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problemes agricoles

 
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atahualpa
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MessagePosté le: Mar Déc 28 2010, 18:32    Sujet du message: problemes agricoles Répondre en citant

Bonjour à tous,
Il semble que ce soit depuis une thèse soutenue par le moderniste Pierre Chaunu que dans son sillage(je crois me souvenir que Georges Duby dans guerriers et paysans de même que Jacques le Goff dans civilisation du Moyen Âge occidental la reprennent à leur compte), les médiévistes tiennent cela pour acquis.
L’idée est que, grossièrement,à la fin du XIIIe siècle, le monde de l’Europe occidentale est plein : les grands défrichements sont du passé, et les rendements marginaux de l’exploitabilité des terres aient fini leur décroissance(un des pans de la théorie de Ricardo : théorie des rendements décroissants des terres).les paysans, mettant en culture prioritairement les sols les plus fertiles, laissant pour plus tard ceux qui le sont moins, le mouvement touche donc à sa fin. Le constat des sols appauvris,est indiscutable, ce qui n’interroge c’est le processus…c’est vraiment très rationnel, digne d’une rationalité des économistes néoclassiques. Si je veux être de mauvaise foi, en caricaturant à outrance, je demanderai s’ ils avaient leur PHmètre pour arriver à des conclusions si précises. En vérité, j’imagine qu’ils voulaient dire que par tâtonnements, empiriquement, les choses se sont passées de la sorte.
Je ne sais pas si les études récentes ont actualisé le fait décrit ci avant, mais je me demandais si l’on a conclu à cette rationalité exemplaire parce qu’il ne pouvait en être autrement, ou est-ce qu’il y a des textes mentionnant ce genre d’état d’esprit (des paysans délaissant telle parcelle car trop dure à travailler) ?
Notons que je ne doute en rien de la rationalité de nos ancêtres, la question porte bien plus sur la méthode avec laquelle on leur a plaqué ce genre de rationalité digne d’un ingénieur agricole.
Merci d’avance,
A vous et bien à vous.
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MessagePosté le: Mar Déc 28 2010, 18:32    Sujet du message: Publicité

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L'ancien
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MessagePosté le: Jeu Mar 17 2011, 11:06    Sujet du message: problemes agricoles Répondre en citant

Le sujet date un peu et je constate que vous n'avez pas eu de réponse à vos questions.
Premier constat que j'ai fait pas moi-même, qui n'aie aucune compétence en agriculture, lorsque je me suis mis à faire du jardinage : sans employer d'engrais chimique, il y a des plantes qui poussent mieux dans certaines terres que d'autres. Et puis, il y a des années où certaines plantes ne parviennent pas à pousser et où les arbres ne donnent pas de fruit.

Second constat les années suivantes : même si certaines plantes donnent correctement (dans ma région, c'est la pomme de terre ou le framboisier par exemple), au fil du temps, on a l'impression qu'elles retournent à une espèce de "vie sauvage", elles ne donnent plus le même rendement et l'aspect du plant en lui-même est moins joli.

Alors, certes, je n'ai pas procédé de manière empirique pour palier à cela. J'ai ouvert, en homme instruit, un livre expliquant les techniques d'assolement et de fabrication du compost. Mais, au Moyen-Age, rien de cela : l'homme du Moyen-Age vit en contact avec la nature. La terre est à proprement parler sa vie : avec les faibles rendements qu'il obtient, le carême est souvent pour lui une réalité difficile à vivre, mais indispensable car il n'y a plus rien à manger et le peu qui reste doit servir à ensemencer pour l'année qui démarre.

Ainsi donc, il observe. Il se rend compte que les coteaux orientés au sud sont grillés par le soleil et donc plus propice à cultiver des plantes ayant besoin de beaucoup de lumière et moins d'eau, comme la vigne. Il optimise aussi la quantité de plantes qu'il peut faire pousser dans le même espace et porte une attention toute particulière au labour. Les archives départementales du Nord (avec de grandes plaines propice à une exploitation intensive de la terre) nous apprennent que déjà au XVIème siècle, les hommes avaient classé les plantes en deux catégories : "les moissons y sont distribuées avec intelligence ; celles qui nettoient et améliorent le sol suivant celles qui le gâtent et l'épuisent".

Mais, cette classification remonte à bien plus longtemps : des documents datés du XIIIème montrent que déjà à l'époque, on découvre le profit de ne pas toujours cultiver la même plante dans la même terre. A lire à ce sujet :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1956_…

On peut d'ailleurs comparer l'agriculture européenne à ce qui se pratique ailleurs dans le monde à la même époque. Pour moi, ce sont les techniques agricoles des peuples mésoaméricains (ex : le maïs) qui se rapprochent le plus de ce qui se pratique en Europe. Ils s'appuient sur un système "mixte" : on utilise le limon des marécages en même temps qu'une rotation des cultures.

Là où je vous rejoins, c'est que tout ceci reste effectivement empirique. On se transmet le savoir et la connaissance d'un terroir de génération en génération. Il faudra attendre les progrès de l'alphabétisation, au XVIIIème siècle, pour voir les rendements décoller avec une connaissance plus "scientifique" de la botanique.


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atahualpa
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MessagePosté le: Jeu Mar 17 2011, 21:00    Sujet du message: problemes agricoles Répondre en citant

Oui oui, mais en me relisant, je le comprends même plus le sens de ma question...
À croire que c'était juste un « coup de gueule » après une lecture trop déterministe de l'histoire.
Ceci dit, merci de votre réponse.
Bien à vous.
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Jean-Marc Labat
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MessagePosté le: Ven Avr 8 2016, 17:02    Sujet du message: problemes agricoles Répondre en citant

Le problème de l'agriculture jusqu'au XIXe siècle, c'est qu'il n'y a pas d'engrais. L'engrais est fourni par les excréments d'animaux, bien insuffisants pour fumer les terres. Les terres les plus ingrates sont soumises à l'assolement biennal, les plus riches au triennal, car les plantes n'épuisent pas le sol de la même façon. L'orge et le seigle ont les plus forts rendements, 4 à 5 grains récoltés pour un semé, le froment va de deux à trois, et le paysan n'en sème que pour payer ses redevances. Sur les terres très pauvres, comme en Bretagne, on sème le sarrasin après la récolte qui a la particularité de venir en quatre mois.


Les techniques agricoles ont toujours évolué, un ouvrage comme Terres mouvantes de Moriceau montre cette évolution, et montre l'évolution des terroirs.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:43    Sujet du message: problemes agricoles

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