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Synthèse sur la Mésopotamie

 
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atahualpa
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MessagePosté le: Sam Oct 2 2010, 20:01    Sujet du message: Synthèse sur la Mésopotamie Répondre en citant

le terme même de « Mésopotamie » vient du grec « meso » entre et « potamos » fleuve. En effet, rappelons que cette civilisation est née entre le Tigre et l'Euphrate donc dans l'actuel Irak. C'est peut-être la première civilisation de tous les temps. Peut-être car la civilisation égyptienne et celle de la vallée de l'indus ont aussi émergées dans le courant du IVe millénaire avant Jésus-Christ. Par un souci de clarté il faut donc s'entendre sur le concept de « civilisation ». On entend par civilisation la naissance du phénomène citadin, de l'écriture et d'une organisation sociale avancée. Les sources sont essentiellement issues de l'archéologie et de l'épigraphe, ce qui implique plus d'hypothèses que de certitudes. Plongeons-nous donc dans la fascinante civilisation mésopotamienne.
 

Avant le développement effectif d'une civilisation, le site géographique ô combien déterminant pour l'humanité qu'est le croissant fertile se trouve être occupé par des néandertaliens. Certains sites ont été découverts mettant en évidence des populations nomades de chasseurs-cueilleurs. Nous sommes au paléolithique supérieur donc entre -14 000 et -10 000. On sort progressivement d'une ère glaciaire ; le radoucissement climatique favorise donc la faune et la flore. L'Homo sapiens sapiens a eu raison de l'homme de Néanderthal. Faune et flore plus abondante encourage ces derniers à développer élevage et agriculture. Le passage du paléolithique au néolithique est dit période du Natoufien  . Cette période de transition est déterminante dans bien des domaines. Les populations du Moyen-Orient à cette époque sont donc mi nomades, mi sédentaires. On note le développement d'embryons de villages, pensons au site de Jéricho. Les habitants de quelques dizaines d'âmes se regroupent dans des habitations circulaires ou ovales avec une architecture primitive. Les archéologues ont mis en évidence des rites funéraires et religieux (culte du taureau) quelque peu évolués. Par ailleurs, l'art se développe de manière significative sur des objets usuels : céramiques, vases etc.
Avançons maintenant dans le temps et projetons-nous dans la période dite d'Uruk, du nom de son site principal (de 4300 à 2900 avant Jésus-Christ). À ce moment précis l'Europe est en plein néolithique, on voit les premiers villages fortifiés apparaître en Europe de l'Ouest (site de Carnac...) Et l'Égypte voit les prémices des premières dynasties et de son panthéon classique, celle-ci influençant la Palestine qui voit le développement de ses premières cités états de Canaan. Il est important de savoir que le mouvement est parti du sud de la Mésopotamie (basse Mésopotamie). Les cités emblématiques en sont bien sûr Uruk mais aussi Ur (d'où serait originaire Abraham). La cité religieuse de la région est appelée  Eridu avec ses dieux dirigeants les Annunaki censés avoir créé les hommes. Cette cité contenait 14 temples. Et enfin la cité de Suse , située dans l Iran actuel dans laquelle la céramique se fait plus fine. Par ailleurs, il est à noter qu'un phénomène de colonisation à des fins d'approvisionnement en matières premières notamment en bois existe dès cette époque. Dans le nord de la Mésopotamie on a découvert les premiers vestiges d'une administration : sceaux, tablettes de compte, premières enceintes fermées. La cité d'Uruk même connaît à cette époque une activité intense, commerce, métiers un minimum spécialisés, transport et cela  poussé par les inventions de la roue et de la voile. L'ancêtre de la charrue, l'araire, est aussi inventée. La construction est plus efficace avec les briques cuites, il y a aussi une irrigation. Dans ce foisonnement culturel ne pouvait pas manquer d'apparaître l'écriture. Chose faite sur plusieurs sites à peu près simultanément notamment à Uruk et a Suse. Les premières tablettes sont disséminées par dizaines de milliers dans ces sites. On y voit des listes, des comptes bref, de l'Economico administratif. Au début, il s'agissait de pictogrammes c'est-à-dire de dessins représentatifs et peu à peu, on s'est acheminé vers ce qui deviendra l'écriture cunéiforme.
Écriture cunéiforme qui symbolise largement la période archaïque mésopotamienne ou aussi appelée de Sumer (2900 - 2340). On va donc de la fin de la période d'Uruk à l'unification de la Mésopotamie par Sargon d'Akkad sous sa couronne. L'existence de dynasties correspond au développement des cités états qui fonderont plus tard le premier empire d'Akkad. Ni les sumériens, ni les Akkadiens ne correspondent à une ville quelconque mais bien plus à un type de vie et surtout à une langue. Notons que l'akkadien est une langue sémitique, alors que les origines sumériennes sont inconnues ; elles ne sont pas indo-européennes, une hypothèse parle d'une origine asiatique.
 Pendant ce temps, en Europe on commence à maîtriser le bronze alors que les premières cités de l'indus voient le jour, société minoenne en Crète et construction de complexes religieux en Amérique du Sud ; au Proche-Orient on bâtit Jérusalem et en Égypte les pyramides de Saqqarah puis celle de Khéops a Giseh. La basse Mésopotamie d'où est largement issue la civilisation sumérienne est plus dynamique que celle plus au nord qui préfigure celle d'Akkad. Ceci essentiellement dû à une parfaite maîtrise de l'agriculture ce qui permet à un rapprochement qui va constituer les grandes villes, qui elles-mêmes vont prendre l'ascendant sur les petites cités environnantes. De cette spécificité va bien sûr naître toutes sortes de conflits notamment entre les villes sumériennes d'Umma et Lagash qui sont distantes de 30 km. Ce conflit récurrent a pour cause le fait que Umma détournait les eaux de l'Euphrate pour ses propres cultures alors que Lagash, en aval en pâtissait. Finalement, entre 2550 et 2500 les deux cités demandent l'arbitrage au roi Messalim de kish, cité État voisine et puissante. Ce dernier arbitrera en faveur de Lagash mais les hostilités continueront jusqu'à ce que le roi de kish, Sargon d'Akkad mettra tout le monde d'accord. L'une des victoires de Lagash d'un de ces nombreux conflits est célébrée sur la stèle au vautour aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Pour autant la haute Mésopotamie, bien qu'en retrait, gardera un certain dynamisme qui lui est propre notamment avec l'émergence de la cité Ninive destinée à une postérité remarquable. On y développe la céramique, l' urbanisme et y trouve un temple dédié à la déesse Ishtar (de l'amour et de la guerre) dont on trouve plusieurs équivalents dans les autres civilisations notamment Aphrodite en Grèce. Deux autres cités importantes sont Mari et Ebla on y a trouvé plus de 17 000 tablettes avec notamment le premier accord diplomatique de l'histoire. Ebla finira par prendre le dessus sur Mari en s'alliant avec Nagar et avec Kish. Le royaume d'Ebla pourvu d'un grand palais et puissant compte à peu près 20 000 personnes, mais la violence reste moins importante dans la haute Mésopotamie que dans la basse. Étant sur une route commerciale, on y trouve des objets venant d'Égypte ou de Chine, du lapis-lazuli tout droit venu d'Afghanistan et fort prisé en Mésopotamie. En ce qui concerne l'habitat, il pouvait être très fonctionnel, orchestré autour d'une cour comprenant parfois un étage. A Sumer, le temple n'a pas d'architecture particulière mais est aussi fonctionnel. Notons à ce sujet que chaque cité État a son propre Dieu en plus du panthéon classique. Le dieu principal se nomme « Anu », il est père de plusieurs enfants (dont Ishtar) dont un fils, par fainéantise, créera les Annunaki qui vont créer l'espèce humaine à partir d'argile - comme dans la genèse - afin de s'en servir d esclaves. L'un des deux fils, gêné par le vacarme produit des hommes travaillant décida d'envoyer des calamités sur terre notamment un déluge qui dura sept jours et six nuits, mais le second fils de Anu conseilla un homme, atrahasis , de construire une arche y faire monter à bord  deux représentants de chaque espèce. Atrahasis que l'on retrouve dans le mythe de l'épopée de Gilgamesh maintes fois décliné dans les autres civilisations et dont on retrouve de troublantes coïncidences avec le mythe d Héraclès. Pour rester dans les mythes empruntés aux sumériens, celui de la naissance de Sargon d'Akkad est aussi troublant : ne pouvant être  gardé, il est abandonné sur une rivière dans un couffin d osier.
 Cette apparente homogénéité ne doit pas cacher le fait qu'un homme dominait une cité , alors bien sûr on a vaguement cru comprendre sur des plaquettes qui faisaient mention de deux assemblées, certains disent qu'il s'agit d'un organe de pouvoir, mais rien de solide ne vient corroborer cette hypothèse. À Ur, les archéologues ont mis au jour deux tombes royales avec une reine assez puissante pour se faire inhumer avec ses 25 serviteurs. Les rites funéraires montrent bien la différence des richesses qui pouvait exister entre le citoyen lambda et l'aristocratie. Par ailleurs, les nombreuses tablettes ne font pas mention de la notion de propriété privée. À noter aussi que la représentation de combattants en phalange avec des épées, des lances et des chars tirés par des ânes. Sumer est donc bien le précurseur inattendu dans maints domaines.
La fin de l'époque sumérienne voit éclore le premier empire de l'Histoire : l'empire d'Akkad (2340 - 2112) . Parallèlement en Grèce on note les premières ébauches de palais, notamment à Knossos alors que la Chine voit seulement le début de ses dynasties impériales. En ce qui concerne les sources qui peuvent nous éclairer sur cet empire, on a retrouvé à peu près 5000 tablettes (apparemment important mais plusieurs fois moindres que pour l'époque sumérienne) disséminées dans toutes les villes de l'empire (fait nouveau car ce n'était pas le cas auparavant) ; de ce matériel les archéologues ont conclu qu'il existait une capitale nommée Akkad qui n'a toujours pas été retrouvée. Pour ce qui est de la chronologie royale, il existe les listes dynastiques qui sont un ensemble de textes retraçant les successions royales depuis plus de 300 000 ans. Il va de soi que le début est purement mythologique et que plus on avance dans le temps plus cela devient plausible. En général, les historiens s'accordent sur le fait que l'on peut y accorder crédit à partir de l'empire akkadien. Par ailleurs, il existe des stèles, des bas-reliefs et toutes sortes de ruines.
 Fils d'une prêtresse - théoriquement interdite d'être mère - Sargon d'Akkad se voit, alors nouveau-né, laissé à à son destin à dériver dans un panier sur l'Euphrate. Ce récit plus ou moins mythique a inspiré celui de Moïse. Toujours est-il qu'il a été récupéré par un jardinier, élevé et avec l'aide d'Ishtar a fini par prendre le pouvoir sur kish. De proche en proche, il entame une guerre de conquête des cités états environnantes. Toujours victorieux, il établit sur la Mésopotamie un empire centralisé et administré ; chose inédite car auparavant les dominations n'étaient que superficielles. La mise en valeur des cités conquises était de trois types : soit directement palatial, soit exercée par des métayers, soit la terre était cédé à des proches du roi. L'administration est donc nettement centralisée, c'est en ce sens que les historiens ont parlé d'empire. L'illustration la plus claire de cet état de fait est la célèbre stèle de la victoire représentant le petit-fils de Sargon, Naram Sin (deuxième autre grande figure) , célébrant la victoire de ce roi impérieux écrasant ses ennemis sans pitié, affublé d'ornements divins (tiare à cornes, d'ordinaire réservée à Enlil  fils de Anu l'ayant supplanté, temple à Nippur) et regardant les étoiles. Cette pièce d'une valeur rare associée à un art plus abouti concernant la royauté permet, par extension, de déduire des velléités d'absolutisme inconnues jusqu'alors.
Les dernières années de l'empire voient se multiplier les raids des Gutis (ancêtres des Arméniens) qui, selon la liste des dynasties seraient à l'origine de sa chute. Les historiens en voient effectivement une des causes principales avec les aléas climatiques. Dans la dynastie de  Ur III on voudra justifier cet événement par un texte rédigé en sumérien et intitulé la malédiction d'Akkad. Ce texte raconte que Naram Sin, on ne sait pourquoi, a perdu le soutien des dieux, ainsi Enlil lui refuse le sacre à Nippur et c'est précisément pour cette raison que l'empire a rendue l'âme laissant place à la troisième dynastie d Ur.
 

À la chute de l'empire d'Akkad, on voit une résurgence de la civilisation sumérienne. En effet, de 2112 à 2004 avant Jésus-Christ, la civilisation neo sumérienne va bâtir son empire sur les ruines du précédent. Sur le plan international, où débute la construction de Stonehenge et on entre dans une période intermédiaire en Égypte. Sur la fin de l'empire d'Akkad, les Gutis étaient montés sur le trône, parallèlement on voit un renforcement des cités états notamment à Uruk et à Lagash. Le gouverneur d'Ur, Ur Nammu, prend le pouvoir et sera le premier de la dynastie d'Ur III, suivi de - pour les plus grands - Shulgi (règne de 48 ans), Asmar Sin et Ibbi Sin ; Shulgi et Asmar Sin seront déifiés à l'instar de Naram Sin d'Akkad.
 Pendant ce siècle, l'administration va être poussée à un degré considérable mais gardant les anciennes structures. Illustration : le premier code de lois dit code d'Ur Nammu trois siècles avant le code Hammourabi de Babylone ; ce code met en évidence des statuts sociaux (esclavage relativement humain par exemple) les infrastructures vont être remarquablement développées et on est en présence d'un expansionnisme notamment vers l'Iran (Lullubis, , Élamites). Pour des raisons de sécurité des murs de plusieurs dizaines de kilomètres sont érigés. Par ailleurs, on constate une ébauche de monnaie. L'art paraît moins abouti que son empire d'Akkad, pourtant l'organisation et les capacités de mobilisation vont permettre à Ur III des prouesses architecturales, notamment l'édification des premières ziggourats.
Ibbi Sin, dernier roi de la troisième dynastie d'Ur se retrouve acculé face aux incursions Amorrites(Syrie). Lors d'une famine due à ces derniers, le roi envoie l'un de ses fidèles chercher du grain ; il en profite pour prendre le pouvoir et se faire sacrer à Nippur. Il va donc créer un royaume parallèle, plus prospère et mieux défendu. Avec l'aide des Amorrites, il va prendre Ur et faire prisonnier Ibbi Sin qui terminera sa vie en prison. Ce sursaut sumérien sera le dernier, et la civilisation sumérienne en 2000 avant Jésus-Christ aura disparu en posant les bases de la florissante civilisation paléo babylonienne des Amorrites.
La période qui s'étend de 2004 à 1595 avant Jésus-Christ marque le début des grands empires babylonien et assyrien. Notons que les invasions Amorrites furent le théâtre d'une période de chaos et de désordre mais progressivement, Babylone va commencer à s'affirmer dans ce contexte. Pendant ce temps, la Chine se couvre de villes puissantes fortifiées, en Europe des mouvements de population, des massacres témoignent d'une démographie galopante accompagnée d'avancées métallurgiques alors qu'en Amérique émergent les civilisations Olmèque et Maya. Cette période , en Mésopotamie , est caractérisée par un pouvoir éclaté mais néanmoins une certaine unité culturelle. Au début, les souverains sont installés dans la cité d'Ur, mais dans le même temps, nait la cité de  Larsa (en 2025 d'après les  listes royales) qui prendra la supériorité en Mésopotamie du Nord ayant conquis Nippur, kish etc. Parallèlement, une vieille cité commence à prendre de l'ampleur avec l'arrivée au pouvoir d'une dynastie Amorrite : Babylone. C'est avec le roi Hammourabi que Larsa tombera sous ses coups. Il entreprend des guerres contre les Élamites, alors que la cité d'Alep domine la partie occidentale. La position géographique privilégiée de Babylone (au confluent de 2 fleuves) est propice a un développement culturel intense : facilité d'irrigation, pôle multiculturel (tour de Babel). À l'est de la cité, il y a un temple dédié à Marduk jouxté par la tour de Babel (ziggourat) et un autre temps dédié à Ishtar. Tandis qu'au sud de la ville on trouve le quartier des notables et des commerçants. Cet éphémère royaume de Babylone Amorrite tombera sous les coups de butoir des hittites d'Anatolie.
Suite à un raid Hittite en 1595 Babylone est mise à sac et la Mésopotamie retourne dans une période troublée pendant la deuxième moitié du second millénaire. C'est une période médiane car elle voit la fin des futurs grands empires et leur réel épanouissement au premier millénaire. De manière confuse se dégage quelques grandes structures. Pendant ce temps, arrivés d'Asie centrale les Aryens (indo-européens) s'installent en Turquie et en Iran, en Égypte des pharaons du nouvel empire se débarrassent des Hyksos et laisse place à des rois d'envergure tels que Akhénaton, Toutankhamon ou Sethi Ier ; alors que les nomades sémites fusionnent et s'emparent de Canaan.
 La période va être marquée par une domination  des peuples tribaux Kassites venus d'Iran sur la région anciennement dominée par Babylone. Alors que plus au Nord, les Hourrites d'Anatolie poussés vers le sud par les hittites forment le royaume de Mitanni ; les Égyptiens essayant d'étendre leur domination vers le nord affrontent ces derniers près de Alep. Ces guerres s'étalent sur plusieurs dizaines d'années. De ces conflits récurrents qui épuisent les protagonistes émerge une nouvelle puissance près de Assur et de Ninive : les assyriens. Ceux-là vont  s'opposer aux hittites et diviser le Mitanni en deux jusqu'à ce que, aux environs de 1250, salmanazar I en prend le contrôle . C'est son fils qui va établir une domination quasi totale sur le reste de la Mésopotamie ; pourtant le pouvoir des assyriens est fragile car il procède trop de la figure de son roi ; et à sa mort, à la faveur d'une résurgence de Babylone et de raids Élamites et araméen l'empire périclite pour cinq siècles réduits aux alentours de Ninive et Assur.
La période suivante (de 911 à 609) voit trois siècles de domination assyrienne. Ce moment est propice dans l'histoire du monde étant marqué par le radoucissement du climat dans lequel nous sommes encore : en Chine la dynastie Zhou développe l'astronomie et la philosophie, en Inde les aryens se sont installés et ont développé le système des castes dominées par les brahmanes ; en Europe, les Celtes (indo-européens) déferlent sur le continent alors qu'en mer, les Phéniciens exportent leur alphabet. Le noyau assyrien qui a subsisté depuis 1077 avant Jésus-Christ autour de Ninive et Assur va donc être le coeur de la renaissance assyrienne en repoussant les araméens et faire de l'ombre à la puissance toute relative de l'empire neo babylonien. Cependant, leur souveraineté demeure limitée négligente qu'un serment d'allégeance et un tribut. C'est seulement à partir de 745 qu'ils vont affirmer leur pouvoir sur la basse Mésopotamie en prenant Babylone sous salmanazar V. Mais l'âge d'or de l'Assyrie ne s'épanouira que sous ses successeurs les Sargonides à la suite de Sargon II. Le plus grand roi de cette dynastie est peut-être Asurbanipal qui étend l'empire jusqu'à Thèbes en Égypte. La mort de celui-ci créé , comme souvent, des troubles à l'empire, le gouverneur de Babylone Nabopolassar (père de Nabuchodonosor II) fait sécession. Seulement cinq ans plus tard, alliant avec les Mèdes d'Iran, il attaque victorieusement l'Assyrie et fait tomber les grandes cités les unes après les autres ce qui va contribuer à éteindre définitivement la flamme assyrienne.
La civilisation assyrienne est intéressante à de nombreux égards. Le principal cliché la concernant parle d'une civilisation cruelle et sans pitié. Certes, mais la vraie question est : était elle pire que les autres ? Une chose est sûre, elle a beaucoup utilisé la propagande faisant publicité de son intransigeance... Au point de vue religieux, le Dieu Assur a supplanté Marduk, illustration : l'ordalie de Marduk, texte dans lequel Marduk est jugé pas Assur. Pour rester dans le domaine de la justice, pensons aux 14 tablettes retrouvées à Assur nommées les lois assyriennes, elles sont largement inspirées de la loi du talion du code Hammourabi mais en plus strictes. L'art assyrien est quasiment entièrement dévolu à la glorification du roi, s'intéressant moins à la statuaire il développe le bas-relief et la peinture murale comme au palais splendide d'Asurbanipal. L'urbanisme se veut quelque peu anarchique avec des petites ruelles tortueuses sans réels grands axes. Les maisons gardent leurs structures caractéristiques autour d'une cour. Le caractère violent des assyriens ne doit pas cacher leur large avance scientifique sur le reste du monde (mathématiques, médecine, astronomie etc.). En un mot, une culture extrêmement riche...
L'empire neo babylonien (625 - 539) est le dernier empire ayant réellement pris naissance en Mésopotamie, il est pour beaucoup incarné par Nabuchodonosor II et est , en quelque sorte l'aboutissement de 3000 ans d'histoire. La cité babylonienne dont il est fait largement mention dans la Bible, est lui aussi éphémère mais ô combien riche culturellement. 
Le cadre mondial est marqué par le travail du fer est bien en Afrique qu'en Asie, les Celtes et les Étrusques sont à leur apogée alors que les athéniens théorisent leur démocratie avec Solon et fondent des colonies telles que Marseille. Parallèlement les araméens prospèrent et la route de la soie commence à voir le jour. Autrement appelés les chaldéens, les babyloniens sous le contrôle de Nabuchodonosor II écrasent les égyptiens et toute concurrence à l'échelle de la Mésopotamie. Il arrive même à contrôler l'empire jusqu'à la côte méditerranéenne : le royaume d'Israël où il place Joachim qui, trois ans plus tard en 597 va se rebeller contre son souverain. Pour parer à tout sursaut des juifs, il les exile à Babylone ; très largement relaté dans l'Ancien Testament écrit par les élites juives déportées. On remarque qu'à cette époque les mythes tels que ceux du déluge de Atrahasis ou de Sargon d'Akkad sont très en vogue dans la Babylone contemporaine de ces événements d'où les troublantes ressemblances qu'on y trouve. Par ailleurs, les Phéniciens de Tyr ont mis le grand roi en échec pendant 13 ans avant d'abandonner la conquête. Ses successeurs vont mener progressivement l'empire à sa perte sur fond de lutte d'influence et d'incompétence. C'est le roi Cyrus II, premier roi de l'empire perse qui mettra un point final au rêve babylonien.
Rêve, Babylone ville de rêve, et une capitale culturelle mais aussi cultuelle. En effet, elle se distingue par ses 43 temples tous plus démesurés les uns que les autres. La ziggourat (assimilée à la tour de Babel biblique) s'étend, de côté comme de hauteur, sur 90 m : un escalier mène un temple au sommet de celle-ci dédiée à Marduk. Il convient aussi de citer la porte d'Ishtar au Nord, 900 m de longueur, bleu - lapis-lazuli, ornée de lions , de taureaux et de dragons. Des populations diverses et variées ont dûes la franchir car elle était au carrefour de nombreuses influences (mythe de la tour de Babel). Signalons aussi que la ville était ceinte d'une muraille de 25 m doublée de douves. Comme si sa magnificence réelle ne suffisait pas, des auteurs non mésopotamiens l ont affublée de jardins suspendus si éblouissant qu'ils faisaient partie des sept merveilles du monde. Pour autant, les recherches archéologiques n'en ont pas trouvé trace, ou peut-être à Ninive, mais rien de certain.
Les perses de Cyrus s'étant emparés de Babylone en 539 avant Jésus-Christ installent un prolongement de leur empire sur la Mésopotamie. Cyrus permet aux juifs de rejoindre Jérusalem et les aide même à reconstruire leur temple. Les Achéménides couvrent le territoire de satrapies (découpage administratif). Ils ne cherchent en rien à imposer leur culture. Pendant que la Chine voit les « royaumes combattants » s'affronter - ils édifieront la muraille au siècle suivant - et la Grèce atteindre son apogée, Darius I conquiert toute l Anatolie faisant géographiquement face aux Grecs. Les conflits ne manqueront pas d'éclater entre les deux : les guerres médiques contre Xerxès notamment. On retient conventionnellement la date de 330 pour parler de la fin de la Mésopotamie antique. En effet, Darius III est défait par le macédonien Alexandre III le Grand à ce moment.
 

 

L'envoûtante Mésopotamie antique est sur bien des aspects le « berceau de la civilisation ». Plus d'un nom résonnent à nos oreilles : sumériens, assyriens, Babylone, la Bible etc. Ouvrant la voie dans des domaines aussi différents que : l'écriture, le transport, l'architecture, l'art, le droit, l'astronomie ou la médecine c'est une civilisation incontournable pour qui veut se tourner vers ses origines. Le dégoût est d'autant plus grand lorsqu'on voit la désinvolture avec laquelle l'armée américaine a littéralement piétiné ses trésors. De surcroît, les scientifiques contemporains payent aujourd'hui les excès de leurs prédécesseurs qui se sont servis outrageusement dans cette mine inestimable. En effet, des états tels que la Syrie refusent désormais de laisser chercher les archéologues en dehors d'une tutelle locale dont ils se seraient bien passés. Pour autant, bien qu'aucune découverte majeure n'ai été faite depuis 20 ans des entrepôts entiers d'antiquités n'ont pas été encore exploités, c'est pourquoi les articles traitants de ce sujet n'ont en rien déclinés, bien au contraire. L'assyriologie a encore nouveaux jours devant elle.
Voilà, qu'en pensez-vous ?
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Qui ne comprend pas un regard, ne comprendra pas non plus un long discours


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MessagePosté le: Sam Oct 2 2010, 20:01    Sujet du message: Publicité

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atahualpa
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MessagePosté le: Sam Fév 19 2011, 15:36    Sujet du message: Synthèse sur la Mésopotamie Répondre en citant

Bonjour à tous,
Pour ceux que ça intéresse,je propose d’approfondir un tout petit peu en vous parlant du traité Égypto hittite suivant de quelques années la célèbre bataille de Qadesh (à peu près 1274 avant Jésus-Christ) :
Avant tout, représentez-vous bien  que le Proche-Orient, au XIIIe siècle avant Jésus-Christ, est déjà et depuis longtemps le centre des attentions politiques des puissances locales. En effet, de par sa proximité avec l’île de Chypre et ses richesses en cuivre , d’où d’ailleurs l’étymologie de son nom(qui allié avec l’étain compose le bronze lui-même nécessaire à la fabrication d’ustensiles ou d’armes etc.) et son ouverture sur la Méditerranée qui a valu à des cités comme Ugarit ou Byblos leurs heures de gloire dans le commerce. On a retrouvé des produits mettant en évidence un commerce depuis la Mésopotamie jusqu’à l’Europe occidentale (Espagne actuelle).De plus, et entre autres raisons, cette région est célèbre pour deux richesses naturelles : le cèdre (toujours célèbre au Liban)et le cheval. Le cheval que les Hourrites domestiquaient fort habilement.C’est aussi par cette particularité que des historiens ont émis l’hypothèse d’une origine Hourrites pour les Hyksôs du delta du Nil. Notez que certains voient dans les Hyksos les ancêtres des hébreux mais cette hypothèse est déjà écartée depuis un moment.
Les Hourrites composaient l’essentiel de la population du royaume de Mitanni (dont les élites étaient indo-aryennes) ; royaume qui lui-même exerçait son influence de puis le Zagros jusqu’à la région qui nous préoccupe.il y a d’ailleurs longeant le Zagros cette célèbre route commerciale.Notons que Le Mitanni est alors divisé en deux : à l'ouest, Shattiwazza soutenu par les Hittites du roi Arnuwanda II et à l'est Shuttarna III soutenu par l'assyrien Assur-uballit I. Donc le Nord de la côte méditerranéenne est sous influence hittite alors que le sud connaît, depuis l’ouverture du Nouvel Empire l’influence égyptienne. Deux influences antagonistes dont la crise paroxystique fut la bataille de Qadesh (aux environs de 1274) alors que l’issue reste discutée. En fait, les assyriologues tendent à penser que les deux étaient gagnants (ou perdants, c’est selon). Chaque souverain développant à son retour une habile propagande affirmant avoir littéralement écrasé son adversaire.Toujours est-il que le statu quo reste de mise pendant peut etre une quinzaine d’années. Pourtant différentes raisons comme la montée en force des assyriens (et des famines ainsi que des épidémies à l’intérieur) pour les Hittites et l’apparition des Philistins un Peuple de la Mer (les Pelesets des textes égyptiens) pour les Égyptiens poussent les deux puissances à s’allier.
C’est donc ce traité , contracté entre Ramsès II et Hattushili III ,qui est important car il est le plus ancien attesté dans les deux camps opposés et ce par des copies à Hattusha et à Thèbes(Copie de la version du traité égypto-hittite retrouvée à Hattusha (Musée Archéologique d'Istanbul)).L’intérêt est donc de pouvoir les comparer.. Par exemple il est difficile à interpréter que les préambules soient notoirement différents : en effet, la version Hittite met beaucoup plus de formes(les Hittites en position de faiblesse ?) que la version Égyptienne qui mentionne que le traité  est issu d’un état de guerre.  On peut noter que la diplomatie de l’époque se faisait en langue akkadienne de dialecte babylonien.
 

 

            Il se caractérise donc par la volonté d’une stricte symétrie dans les termes du traité pour les deux contractants. Ce traité a une valeur éternelle, d’ailleurs il est intéressant de noter qu’il sera respecté jusqu'à la chute de l’empire Hittite à peu près 80 ans plus tard .La raison en est indubitablement le fait que ce traité soit garanti par les plus hautes autorités : les dieux. C’est aussi pour cela que le traité est gravé sur une tablette d’argent et non d’argile ; D'autant plus que cette tablette est a priori entreposée dans le grand temple de la capitale hittite, auprès des divinités. Mais on n'en sait pas plus sur cette symbolique, car on n’a rien retrouvé traitant de ce sujet. Une tablette de traité en bronze a pourtant été retrouvée à Hattusha, et d'autres textes mentionnent le fait que cette pratique est courante au moins au XIIe siècle mais cela concerne les traités avec les vassaux ; entendez par « vassaux » des cités relevant d’une influence d’un royaume supérieur.Vu que le traité égypto-hittite est le seul à notre disposition à avoir été conclu par les Hittites avec des égaux pour cette période la comparaison est impossible.En conséquence, on ne peut pas vraiment s’avancer beaucoup plus que cela sur le matériau sur lequel est gravé le traité.
 Toutefois, tout porte à croire que le traité est d’inspiration hittite : en effet, il semble que la tradition du traité ne se retrouve pas avant  dans cette culture alors que les égyptiens pouvaient se contenter d’accords oraux en le scellant par un mariage. C’est d’ailleurs ce qui accompagne le traité : une princesse Hittite est offerte en mariage a Ramsès II. Par ailleurs, le fait de retrouver le plan qui sera toujours repris dans les traités de l'Orient Ancien ( invocation des dieux protecteurs, clauses du traité, puis malédictions contre celui qui enfreindrait ce traité) est aussi significatif. Si ce traité, contrairement à ce qu’on peut lire régulièrement, n’est pas le premier de l’Histoire, il est unique pour de nombreuses raisons…
Voilà, je remercie ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’à la fin. Et j’attends avec impatience vos réactions.
Amicalement.

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Qui ne comprend pas un regard, ne comprendra pas non plus un long discours


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:17    Sujet du message: Synthèse sur la Mésopotamie

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