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Albertine Elisabeth de Nyvenheim

 
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Landry95
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MessagePosté le: Jeu Jan 2 2014, 03:17    Sujet du message: Albertine Elisabeth de Nyvenheim Répondre en citant

Une rivale de Mme du Barry

Fille aînée de Johann Gisbert von Neukirchen genannt Nyvenheim (1705-1792) et de Seina Margriet van Wijhe (1714- ?), Sophie Gertrude Adélaïde Dorothée Catherine Frédérique de Neukirchen de Nivenhein dite Albertine-Elisabeth baronne de Nieukerque née dans les Pays-Bas le 30 octobre 1742. Après Albertine-Elisabeth, le couple Nyvenheim aura encore deux enfants : Bernard von Neukirchen et Dorothée-Charlotte von Neukirchen.


Portrait de la marquise de Champcenetz par Greuze en 1770 


D’une famille noble et protestante mais désargentée, Mlle de Nyvenheim épouse très jeune en 1760 un riche marchand et propriétaire de colonies du nom de Gerhard Pater (décédé avant 1779).

Venue avec lui à Paris, elle s’y fait remarquer par sa beauté et son charme. Le ménage ne brillait semble-t-il pas par l’esprit. Son mari était un riche négociant de Sumatra dont la jalousie avait eu à souffrir, car la belle Hollandaise était constamment entourée d'une meute d'admirateurs.

La première mention à propos de Mlle de Nyvenheim se trouve dans les Mémoires secrets du 14 Janvier 1763 : « Depuis quelque temps on parle beaucoup d'une femme hollandaise, jeune et jolie, nommée Mme Pater, l'épouse d'un riche marchand. Elle a fait l'objet des conversations dans n'importe quel salon, et sous réserve d'épigrammes et de madrigaux [...] Les hommes sont allés en procession pour la voir, et son mari, exaspéré par ses visites, il dit un jour à certains courtisans le raccompagnant : — Messieurs, je suis très sensible à l'honneur que vous me faites de venir ici. Mais je n’y vois pas beaucoup de plaisir. Je me tiens toute la journée avec Mme Pater et le soir je vais au lit avec elle. »

Ceux qui firent connaissance avec elle à cette époque disait d‘elle « qu’elle était grande et bien faite, de beaux yeux tombants, le teint blanc, cheveux bruns, de beaux seins et les jambes bien galbées. Elle a de l'esprit, un fond de sagesse qui se bat constamment avec son penchant au plaisir, et parfois ses émotions sont si fortes qu'elle pleure sans savoir pourquoi. » 

Des propos malveillants couraient sur la vertu de Mme Pater, dans les « Nouvelles à la main », on trouve ce quatrain :

Pater est dans notre cité.
Filius en pourrait bien naître.
Et nous aurons la Trinité.
Si Spiritus en pouvait être.

Son mari trouvait qu'elle s'amusait trop pour son repos et voulait la ramener en Hollande. En fait, il la ramena en Hollande et les époux se séparèrent rapidement. Désormais seule et libre, Mme Pater retourne à Paris sous le nom de baronne de Newkerque ou Nieukerque.

Après avoir été la maitresse de Choiseul, elle sera utilisée par celui-ci dans le but de la faire remplacer dans le lit du roi. Poussée en effet par le duc de Duras, gentilhomme de la chambre, qu'on disait recevoir de Chanteloup des instructions de son ami le duc de Choiseul. L'intrigue était habilement et sourdement menée ; le mariage selon le rite protestant de la Pater était cassé, et un hymen secret devait l'unir au Roi.

Madame du Barry mettait à la porte de ses appartements le duc de Duras, en lui disant que « non-seulement il avait présenté la Pater à Sa Majesté, mais qu'il avait tenu la bougie, qu'en conséquence elle la priait de ne plus remettre les pieds chez elle. »

Elle sera aussi utilisée par d’Aiguillon (ami intime de Mme du Barry) vers la fin du règne de Louis XV pensant que la favorite royale avait cessé d’amuser le monarque.

Un correspondant du prince Dimitri Golitsyne, ancien ambassadeur de Catherine II à Paris, affirme que tout était prévu ; on devait envoyer durant l’été 1774 Mme du Barry se reposer aux eaux de Spa et profiter de son absence pour la remplacer par la Pater. Mais cette intrigue paraît peu rocambolesque. Cet épisode causa une brouille entre d’Aiguillon et Mme du Barry. Il ne devait pas avoir lieu parce que le roi devrait mourir le 10 mai. Et de plus, cette trahison n’en fut pas une.

D’ailleurs, selon les mœurs du temps, on estime que, comme Louis XV ne pouvait rester fidèle éternellement, il faut bien lui proposer quelque nouvelle créature. Mme du Barry sera invitée à tenir le rôle de la Pompadour et à fermer les yeux. Ainsi Terray recommande aussi à la favorite, une certaine Mme d’Armeval, qui passe pour être l’une de ses filles naturelles.

Selon Grimm, « dans les dernières années de l’existence de Louis XV, elle avait eu avec ce prince des relations secrètes si intimes, qu'elle conçut un moment l'espoir de jouer auprès de lui le rôle que madame de Maintenon avait rempli auprès de Louis XIV. »

Le 20 juillet 1779, elle épouse en secondes noces Louis-Quentin de Richebourg, marquis de Champcenetz après une tentative de mariage avec le prince de Lambesc, bien plus jeune qu’elle, qu‘il pourrait être en âge d‘être son enfant.

Troisième épouse du marquis de Champcenetz, gouverneur des Tuileries, elle ne s’entend pas bien avec le fils de ce dernier, le chevalier de Champcenetz qui prétendait qu’elle entretenait avec le prince de Ligne. Au reste, le prince, un homme du monde, avait la réputation d’être un amoureux de belles femmes et à cette époque, la nouvelle marquise de Champcenetz était réputée pour être : "la plus belle femme à Paris à ce moment-là, et peut-être du monde." Même le duc de Lauzun disait que la beauté d'une de ses amies ne pouvait "être comparée à celle de Mme de Champcenetz que Greuze avait peinte dans ses meilleurs moments".

En effet quand Greuze la prend comme un modèle en 1770, elle pose "avec ses cheveux noirs ombragés par un voile de poudre et dissous en boucles sur ses épaules, enveloppés dans une robe de mousseline blanche."

Son mariage avec le marquis de Champcenetz lui laisse des entrées à Versailles. A la cour, elle se lie d’amitié à la comtesse Diane de Polignac qui est la belle-sœur de la duchesse de Polignac, favorite de Marie-Antoinette. Cela lui permet de devenir très vite l’amie intime des Polignac ainsi que celle du comte de Vaudreuil, amant de la favorite de la Reine.

Quelques temps avant la Révolution, Mme de Champcenetz se sépare de son second mari, qui occupe un appartement à Versailles due à la charge qu’il exerce. Elle se retire à Paris et loue un magnifiquement appartement d’un certain Béranger, situé rue faubourg Saint-Honoré. Ancienne maitresse de Louis XV, elle avait hérité d’une partie de la fortune immense de son premier mari, M. Pater, et l’avait investie dans l’immobilier parisien et dans plusieurs résidences dont les châteaux de Neuilly-sur-Seine et de Soisy.

Sa fortune considérable était principalement constituée de revenus pour les mines de diamants et des plantations au Surinam. Après avoir mené une vie paisible et tranquille, elle commence à se mêler de la politique. Selon les dépêches de l'ambassade britannique à Paris, elle commença à se mêler de l'assistance aux réfugiés dans les Pays-Bas.

En 1789, Mme de Champcenetz émigre avec les Polignac d'abord en Suisse avec son mari, puis se rend à Venise et offre sa fortune au comte d'Artois, frère de Louis XVI. Le comte de Vaudreuil, son ami, écrivit qu'elle accomplissait de nombreux voyages entre l'Italie et la France, et fut prise en charge de la correspondance entre Marie-Antoinette, vivant aux Tuileries et la duchesse de Polignac.

En 1791, elle parvient à marier sa nièce Idalie-Jeanne-Lina von Neunkirchen (1775-1862) au fils aîné de Mme de Polignac, Armand de Polignac (1771-1747). Politisée - elle soutint les patriotes hollandais -, Mme de Champcenetz était revenue d’immigration et intriguait avec la comtesse de Rochechouart qui participa au financement de l’acquittement du général Miranda au Tribunal Révolutionnaire. La tête de Mme de Rochechouart, citée et compromise lors du procès des Hébertistes, fut bientôt mise à prix, et elle passa à temps en Suisse devenant un temps la maitresse de William Wickham, chargé d’affaires anglais en Suisse après le départ de sir Robert Fitzgerald.

Mme de Champcenetz fut arrêtée à Neuilly-sur-Seine sous le prétexte de manœuvres contre-révolutionnaires et correspondances avec l’émigration. Elle était déjà détenue aux Anglaises quand Ferrières-Sauvebeuf la désigna au Comité de sûreté générale. Elle échappa ainsi à la guillotine comme Marie-Louise O’Murphy.

Un pamphlet révolutionnaire la désignait comme l’une des meilleures « fellatrices » de la capitale. Réchappée à la guillotine, après Thermidor, elle ne cessera de correspondre avec les émigrés, tandis que sa sœur, la duchesse de Brancas, une amie proche de M. le baron de Breteuil qui était un émigré aussi, faisait les honneurs dans le salon de Barras.

Sous l‘Empire, Mme de Champcenetz était l'une des opposantes les plus actives au nouveau régime, et après le consulat à vie elle servit d'intermédiaire aux émigrés et favorisa les intrigues anglo-royalistes en concentration avec le comte de Vaudreuil.

Elle favorisa le voyage politique de la duchesse de Guiche (fille de Mme de Polignac) à Malmaison chez l’impératrice Joséphine en 1801, servant d‘intermédiaire, elle transmit en secret les dépêches du comte de Vaudreuil à ses correspondants de la région de Paris. Agente à Paris du comte d'Artois, madame de Champcenetz prit part au complot de Cadoudal-Pichegru dans laquelle fut impliqué le jeune Armand de Polignac, le mari de sa nièce.

Elle fut arrêtée après la rupture de la paix d'Amiens et la révélation des complots britanniques. Condamnée à l'exil (ainsi que son époux), pour des raisons de santé, elle obtient de vivre retirée à Fontainebleau, où elle mourut en 1805. Quant au marquis de Champcenetz, il était mort en 1803.

Aux dires de la comtesse de Genlis, « sa beauté commençait à se passer, mais elle était encore charmante. On pouvait dire d'elle ce que madame de Sévigné dit de madame Dufresnoy, maîtresse de M. de Louvois, quelle était toute recueillie dans sa beauté. Le soin de montrer le plus petit pied, ses jolies mains, et de varier ses attitudes, l’occupait trop visiblement, et si elle avait eu des dents remarquables, elle aurait certainement eu la gaieté des jolies dents. »

Source :

Les Libertines, Plaisir et Liberté au temps des Lumières, Perrin, 1997
L'Amour à Paris sous Louis XVI, 2003
Portraits de femmes, artistes et modèles à l'époque de Marie-Antoinette, Didier Carpentier, 2006
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MessagePosté le: Jeu Jan 2 2014, 03:17    Sujet du message: Publicité

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