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Histoire Hellénistique
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Flavien
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MessagePosté le: Lun Juin 14 2010, 13:38    Sujet du message: Histoire Hellénistique Répondre en citant

Chapitre VI : Ipsos


Le premier Diadoque à prendre le titre royal Macédonien, celui de Basileus, est Antigonos en -306.
Cette nouvelle dignité fut prise un peu après le succès de son fils à Chypre : Démétrios partage d'ailleurs le titre royal avec son père.
Il s'agit ainsi pour Antignonos d'être le véritable héritier aux yeux de tous d'Alexandre le Grand, et de cette manière il affirme tout à fait officiellement désormais sa prétention à réunir sous son autorité tout l'empire du Conquérant.

En -305/-304 , Ptolémée sauvé de l'invasion Antigonide prit à son tour le titre royal.
Pour lui, il ne s'agit pas en revanche de revendiquer tout l'héritage d'Alexandre mais plutôt semble t'il de refuser les ambitions d'Antigonos : on à vu dans les chapitres précédents que Ptolémée avait sans doute été le premier à comprendre l'impossibilité pour l'empire de rester soudé, et maintenant il montre de manière officielle ses désirs à lui aussi.
Ils consistent à régner sur l'Egypte et les possessions extérieures qu'il à acquis ou acquerra (certaines places d'Asie Mineure, d'autres en Egée, Chypre, la Coélé-Syrie, la Cyrénaïque), bref d'être un Etat important et reconnu de tous dans le monde Hellénistique.

Les trois autres diadoques prirent le titre royal dans les mois qui suivent.
Au passage, Cassandre est le seul à porter celui de Basileus Makedonôn ( Roi de Macédoine).

Antigonos n'accepte évidemment pas la royauté de ses adversaires.


Nous en revenons désormais à la guerre, et pour cela nous allons faire un lèger retour en arrière.
Dès -307, Cassandre avait réussi à confiner dans Sicyone et Corinthe les garnisons Lagides.
C'est une des raisons qui firent lever le siège de Rhodes aux Antigonides en -304 : un an plus tard, Démétrios supprima avec talent de la région de l'Isthme l'influence de Cassandre et de Ptolémée.
Une nouvelle ligue de Corinthe (confaire Chapitre I) est même fondée par Démétrios en -302 : basée sur le principe de la "paix commune", il s'agit surtout d'un moyen de surveiller la Macédoine, voire de l'envahir le jour ou cela serait décidé.

Pendant ce temps, Antigonos était en Asie achevant ses préparatifs : la Macédoine était semble t'il destinée à être prise dans un étau.
Cassandre, voyant sa situation, voulut négocier mais Antigonos pensant le succès enfin à sa portée s'y refusa.

L'entêtement d'Antigonos et son ultimatum lui valut de renforcer la détermination de la coalition : Lysimaque offrit son appui à Cassandre, ainsi que Ptolémée.
Séleucos acheva ses opérations militaires en Inde qui l'occupaient depuis des années (voir chapitre V ) pour se retourner vers l'ouest en ramenant avec lui des éléphants donnés par le roi Indien Tchandragoupta.

Les coalisés décident d'attaquer Antigonos en Asie Mineure et pendant que Ptolémée agit pour son propre compte en s'emparant une nouvelle fois de la Coélé-Syrie, Lysimaque et Séleucos affrontent Antigonos en Phrygie à la grande bataille d'Ipsos (-301).

Selon Plutarque , l'armée antigonide comprend 70 000 fantassins, 10 000 cavaliers et 75 éléphants ; face à une force coalisée de 64 000 fantassins, 10 500 cavaliers, 120 chars à faux et 400 éléphants de guerre.
Après quelques escarmouches d'infanterie légère et d'éléphants, Démétrios, à la tête de la cavalerie lourde sur le flanc droit, charge impétueusement Antiochos, le fils de Séleucos, et le met en déroute. Mais, plutôt que de retourner sur la phalange adverse, Démétrios continue sa poursuite et bientôt les éléphants adverses, postés à l'arrière de la phalange, lui interdisent de retourner sur le champ de bataille. Voyant l'infanterie antigonide privée du soutien de sa cavalerie, l'armée coalisée lance l'assaut victorieux, cavalerie en tête. La cavalerie légère de Séleucos contourne le flanc gauche d'Antigonos et charge la phalange tandis que l'infanterie de Lysimaque s'avance de front. Le Borgne, qui commande la phalange, est percé de plusieurs traits et meurt sur le champ de bataille. Démétrios parvient à fuir avec 4 000 cavaliers et 5 000 fantassins.

La détermination et les efforts communs de la coalition avaient eu raison d'Antigonos.
Un nouveau partage allait avoir lieu : L'Asie Mineure jusqu'au Taurus est attribuée à Lysimaque, rien ne fut donné à Cassandre mais il espérait pouvoir désormais faire ce qui lui plairait en Grèce, tandis que le reste de l'empire en Asie revenait logiquement à Séleucos.
Cependant, Ptolémée occupait le sud de la Syrie (la Coélé-Syrie) : Séleucos y renonca temporairement au nom de leur amitié tout en affirmant officiellement ses droits sur ces terres. Cela sera à l'origine des nombreuses "guerres de Syrie" à venir dans les siècles qui s'annoncent entre les dynasties Séleucides et Lagides.

Des cinq protagonistes il n'en reste plus que quatre, bientôt il n'y aura plus que trois dynasties.
Notre prochain chapitre sera consacré au début de la stabilisation dans ce monde Hellénistique qui en à bien besoin.

Compléments :

Carte : en -301 après Ipsos




( à noter quelques erreurs sur la carte : Chypre ne redevint Lagide que quelques années plus tard, et le domaine Lagide à sans doute été exagéré en Asie Mineure et diminué dans le Sud de la Syrie)

Sources :

Ici sont employés : Histoire Politique du monde Hellénistique, Plutarque (pour la description de la bataille) et Wikipédia pour la carte


Dernière édition par Flavien le Lun Juin 28 2010, 21:19; édité 3 fois
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MessagePosté le: Lun Juin 14 2010, 13:38    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun Juin 14 2010, 14:02    Sujet du message: Histoire Hellénistique Répondre en citant

Je te tire mon chapeau, Flavien !

J'ai commencé à lire, il me faudra de temps (car je n'y connais rien de cette période si ce n'est ce que l'on apprenait en classe), mais déjà, je peux dire que c'est bien fait, c'est clair, c'est compréhensible, ça donne envie de continuer à lire, bref c'est très bien.

Au moins, j'aurais servi à quelque chose ici : donner envie à Flavien de nous raconter ses Histoires 
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Flavien
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MessagePosté le: Lun Juin 14 2010, 14:37    Sujet du message: Histoire Hellénistique Répondre en citant

Merci à toi Smile !

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MessagePosté le: Lun Juin 28 2010, 22:23    Sujet du message: Histoire Hellénistique Répondre en citant

Chapitre VII : Démétrios

Après la bataille d'Ipsos, défaite désastreuse et consécration définitive de la divison de l'empire en différents royaumes, Démétrios Poliorcète qui avait réussi à s'enfuir gagna Ephèse.
A partir de la mer, il lui fallait tenir les dernières places restantes des Antigonides : heureusement, le koinon (la ligue) des Nésiotes ( les Cyclades) resta à ses côtés malgré la défaite, Chypre était à lui pour quelques années encore ( jusqu'à que Ptolémée la reprenne), et il était également le maître de quelques places littorales en Asie Mineure et en Phénicie (Tyr, Sidon).
Si vous vous rappelez de ce que j'ai raconté avant, il faut savoir qu'à ce moment-là comme on pouvait s'en douter la ligue de Corinthe, instrument des Antigonides contre Cassandre, se désagrège et il ne reste au Poliorcète plus que quelque places littorales en Grèce également (la plus importante étant Corinthe tout de même). Athènes préféra rompre avec lui et se réconcilia avec Cassandre.
Démétrios conserve une flotte très puissante malgré la défaite de son père et règne sur les mers.

On à vu dans les chapitres précédents le début de contentieux entre Séleucos et Ptolémée à propos de la Coélé-Syrie : le premier avait toléré la mainmise du dernier sur la région au nom de leur vieille amitié, mais non sans proclamer haut et fort qu'il n'y renoncait pas.
Implicitement, cela signifiait qu'il attendait sans doute de Ptolémée qu'il s'efface discrètement au nom de sa légitimité : le Lagide avait un point de vue différent que j'ai expliqué dans les premiers chapitres, pour lui la Coélé-Syrie était un glacis défensif contre tout envahisseur asiatique et y renoncer aurait été mettre en danger l'Egypte-même.
De l'incompréhension mutuelle et de la fermeté des deux protagonistes sur leurs positions pouvait naître un nouveau conflit.

C'est à ce moment-là que nous retrouvons Démétrios : voyant dans ces tensions l'occasion de participer à nouveau au "jeu" des grandes puissances du temps, il accepta de se rapprocher de Séleucos qui était pris entre Ptolémée et Lysimaque (le nouveau maître de l'Asie Mineure) qui venaient de conclure une alliance.
Cassandre, quand à lui, ne se prononca pas et observa une neutralité prudente et passive.

Mais Démétrios et Séleucos se brouillaient aussitôt : le fils d'Antigonos ne pouvant accepter pour prix du rapprochement de donner à Séleucos comme il le lui réclamait la Cilicie, Tyr et Sidon.
Poliorcète fut également assez maladroit en essayant de se rapprocher de Ptolémée alors qu'il concluait alliance avec Séleucos : cela montrait bien qu'il cherchait simplement à se réinsérer dans le jeu et qu'il n'était pas un allié très fiable.
Cette alliance entre Démétrios et Séleucos fut donc sans suite.

C'est alors que se produit un de ces rebondissements dont est si féconde l'Histoire Héllénistique : la mort de Cassandre en Macédoine en 298/297.
On peut bien imaginer que Démétrios y vit une occasion en or et abandonnant là ses projets asiatiques plus ou moins cohérents, il courut en Grèce en 296, passe dans le péloponnèse, puis en attique ou il entame le siège d'Athènes : pauvre cité, que des secours envoyés par Ptolémée échouent à délivrer, et qui finit par tomber aux mains du Poliorcète au début de 294 quand la famine commençait à s'y faire sentir.
Il repasse alors dans le péloponnèse pour essayer d'y prendre Sparte mais il y reçoit de très mauvaises nouvelles : pendant qu'il courait ainsi de manière impulsive en Grèce, Ptolémée en avait profité pour reprendre Chypre (qui cette fois resterait Lagide presque jusqu'à la fin de la dynastie), Séleucos lui prenait la Cilicie, et Lysimaque fit main basse sur ses dernières possessions en Ionie.
On voit comment les autres souverains "légitimes" (en tout cas dans le sens ou ils commencent à être établis depuis un certain temps) percevaient le Poliorcète : un empêcheur de tourner en rond, qui n'à plus de vraie importance maintenant.

Ce monde est encore instable et ce que Démétrios à perdu en Asie, Démétrios pense pouvoir le récupérer en Europe.
En effet, des conflits digne des temps mérovingiens déchiraient les deux rois trop jeunes (le fils aîné et le fils cadet de Cassandre) en Macédoine, dont l'un avait assassiné sa mère.
Bref, à l'automne 294, Démétrios l'envahit et n'y rencontre pas de vraie difficulté : il réussit même à s'emparer du cadet qu'il fait mettre à mort tandis que l'aîné s'enfuit auprès de Lysimaque.
Se faisant proclamer roi de Macédoine par son armée, il se tourne à nouveau vers la mer et donne à son royaume une capitale maritime, Démétrias, montrant ainsi son intérêt pour l'Egée.

C'est ici qu'entre en scène le fameux Pyrrhus (292/291).
Sans parler des détails de son début de règne en Epire, il faut savoir qu'il est l'allié (ou pour être plus exact le pion) de Ptolémée à qui il devait son trône (298/297) et avant même que Démétrios n'envahisse la Macédoine, il en avait occupé des petites parties occidentales.
On devine ici la pensée de Ptolémée : toujours la politique Lagide du "containment" (au risque d'un petit anachronisme) du maître de la Macédoine, qui qu'il soit.
Après quelques luttes sans intérêt entre Démétrios et Pyrrhus jusqu'en 289, une paix est conclue.

Mais l'Histoire, la grande, celle qui fait bouger les armées et fait ou défait les Etats, était en marche et tandis que Démétrios s'usait dans des conflits stériles en Grèce ou sa popularité dégringolait à vue d'oeil, Ptolémée entre 291 et 287 lui prenait la ligue des Nésiotes, soulagée de quitter ce maître dont les exigences étaient devenues insupportables.
Décidémment bien moins politique que son père, Démétrios se met alors à échaffauder des projets d'invasion de l'Asie et rassemble une flotte telle qu'il ne réussit qu'à alarmer ses adversaires.
En 288/287, Ptolémée lui prend Tyr et Sidon (en Syrie) tandis qu'avec une rapidité foudroyante Lysimaque et Pyrrhus tombaient sur la Macédoine.
Lâché par son armée, c'est la déroute.
Au printemps 286, une flotte égyptienne réussissait cette fois à libérer Athènes, que protéga peu après Pyrrhus contre une tentative de coup de main de Démétrios.

Abandonné de tous, et après quelques péripéties militaires aussi ridicules que l'impuissance totale qui était la sienne à peser dans ce monde, il est capturé par Séleucos.
Ce dernier lui offre une retraite dorée, et il mourut dès 283.


Ce n'est pas la fin des Antigonides : Démétrios avait un fils, Antigonos Gonatas.
La politique n'à pas encore finie de bouger les hommes ou de créer et détruire : nous verrons cela dans le prochain chapitre.

Merci à tous ceux qui me lisent  !


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Flavien
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MessagePosté le: Sam Juil 3 2010, 19:47    Sujet du message: Histoire Hellénistique Répondre en citant

Petit rappel : si vous avez des questions ou des remarques, surtout n'hésitez pas Smile !
Voici maintenant un nouveau chapitre.



Chapitre VIII : Un monde nouveau


Alexandre le Grand était mort en -323 après avoir conquis l'immense empire perse.
Depuis lors, faute de véritable leader ou de volonté de travailler tous ensembles, ses anciens compagnons s'étaient déchirés en des guerres fratricides.
La légitimité de succession par primogéniture mâle étant moins forte ou prestigieuse qu'elle le sera à d'autres époques (confaire la royauté française par exemple), la famille du grand homme n'avait pas tardé à faire les frais des ambitions des rivaux : tous sont morts (sa mère, sa femme, sa soeur, son fils).

Sous le fracas des armes de ces années-là naissait un monde nouveau : héritier d'Alexandre, qu'il l'ai voulu ou non.
C'est une nouvelle civilisation qui apparaît, une ou les postes les plus importants dans l'administration ou la société d'une manière générale sont réservés aux grecs.
Les gymnases et les théâtres se répandent dans toute l'Asie et le mode de vie grec est élevé au rang d'idéal absolu : sans doute s'agit-il pour les conquérants macédoniens (eux-mêmes superficiellement hellénisés au départ) de se rassurer et de faire de ses terres définitivement les leurs en s'appuyant sur une civilisation prestigieuse à laquelle ils font ici atteindre son plus grand degré d'expansion géographique.

Tout n'est pas aussi simple bien sûr et autant bientôt commencera une véritable colonisation par les grecs de certains endroits, autant les "indigènes" (et ils sont nombreux et variés : des dizaines de peuples) peuvent tirer leur épingle du jeu et ont influencé les greco-macédoniens de manière réciproque : la royauté si inconnue auparavant des grecs habitués à leurs démocraties et oligarchies rentre vite dans les moeurs (certes pas partout : certaines cités restent attachées de manière irréductible à leur autonomie et à une certaine forme de démocratie), certains endroits comme l'Egypte Lagide forment des combinaisons originales comme l'addition de cités grecques fortes (Alexandrie, Naucratis) et de la tradition d'un Etat territorial ( l'Egypte évidemment),...


Nous en revenons maintenant au récit.
Dans le chapitre précédent nous en étions restés à l'élimination politique puis à la mort de Démétrios Poliorcète.

Pour rappel, il reste encore deux compagnons (ses anciens amis et généraux) d'Alexandre Le Grand en vie et agissant politiquement : Lysimaque qui commande la Thrace et l'Asie Mineure, Séleucos en "Asie" à défaut d'un meilleur terme.
Ptolémée quand à lui avait accompli un geste d'une grande sagesse : sentant venir sa fin et surtout se sachant vieux, il transmet le pouvoir à son fils Ptolémée II en 285 ( puis meurt tranquillement en 283, la même année que Démétrios).

Après la victoire sur Démétrios, Lysimaque avait occupé la moitié nord de la Macédoine et Pyrrhus la moitié sud. Lysimaque se retrouve ainsi dans une position assez forte qui en fait un souverain tenant presque toutes les côtes de l'Egée.
La position forte de Pyrrhus dans le sud lui avait aliéné son ancien allié la ligue étolienne et avait compliqué la position Lagide (avant soutien de Pyrrhus contre le maître de la Macédoine, désormais dans l'attente et cherchant à savoir qui de Lysimaque ou de Pyrrhus était le plus dangereux et donc quel était le plus faible qui bénéficierait du soutien Egyptien), sans compter que Lysimaque avait des vues sur sa part du royaume de Macédoine.

Lysimaque, ayant ses ambitions alors qu'il n'est plus tout jeune, décide de passer à l'action et durant l'été -285 envahit le sud de la Macédoine et la Thessalie (protectorat macédonien depuis l'époque de Phillippe II pour rappel) qui passaient sous son contrôle sans problème.
Seuls quelques endroits sur la mer Egée lui échappent encore dont la fière cité de Byzance ainsi que la ville de Démétrias (fondée par Démétrios -voir chapitre précédent- et que détient son fils Antigonos Gonatas).

Entrent en jeu désormais les complications dynastiques : si vous vous rappelez de mes tous premiers chapitres, vous vous souviendrez sans doute des mariages que Antipatros avait imposé aux rivaux pour souder l'empire.
Hé bien, il se trouve que Arsinoé, l'épouse de Lysimaque, entendait favoriser l'aîné de ses fils aux dépends de son beau-fils (que Lysimaque avait eu d'une précédente union donc).
Sans trop qu'on sache comment elle y arriva, elle réussit à persuader Lysimaque de faire assasiner son premier fils Agathocle en -283.
Ce crime, ajouté à son pouvoir qui devenait odieux à son entourage et à ses territoires, fit se détacher de lui certains collaborateurs et poussa Séleucos à agir contre lui.

Séleucos agit également ici contre Lysimaque car ce dernier à marier une de ses filles avec Ptolémée II : il ne lui faut pas être entouré d'ennemis (potentiels en tout cas) de tous côtés.
On lui promet aussi des ralliements à sa personne, qui se produisent effectivement : le gouverneur de la citadelle de Pergame notamment lui offre troupes et trésor.
Séleucos passe donc facilement en Asie Mineure ou il finit par battre Lysimaque (qui y est tué) à la grande bataille de Couroupédion, près de Sardes, au début de l'année -281.

Il est alors en possession de presque tout ce qu'avait tenu Alexandre le Grand ( moins le domaine Lagide) et se il se prend à rêver sur ses vieux jours de réussir là ou tous les autres avaient échoué (bien que certains n'aient pas vraiment essayé) : réunir tout l'empire sous un pouvoir unique.
A la fin de l'été -281, désirant s'assurer lui-même de la Macédoine, il prévoit de franchir les détroits mais est assasiné par Ptolémée Kéraunos : ce dernier était un fils dépossédé de Ptolémée Ier et il avait sans doute espéré un partage des territoires de Lysimaque ; quand il vit ses rêves s'évanouir il assassina son protecteur Séleucos et se prétendant le vengeur de Lysimaque, il se fit acclamer roi de Macédoine par l'armée avec succès, rien de moins.
Ce dernier rebondissement est plus comique qu'autre chose dans la mesure ou Séleucos avait bien préparé sa succession et son fils Antiochos I lui succède sans véritable problème à ce moment-là (il se trouvait alors probablement quelque part en Iran).

Nous faisons ici connaissance avec Antigonos Gonatas, le fils de Démétrios, et qui sur le long terme se révélera infiniment plus compétent et meilleur politique que son père.
Il détient pour le moment Démétrias, Corinthe, le Pirée (le port d'Athènes) et Chalcis : depuis la mort de son père en fait (il à plus ou moins "hérité" ce qui appartenait au Poliorcète).
L'Antigonide essaye d'attaquer Ptolémée Kéraunos en Macédoine mais sa flotte subit une défaite cinglante par le Lagide déshérité qui possédait la flotte de Lysimaque.

Mais alors que l'on pensait tout fini, les Dardaniens et surtout les Gaulois, peuplades "barbares" envahissaient la Thrace puis la Macédoine par le nord : il n'y avait plus l'expérimenté Lysimaque pour les arrêter, seulement un jouvenceau arrivé sur le trône par les intrigues et la chance.
Ptolémée Kéraunos fut défait et tué au début de -279 et cela permit aux bandes celtiques de s'abbattre alors sur la Grèce. Mais les peuples de Grèce centrale s'entendirent et firent un immense effort commun qui conduisit à une guérilla terrible pour les gaulois qui doivent alors rebrousser chemin.

Faisons un bref retour en arrière pour suivre les débuts du règne d'Antiochos I.
Confronté à plusieurs mouvements indépendantistes dans le nord de l'Anatolie de la part de petits royaumes comme le Pont ou de quelques cités comme Byzance, Héraclée Pontique et Chalcédoine ; Séleucos avait envoyé un corps expéditionnaire qui fut battu par Mithridate (souverain du Pont), mais sa mort lui empêcha de prendre personnellement les choses en main.
C'était donc à son fils Antiochos I de s'en charger : seulement, au même moment il était confronté à une révolte de la Syrie. Révolte dont il triompha d'ailleurs.

Profitant du changement de règne Séleucide et du fait que Antiochos I ne pouvait immédiatement bénéficier d'un pouvoir affermi, Ptolémée II agit : la cité de Milet en Asie mineure passe de l'alliance Séleucide à l'alliance Eyptienne en 279, et des troupes Lagides s'installent alors à Samos (île de la mer Egée) et à Halicarnasse (sud-ouest de la Turquie actuelle, sur la mer Egée) entre autres.


Le désastre macédonien quand à lui donne une nouvelle chance à Gonatas de faire ses preuves : s'entendant avec Antiochos I qui le poussait à se concentrer sur l'Europe (peu souhaitable en effet qu'il lorgne sur l'Asie), il essaye de s'établir en Thrace au début de 277.
C'est là qu'il croise une forte bande celtique qu'il réussit à attirer dans un piège et à détruire totalement : ce fait d'armes lui permit de commencer à enfin se faire bien voir des macédoniens qui virent en lui un garant de stabilité.
De plus, l'invasion gauloise s'arrête alors grâce à ça en partie.

En 276, Antigonos Gonatas était roi de Macédoine et maître de son protectorat de Thessalie.
Nous avons donc nos trois dynasties enfin et l'époque des diadoques se termine pour entrer désormais dans la "véritable" histoire hellénistique : trois grands Etats monarchiques ( la Macédoine Antigonide, l'Egypte Lagide, l'Asie Seleucide), tous assez stables et qui cotoient une multitude de petits royaumes ou principautés, ainsi que plusieurs cités grecques.

L'Egypte Lagide est clairement la puissance dominante : elle à réussi à conserver la Coélé-Syrie malgré les pressions, elle à récupéré Chypre il-y-à quelques années, et elle est en train d'installer une véritable thalassocratie (domination de la mer) sur les côtes sud et ouest de l'Asie mineure ainsi qu'en Egée (autant dire sur l'ensemble du bassin oriental méditerannéen par extension).
L'empire Seleucide est l'ensemble de l'héritage d'Alexandre en Asie (moins ce qui est Lagide donc) et est par-conséquent le plus grand royaume en termes de taille : il s'étend de la côte ouest de l'Asie Mineure jusqu'à l'Indus et englobe donc entre autres la majorité de la Turquie actuelle, la Syrie, l'Iran,...
La Macédoine Antigonide n'est pas à négliger non plus : sans être le plus puissant ou le plus grand des royaumes, elle constitue avec sa domination (quoique pas continue) sur la Grèce un lieu incontournable et ses rois sauront la faire peser sur les affaires de méditerannée orientale plus d'une fois.


Merci de m'avoir lu Smile !
La suite dans le prochain chapitre !


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Flavien
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MessagePosté le: Ven Juil 9 2010, 09:46    Sujet du message: Histoire Hellénistique Répondre en citant

Chapitre IX : la première guerre de Syrie


La Cyrénaïque, les problèmes en Anatolie, les conflits familiaux : tout cela va expliquer en partie la première des fameuses guerres de Syrie.
Faisons un petit retour en arrière tout d'abord : la Cyrénaïque, domaine à l'ouest de l'Egypte, était confiée en -300 à Magas, le beau-fils de Ptolémée Ier, par ce dernier. Lorsque Ptolémée II devint roi en -285, Magas se fit indépendant du pouvoir central (s'agissait-il d'une rivalité personelle ou d'ambition ? difficile à dire) et lorsque quelque temps plus tard, Ptolémée II assassina ses deux frères, il lui déclara la guerre.
Antiochos Ier, cherchant bien évidemment à rendre la monnaie de sa pièce à Ptolémée II qui avait profité de ses difficultés intérieures, s'allia à Magas en lui donnant la main d'une de ses filles.
Mais ce conflit entre les deux demi-frères ne dura pas longtemps et une paix fut conclue en -275 sans qu'aucun combat n'ait eu lieu vraisemblablement : Magas continua de régner sur la Cyrénaïque sans problème jusqu'en -250 environ, tandis que Ptolémée II fermait les yeux.

Quel est l'événèment déclencheur, celui qui entraîna la première guerre de Syrie ?
Difficile à dire mais on voit bien que les deux rois Ptolémée II et Antiochos Ier se livrent une guerre indirecte depuis plusieurs années déjà.

Quoiqu'il en soit, en -274, Ptolémée II anticipant une éventuelle attaque séleucide sur la Coélé-Syrie monta une opération audacieuse contre le coeur de l'empire rival en attaquant la Babylonie (en étant passé par le golfe persique).
Cette région contenait Séleucie du Tigre, une des deux capitales de l'empire séleucide (l'autre étant Antioche en Syrie du Nord) et on peut comprendre ce que ce calcul pouvait avoir de bon : mais après quelques succès Lagides, les lieutenants d'Antiochos Ier rétablirent la situtation et les forces lagides étaient vraisemblablement expulsés de la région (ou en tout cas réorientés par Ptolémée II vers la Syrie qu'attaquait à ce moment Antiochos Ier).
En -273, le souverain séleucide lance une offensive sur Damas et prend à son tour les initiatives de la guerre mais cela ne donna pas grand-chose.

Après deux années supplémentaires de conflit (qui virent notamment Ptolémée essayer de faire renaître le conflit entre Antiochos et les cités et royaumes au nord de son empire), les deux souverains comprenant sans doute l'inutilité de cette guerre longue et coûteuse, conclurent la paix en -271.
Ce fut une paix de status quo : personne n'avait rien gagné ou perdu.


Pendant ce temps, en Europe.
L'aventurier Pyrrhus avait conquis la Macédoine brièvement sur Gonatas entre -275 et -272 sans que cela finalement n'affecte le pouvoir de l'Antigonide sur le long terme.
En 272/271, Antigonos asseoit sa domination sur le péloponnèse et par-exemple des gouvernements pro-macédoniens s'installent alors à Elis et Mégalopolis.
C'est aussi le moment ou l'influence de la ligue étolienne se développe : sans qu'il y ait une franche hostilité entre celle-ci et Gonatas, la progression de ses intérêts réduisait d'autant l'influence Macédonienne en Grèce centrale.



Sous la poussée entre autres d'une certaine colonisation venue de Grèce, les nouvelles sociétés hellénistiques se développent et affirment leurs caractères propres pendant cette période.

En Egypte Lagide, la société est assez cloisonée et divisée entre les Grecs qui détiennent le pouvoir dans les administrations (et l'armée est composée presque uniquement de soldats et généraux grecs) et les Egyptiens qui se répartissent entre les prêtres (qui vénèrent toujours les anciens dieux égyptiens) et les paysans pour l'essentiel. Mais en vérité, il existe des échanges entre la culture egyptienne et la culture grecque : certaines élites egyptiennes participent à la vie politique (notamment en prenant parfois un nom grec) et administrative tandis que certains grecs s'initient aux rites funéraires égyptiens. Le problème est plutôt la fermeture presque totale des égyptiens "autochtones" à la culture grecque et à ses modes de vie : cela montrera quelques décennies plus tard que l'emprise des souverains grecs sur le pays à quelque chose d'artificiel comme celle des souverains perses qui les ont précédés ( pendant environ les deux siècles précédents).

L'Asie Mineure en revanche, était déjà une zone très influencée par les grecs depuis des siècles (en particulier sur les côtes ouest et sud) et sous l'époque hellénistique cette influence devient plus profonde encore.
La conquête d'Alexandre ouvre également la Syrie à la culture grecque dont elle devient un foyer.
En revanche, pour les zones plus à l'Est, les souverains séleucides laissent leurs traditions séculaires aux peuples de la région le plus souvent : c'est ainsi d'ailleurs que l'empire séleucide est sans doute l'Etat le plus "mixte" au niveau des cultures et traditions qui le composent (le moins homogène aussi du coup).


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:59    Sujet du message: Histoire Hellénistique

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