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La guerre de Cent Ans

 
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Amiral Nelson
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MessagePosté le: Jeu Fév 24 2011, 20:22    Sujet du message: La guerre de Cent Ans Répondre en citant

Je m'interroge souvent sur ce long conflit qui opposa la France et l'Angleterre, et qui débuta par la revendication du duc-roi d'Aquitaine Edouard III (né en 1312, roi de 1327 à 1377) à la couronne de France, et, après bien des flux et reflux de la situation militaire, se conclut en 1453 par la bataille de Castillon, près de Bordeaux, et la réunion définitive au domaine royal du duché dont Bordeaux est la capitale. De ce long conflit, chacun en connaît les batailles les plus connues : l'Ecluse en 1340 (à l'embouchure de l'Escaut), Crécy (1346), Poitiers (1356) avec la captivité de Jean II le Bon, le traité de Brétigny (1360), Azincourt (1415), le traité de Troyes (1420), l'épisode de Jeanne d'Arc, la réforme de l'armée française avec les compagnies d'ordonnance, et enfin la reconquête progressive.

Mais cette guerre fut souvent interrompue par de nombreuses trêves. Mobiliser, dans une France d'une quinzaine de millions d'habitants, comme dans une Angleterre de moins de 10 millions d'âmes, coûte cher. Selon les méthodes du temps, les rois soldèrent des mercenaires, pour la France par exemple ces arbalétriers génois, pour l'Angleterre ces fameux archers gallois. L'équipement de la chevalerie restait à la charge de chacun, en ce temps où l'armure se complexifiait. A chaque trêve conclue, l'état-major des chevauchées anglaises comme celui de l'ost royal français laissait les troupes vivre sur le pays. Ce fut l'origine des appellations "grandes compagnies" et "écorcheurs" que les historiens placent, traditionnellement, avant 1380 (mort du roi Charles V le Sage) pour les premiers, et après 1420 (traité de Troyes) pour les seconds.

Je vais essayer de parler d'abord des causes, puis je présenterai les débuts malheureux pour la France (de 1340 à 1360), le redressement temporaire de la France sous Charles V et Du Guesclin (1364-1380), l'exploitation anglaise de la guerre civile que la folie du roi Charles VI engendre et la double monarchie (1407-1435). Et enfin de la reconquête progressive jusqu'en 1453. Alors, pourquoi 1435 représente-t-elle une année charnière ? C'est à cause du traité d'Arras qui rétablit la paix entre Charles VII et Philippe le Bon, duc de Bourgogne, le grand duc d'Occident, à l'époque la première principauté féodale coincée entre l'est de la France et le Saint-Empire, et allié aux Anglais pour venger la mort de son père Jean sans Peur à Montereau (1419).

On le comprend, les batailles rangées traditionnelles furent rares, cette guerre s'est caractérisée par de nombreux coups de mains. Les villes imporantes, qui avaient été habituées depuis les XIIe-XIIIe siècle à une certaine absence de conflits majeurs et surtout à une conjoncture économique favorisant le développement et le commerce avec les encouragements des grands Capétiens (Philippe Auguste, Saint Louis et Phillippe le Bel), se remirent à réédifier des remparts. L'Anglais, malgré sa population moindre, avait l'initiative des opérations, des chevauchées dévastatrices, toutes commandées, on le verra, par des chefs redoutablement expérimentés (John Talbot, le comte de Salisbury, le Prince Noir, Henri V de Lancastre...), qui ruinèrent les campagnes avant de rembarquer. J'essaierai de montrer enfin comment notre pays sortit exangue de cette guerre, et la grande force de Louis XI fut de l'avoir compris dès son plus jeune âge pour tenter, une fois devenu roi, de restaurer son économie et le reconstruire.
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(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte V, scène 5)


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MessagePosté le: Jeu Fév 24 2011, 20:22    Sujet du message: Publicité

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L'ancien
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MessagePosté le: Ven Fév 25 2011, 11:44    Sujet du message: La guerre de Cent Ans Répondre en citant

Je me permets de proposer une carte, qui permet de mieux comprendre l'aspect "géo-politique" de ce conflit :



Cette carte est au tournant des premières campagnes, juste après la capture de Jean II le Bon : la Flandre, jusqu'alors alliée à la France par le mariage de Louis de Flandre à Marguerite de France (fille de Philippe V), passe dans les mains des ducs de Bourgogne par les mariages en 1357 et 1369 de Marguerite de Flandre avec les premiers ducs de Bourgogne (Philippe de Rouvres, mort en 1361, puis Philippe le Hardi).

Domrémy, village natal de Jeanne d'Arc, est dans le petit cercle bleu (domination française) à l'est de Troyes.


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Ringo
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MessagePosté le: Ven Fév 25 2011, 16:58    Sujet du message: La guerre de Cent Ans Répondre en citant

Je connais bien le sujet, car il est celui de mon site !
Pour la revendication du duc-roi Edouard il y a déjà beaucoup à dire ! J'attend la suite avec impatience  
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http://www.guerre-de-cent-ans.com/


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Amiral Nelson
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MessagePosté le: Sam Avr 2 2011, 18:01    Sujet du message: La guerre de Cent Ans Répondre en citant

Les causes de la guerre de Cent ans
Oui,  je reviens de mon séjour bordelais, où j'ai bien sûr entendu parler du Prince noir, du captal de Buch (Jean de Grailly) à La Teste de Buch (bassin d'Arcachon), de l'archevêque Pey-Berland et de sa défense de Bordeaux face à une armée conduite par Louis d'Orléans en 1407, l'année même de son assassinat rue Barbette, à Paris... Que de souvenirs !

J'ai tendance, adoncques, braves gens, à aborder cette longue guerre de Cent ans de manière un peu "scolaire", c'est-à-dire surtout chronologique. Ringo rappelle l'année 1152 dans son site : c'est l'année du mariage entre l'unique héritière de l'Aquitaine et du Poitou, Aliénor ou Éléonore, et Henri II dit Plantagenêt, roi d'Angleterre, comte d'Anjou, de Touraine et du Maine par héritage paternel. Henri II édifie donc un empire, dit l'empire Plantagenêt comme l'appelle Jean Favier dans son ouvrage Les Plantagenêts, aux éditions Fayard. Il convient de mettre une carte :
 

C'est une situation inédite : Henri II est à la fois roi et duc. En qualité de duc, il est lié par l'obligation d'hommage au roi de France. Cela l'humilie donc, parce qu'un roi doit-il s'incliner face à un autre roi ? Pour préciser le dilemme, rappelons qu'Henri est roi d'Angleterre du fait de sa mère, Mathilde d'Angleterre, fille d'Henri Ier Beauclerc, le dernier fils de Guillaume le Conquérant. Henri a vaincu et écarté de la succession le comte de Blois, Étienne. Quant à Aliénor, c'est une femme ambitieuse et avide de pouvoir, et elle a récemment divorcé d'avec Louis VII, sans lui donner d'héritier mâle. Aliénor est l'unique héritière de ce vaste ensemble territorial figuré en rose plus clair sur la carte. Pour le roi de France, trop gentil, trop débonnaire, d'une piété qui annonce celle de Louis IX, c'est un échec. Son ensemble territorial (figuré en vert sur la carte) semble écrasé sous la domination du Plantagenêt. Henri II s'estime donc d'une puissance territoriale supérieure à celle de Louis VII.

J'aurai l'occasion de parler de tout ce que m'a apportée la lecture des Plantagenêts de Jean Favier, des talents d'administrateur d'Henri, de sa réussite à accorder des intérêts aussi différents d'un Normand et d'un Bordelais, ce qui n'est pas évident à première vue : en témoignent les multiples rixes entre Normands et Bordelais sous le règne de Philippe le Bel. Je me demande simplement si l'une des motivations du léopard anglais à accepter plus tard, à Brétigny, de renoncer à ses droits à la couronne de France contre un substantiel dédommagement territorial ne vient pas, en partie, du souvenir de l'empire d'Henri II. Mais n'anticipons pas plus, simplement pour rappeler comment les conquêtes de Philippe Auguste (Normandie) ont suscité un désir anglais de reconquête. Il est tout à fait indiqué de montrer la carte du royaume de France à l'avènement (1180) et la mort du grand Philippe II Auguste (1223) :



Durant sa conquête du domaine territorial français du roi-duc, Philippe Auguste fait main basse sur l'ensemble de l'héritage des comtes d'Anjou, du Maine et de Touraine. Il ne reste au Plantagenêt Jean sans Terre, roi d'Angleterre depuis 1199, qu'une partie de l'ancien duché de Guyenne (j'en profite au passage que l'appellation "Guyenne" est une déformation anglaise du mot "Gironde"). Le Plantagenêt, en 1223, à la mort de Philippe, ne devra hommage au roi de France que pour le duché d'Aquitaine uniquement.

On sait comment Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste et père de Saint Louis (IX) inaugura la politique des apanages pour ses fils cadets, en particulier pour Charles Ier d'Anjou, qui fut l'ancêtre de la première dynastie capétienne d'Anjou, de Touraine et du Maine. La seconde dynastie des Valois d'Anjou portera le titre de duc par décision du roi Jean II le Bon. En quelques mots, un apanage est un ensemble de terres destiné à assurer un gouvernement provincial et un titre de noblesse à un proche du roi, en contrepartie théorique de la fidélité du prince au roi. L'apanage devra revenir dans le domaine royal au cas où l'héritage successoral tombera en des mains féminines. Et il fournira enfin de l'ost au roi. Géographiquement, les terres de Charles Ier d'Anjou formèrent donc un coussin protecteur entre le Plantagenêt et le domaine royal.

Quant à la Normandie, c'est un paradis pour les percepteurs d'impôts royaux. Le Capétien la garde donc étroitement sous son giron. Aucun des frères de Saint Louis n'en fut duc. Le fils de Jean sans Terre, Henri III, essaie de reconquérir les possessions de ses ancêtres. Il est vaincu à la bataille de Taillebourg.
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Eusebes
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MessagePosté le: Sam Juin 25 2011, 20:31    Sujet du message: La guerre de Cent Ans Répondre en citant

Cela peut paraitre antipatriotique, mais aujourd'hui je me demande si les barons n'auraient pas mieux fait d'accepter Edouard III roi de France, quand bien meme ses prétentions étaient contestable d'un point de vue dynastiques. L'argument "la france est une monarchie nationale, nous ne voulons pas d'un prince étranger" était creux: Edouard III était français par sa mère, il avait passé une partie de sa jeunesse en France (en Guyenne), il parlait la plupart du temps français  et était admirateur de la culture française (il s'est inspiré de Chrétien de Troyes et de Marie de France pour créer l'Ordre de l'Etoile). Il aurait fait un au moins aussi bon roi de France que les premiers Valois plutot calamiteux, Philippe VI et Jean II... Par ailleurs l'Angleterre était toujours imprégnée, surtout du coté de la noblesse, de traditions françaises, et nombre de seigneurs français et anglais possédaient des terres de l'autre coté de la Manche.

A mon avis, si Edouard III avait revetu l'habit de fleurs de lys, ce ne serait pas la France qui serait devenue anglaise, mais l'Angleterre qui serait devenue définitivement française. Ce scénario s'est déjà produit olus d'une fois dans l'histoire: lorsque Jacques VI d'Ecosse est devenu le roi Jacques Ier d'Angleterre en 1603, ce n'est pas l'Angleterre qui fut annexée à l'Ecosse, mais l'Ecosse qui perdit petit à petit son indépendance, la monarchie des Stuarts s'anglicisant très rapidement, jusqu'à etre intégrée contre son gré dans le Royaumes-Unis.


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