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Camp du Drap d'Or

 
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orev
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MessagePosté le: Sam Fév 19 2011, 20:22    Sujet du message: Camp du Drap d'Or Répondre en citant

Le Camp du Drap d’or, surnommé le Bivouac de Luxe, fut la rencontre de 2 rois en juin 1520 : François 1er roi de France et Henri VIII roi d’Angleterre, afin de conclure un traité d’amitié pour combattre l’offensive de Charles Quint. Il en aura couté 200 000 livres à l’Etat, mais Charles Quint gagne encore la partie…
 

Pourquoi cette entrevue ?
Les élections du nouveau représentant du Saint Empire romain germanique sont à l’origine du camp du Drap d’Or. François 1er et Charles de Habsbourg, roi d’Espagne sont en « compétition ». Une assemblée de 7 personnages importants (les archevêques de Cologne, de Mayence, de Trêves, le roi de Bohême, le duc de Saxe, le comte palatin du Rhin et le margrave de Brandebourg) choisissent le nouvel empereur germanique, en principe en fonction de l’intérêt politique de l’un ou de l’autre, mais en réalité en fonction des sommes d’argent reçues de l’un et de l’autre. François 1er dépense 3 000 000 écus afin de se faire élire, mais ne réussit pas. Le roi d’Espagne s’attache le banquier Jacob Fugger qui amasse plus de fonds que le roi de France. Ainsi le 28 juin 1519, Charles de Habsbourg devient l’empereur Charles Quint !
A partir de ce jour, les 2 rois vont se vouer une haine féroce, de sorte que François 1er doit consolider ses alliances, en particulier avec le roi d’Angleterre. Il le convie donc à une rencontre en juin 1520.
 

Les préparatifs
Près de Calais, le roi de France va recevoir le roi d’Angleterre. 5 000 ouvriers participent aux travaux d’aménagement, 2 villages sont construits, 500 tentes sont installées, recouvertes de velours ou de drap d’or, parées des armes des futurs occupants et au sommet de chacune est montée une pomme d’or.
Une tente plus grande que les autres, comportant 4 grandes salles,  émergeant de l’ensemble est surmontée d’une statue de Saint Michel terrassant le dragon : c’est celle du roi de France. Celle du roi d’Angleterre ressemble à un château de bois, de toile et de verre, les fenêtres sont en trompe l’œil. Les autres tentes sont attribuées aux reines Claude de France et Catherine d’Aragon, aux grands personnages tels le connétable de Bourbon, le cardinal Thomas Wolsey, la comtesse de Chateaubriand (maitresse de François 1er), toutes sont drapées de soieries de Tours.
Les seigneurs heureux de participer à cette rencontre, se ruinent et vendent tous leurs biens pour construire ces tentes et porter des habits d’apparat. Des témoins de l’époque rapportent qu’ «  ils portent leurs moulins, leurs forêts et leurs prés sur leurs épaules » !
Dans cette plaine des Flandres, ce ne sont qu’étendards et oriflammes brodés, baladins, comédiens qui répètent leurs spectacles, des gentilshommes du royaume croisant des dames en grande toilette, le tout au son des cors et des trompettes.
 

L’entrevue
Les 2 rois choisirent la plaine entre Guînes (terre anglaise) et Ardes (terre française). Henri VIII (29 ans) et François 1er (25 ans) se rencontrent le 7 juin : précédés chacun de leur connétable, montés sur de grands chevaux caparaçonnés d’argent, ils se rejoignent au son du canon…à la même seconde ! Le futur « protocole ». Le roi de France est vêtu de blanc et chaussé d’or, le roi d’Angleterre vêtu d’argent, de pierres précieuses. Chacun est suivi par leurs escortes composées de 400 archers et 400 hommes d’armes.
A un endroit spécifique, matérialisé par une lance, les 2 rois continuent seuls, se saluent, s’embrassent, descendent de cheval et se donnent l’accolade. Remontés à cheval, ils rejoignent la tente prévue pour leur 1ère rencontre, accueillis par leurs connétables. Au bout d’une heure de discussion, ils sortent bras dessus-bras dessous, éclatant de rires francs, pour se rendre à leurs tentes respectives.
C’est le début d’un mois de festivités, de repas somptueux (environ 2 000 moutons, 700 congres, 50 hérons, 4 boisseaux de moutarde, accompagnés de vin de Malvoisie, de clairet, de vin de Bourgogne et de Bordeaux ; en 48h sont servis 248 plats), de bals, de spectacles, de danses. Le 9 juin, vient le temps des tournois et combats de toutes sortes. Au fil des jours, les 2 rois se rendent compte qu’ils ont des points communs : le sport, l’art et les femmes. Cerise sur le gâteau : ils s’expriment en Français.
Ils sont « si bien ensemble » que François 1er va un matin se précipiter dans la tente d’Henri VIII…pour être le 1er à lui tendre sa chemise. A la cour, c’est un honneur d’habiller le Roi. Mais la bonne entente va se gâter : lors d’un combat à main nu, François 1er propose à Henri «  Mon frère, je veux lutter avec vous »…et avant qu’Henri ne réagisse, le roi de France lui saute dessus et le maîtrise ! Ce geste de supériorité n’est pas du gout d’Henri, il s’en souviendra… Puis c’est le concours à l’arc…le vainqueur est Henri VIII.
Le 23 juin, le cardinal Wolsey (connétable du roi Henri VIII) célèbre la messe, aidé par le légat du pape et 20 évêques français et anglais, suivie d’un grand déjeuner sur l’herbe, de tournois et de combats. Le lendemain, les reines échangent des cadeaux.
 

La déception du roi de France
Le 25 juin, les anglais et les français se quittent, François 1er reçoit une vague promesse d’amitié. Sa maîtresse, la comtesse de Châteaubriant l’avait prévenu «  il vous faut se méfier de cet homme. Quand ses yeux vous contemplent, ils reflètent parfois quelques lueur de fausseté ».
Henri VIII vient à peine de quitter le roi, qu’il rencontre son neveu Charles Quint à Gravelines. Celui-ci  l’accueille modestement et s’occupe parfaitement de sa personne. Charles Quint a gagné une nouvelle victoire !
Henri VIII  a été blessé par la supériorité de François 1er, sa puissance, son charme, ses largesses, lui qui n’a pas le tiers de ce que possède le roi de France, ni en argent, ni en armée, ni en qualité.
 

 

 

François 1er et la Renaissance – Gonzague Saint Bris
La France de la Renaissance – Arlette Jouanna
 
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MessagePosté le: Sam Fév 19 2011, 20:22    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun Fév 21 2011, 11:30    Sujet du message: Camp du Drap d'Or Répondre en citant

Pour moi, cette entrevue est le début de la redistribution des cartes dans le jeu politique européen.

Désormais, bien qu'il essaye toujours (et jusqu'à Louis XV cela sera le cas) de reconquérir le royaume issu de l'héritage de Charlemagne, le roi de France n'a plus comme ennemi héréditaire l'Angleterre. La fin de la guerre de Cent Ans a achevé la reconnaissance sur le plan international de la dynastie des Valois à la tête du royaume de France, au détriment des Plantagenêts. Edouard IV meurt en 1483, laissant place aux Tudors. Une page est tournée.

En revanche, depuis le traité de Tordesillas (1494), toute l'Europe sait que les richesses vont venir de l'Atlantique et non-plus de la Méditerranée. Gênes et Venise commencent leur irrésistible déclin, tandis que l'Espagne et le Portugal sont en première ligne pour prendre le monopole du commerce international. Une nouvelle page est en train de s'écrire, à nouveau sans la France.

Quel intérêt donc pour François 1er de se faire élire Empereur ? Quel intérêt pour l'Angleterre de prendre part à ce problème politique propre au continent ? Pour moi, ceci est un prétexte fallacieux qui masque effectivement le besoin pour le roi de France renforcer son alliance avec le seul autre pays chrétien ayant une façade sur l'Atlantique, l'Angleterre, et ainsi venir contre-balancer la puissance montante des pays ibériques.

S'ajoute à cela des considérations religieuses : en Angleterre, Henri VIII est sur le point de rompre avec Rome. Dans le Saint-Empire, justement, Luther vient de publier ses thèses et un peu partout en Europe, sauf justement en Espagne et au Portugal, qui ont le soutien pontifical, l'autorité du Pape est remise en cause.

Pour moi, donc, le 24 juin 1520, François 1er lance, maladroitement peut être, une invitation à Henri VIII : joignons nos forces contre l'Espagne et le Portugal, avant que ceux-ci ne prennent autant d'importance que Gênes et Venise et ne nous écrase économiquement.


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Flavien
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MessagePosté le: Lun Fév 21 2011, 13:27    Sujet du message: Camp du Drap d'Or Répondre en citant

Je me suis régalé à vous lire tous les deux 

Effectivement, Henri VIII me semble parfois être un roi pour qui la fierté personelle veut dire quelque chose, et quand à la puissance espagnole elle finira par atteindre son apogée à la fin du XVIème siècle, conséquence de son immense richesse coloniale. La France rentrera assez vite dans une période troublée après François Ier par-contre (avec notamment les guerres des religions mais pas seulement).


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:37    Sujet du message: Camp du Drap d'Or

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