et de l'Etat-libre d'Orange, de Villebois-Mareuil fut alors promu, le 17 mars 1900, au grade de général de brigade par interim ("Vecht-Generaal"...) et se vit offrir le commandement d'une toute nouvelle "Légion Etrangère".
Le général français choisît pour aides-de-camp et commandants en second les meilleurs officiers qui étaient dispersés parmi les diférents petits corps de volontaires européens : le colonel Eugene Maximov (Russe), le capitaine Von Lorentz (Allemand), le Baron Von Wrangel (Allemand) et les lieutenants Gallopaud (Français), Beineke (Allemand), Van Breda (Néerlandais) et Smorenberg (Néerlandais).
Le "Vecht-Generaal" de Villebois-Mareuil avait un immense respect pour les soldats allemands placés sous ses ordres, en dépit du manque de cohésion de la part de leurs officiers. En revanche, il n'avait pas les mêmes convictions concernant les soldats d'origine hollandaise en raison de leur manque évident de courage et d'ardeur au combat. Les combattants boers eux-mêmes considéraient leurs "cousins" calvinistes comme de "modestes ivrognes" (Bernard Lugan).
A un reporter français du journal "La Liberté" venu l'interviewer en Afrique du Sud, de Villebois-Mareuil résuma ainsi ses pensées à l'égard du peuple boer :
"Noble et de bonne race pour la plupart, ils vivent dans leurs fermes comme dans les châteaux des temps anciens, isolés et libres... Ces gens se tiennent fièrement debouts pour défier nos civilisations trop avancées et en déclin..."
Admiratif devant le courage des Boers, il était néanmoins dubitatif sur leur organisation militaire, déplorant surtout « l'anarchie » et « l'individualisme ombrageux et indiscipliné » des combattants, qu'il considérait comme étant responsables de « sacrifices inutiles ».
Leur manque total de compétence tactique le frustra à maintes reprises et il regretta amèrement l'attitude défensive que les deux Républiques adoptèrent à partir du printemps 1900, alors que selon lui les Boers manquèrent plusieurs occasions de remporter de superbes victoires face aux Britanniques.
Il en avisa bien le "Kommandant-Generaal" Piet Joubert, mais celui-ci refusa de suivre ses projets d'offensive vers la colonie du Cap.
Fin mars 1900, il lança malgré tout une offensive en direction de celle-ci avec sa "Légion Européenne", laquelle comptait à ce moment environ 300 hommes aguerris et disciplinés.
La suite, on la connaît :
Trahi pas son assistant indigène qui prit la fuite pour informer les Anglais de sa position, il se retrouva encerclé le 5 avril 1900 dans la petite ferme de Kareepan, située sur une colline près du bourg de Boshof, par un détachement de 750 cavaliers de la  "Yeomanry" commandé par le lieutenant-général Baron de Methuen.
Au moment de sa mort, il n'avait plus avec lui qu'une trentaine d'hommes. Malgré la supériorité numérique écrasante de l'ennemie et un incessant pilonnage d'artillerie qui dura trois heures, de Villebois-Mareuil refusa obstinément de se rendre et encouragea ses derniers hommes à résister jusqu'à la tombée de la nuit afin de tenter une sortie.
Durant les dernières minutes précédant sa mort héroïque, l'assaut anglais submergea tout sur son passage : de Villebois-Mareuil, debout pour encourager à nouveau ses soldats, tira alors deux ou trois coup de feu avec son pistolet et fut atteint d'une balle dans le dos. Il mourut sur la colline où lui et ses hommes s'étaient retranchés. On retrouva son corps allongé près d'un olivier dont le tronc comporte toujours à l'heure actuelle les impacts de balles de la bataille.
Les Britanniques rendront les honneurs militaires à sa dépouille sur le lieu même du combat...

Une chanson sera même plus tard composée en son honneur par Théodore Botrel :

Sa Mort est une apothéose
Un exemple à suivre Demain;
Il meurt pour une belle Cause,
La Gloire au front, l'Épée en main.
Au milieu des Boers
Il dort pour toujours !
Nos vivats, grâce au Vent qui passe
Trouveront son lointain cercueil;
Saluons à travers l'Espace
Le vaillant Villebois-Mareuil.

Une semaine après le combat héroïque de Boshof, la "Légion Etrangère" sera dissoute et ses derniers membres placés sous les ordres du général Koos De la Rey. Avce ce dernier, ils poursuivront la lutte durant toute la phase de la "guerilla" du conflit (de septembre 1900 à mai 1902).
Une partie de ses membres français préféreront ceci dit rejoindre le corps des "Theron's Scouts", une unité spéciale créée peu avant le début de la guerre par Danie Theron et son ami J.P. "Koos" Jooste (un champion de cyclisme...).


Le "Theron's Scouting Corps" ("TVK") :

Cette unité, à l'effectif d'une centaine d'hommes, portait le nom afrikaaner de "Wielrijeders Rapportgangers Corps" était spécialisée dans les missions de reconnaissances et d'estafettes et avait l'avantage de préserver la santé des rares chevaux disponibles dans le "Rand", d'être faciles d'entretien et d'être aussi rapides qu'un cavalier et sa monture (il suffit d'ailleurs d'une "course" de 75 kilomètres organisée entre "Koos" Jooste et un cavalier boer expérimenté, depuis Prétoria jusqu'à la "Crocodile River", pour convaincre le sceptique général Piet Joubert de l'utilité de ce système de locomotion aussi bon, sinon meilleur, que le cheval...).
Chacune des 108 recrue de l'unité était bien équipée : on lui fournissait, outre une bicylclette, un revolver, un short et parfois une carabine légère. Plus tard, les "Eclaireurs de Theron" percevront une paire de jumelle, une toile de tente, une bâche et des cisailles pour franchir les barbelés.
Ce corps d'éclaireurs, unique en son genre (mais ce ne fut pas une première dans les annales militaires, car lors de la guerre hispano-américaine de 1898, le vélo avait déjà été utilisé par un détachement d'une centaine de soldats noirs américains, emmenés par le lieutenant James Moss, dans le but de porter secours le plus rapidement possible aux émeutiers de la Havane qui s'étaient soulevés contre les Espagnols...).
Le "Wielrijeders Rapportgangers Corps" se distinguera sur le front du Natal et sur celui de l'Etat-libre d'Orange pendant les premiers mois de la guerre.
Lors de la bataille de Paardeberg (25 février 1900), Danie Theron et ses "scouts" réussiront à franchir les lignes anglaises pour s'échapper.
Le 2 mars suivant, lors d'un conseil de guerre tenu à Poplar Grove, Theron, qui se faisait à présent l'avocat de l'utilisation du cheval plutôt que de la bicyclette, fut autorisé à créer un corps d'éclaireurs montés (le "Theron's Scouting Corps", ou "Theron'se Verkenningskorps" : "TVK"). Son ami "Koos" Jooste, lui, le remplaça à la tête du corps du "Cycling Corps".
La notoriété de Theron et de ses hommes atteignit des sommets au cours du printemps et de l'été 1900, puisque le "TVK" fut responsable de la destruction de plusieurs ponts ferroviaires, dépôts de ravitaillement et réserves de munitions, de nombreuses embuscades victorieuses et de la capture de plusieurs dizaines d'officiers britanniques.
A la vue de ses exploits rapportés dans un article de presse en date du 7 avril 1900, Lord Roberts, qui surnommera très vite Theron "l'épine majeure plantée dans le pied britannique", promit une récompense de 1 000 livres sterling pour sa capture, mort ou vif...
Au mois de juillet suivant, Theron et son unité étaient devenus une cible tellement importante qu'ils furent attaqués par plus de 4 000 hommes commandés par le général Broadwood !
Theron réussit à s'enfuir à l'issue d'une poursuite épique et la liste de ses exploits continua encore à s'allonger : captures de trains, dynamitages de voies ferrées, attaques de camps pour libérer des prisonniers boers, saisies de courriers, etc... Danie Theron était devenu alors un véritable héros national en Afrique du sud, et ses actions inspiraient le respect de tous, aussi bien celui de ses hommes que celui de ses supérieurs.
Finallement, Theron se fera tuer tragiquement le 4 septembre 1900, au cours d'une attaque planifiée avec l'appui du "Kommando" du général Liebenberg contre une colonne britannique commandée par le général Hart.
Au cours d'une reconnaissance de terrain, Theron se fit surprendre par l'avant-garde ennemie...
Après avoir tué 3 cavaliers anglais et en avoir blessé quatre autres, il prit la fuite mais malheureusement pour lui, le reste de la colonne, alertée par les coups de feu, donna l'assaut à la colline sur laquelle il s'était réfugié. Une batterie entière de 6 canons de campagne et un canon de marine de 4,7 pouces pilonnèrent sauvagement la colline. Le "kommandant" Theron trouva donc la mort dans un véritable déluge de lyddite et de schrapnels !...
Ses hommes exhumeront son corps onze jours plus tard afin de le ramener vers la demeure familiale de sa fiancée, Hannie Neethling, à Eikenhof, dans le district de la "Klip River"...

Le Président du Transvaal Paul Krüger
("Oom Paul", ou "Oncle Paul") :


Le "kommandant" Danie Theron :



Le colonel de Villebois-Mareuil :


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                                                                              - Dit is die Einde -








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MessagePosté le: Ven Avr 16 2010, 13:05    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899 Répondre en citant

La fin a justifié les moyens, merci pour cette synthèse d'un lointain conflit  

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:20    Sujet du message: Focus sur l'armée boer en 1899

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