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Jane Fleming

 
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Landry95
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MessagePosté le: Jeu Jan 2 2014, 17:56    Sujet du message: Jane Fleming Répondre en citant

Fille illégitime de Jacques IV d’Écosse et d’Agnès Stuart, comtesse de Bothwelle, sa parente, Jane Fleming née vers 1513. Elle est mariée très jeune, à Lord Malcolm, 3e baron Fleming de Leviston dont elle aura trois enfants. Elle devient veuve en 1550. 


Lady Fleming, gouvernante de Marie Stuart, reine des Écossais, rejoint la cour à la fin de l’année 1548. Bien des lettres attestent la vive passion que le roi nourrissait pour elle. Lady Fleming est une ravissante veuve âgée de trente-cinq ans à la chevelure flamboyante et d’un teint diaphane.  Née lady Janet Stuart, cette fille illégitime du roi d’Écosse Jacques IV Stuart et de sa cousine Agnès Stewart, comtesse de Bothwell se prévale de son rang royal qui fait d’elle la tante de sa pupille. Croyant que pareil pedigree l’autorise à suivre l’exemple de sa mère, elle se promet de nouer une liaison avec le roi de France. 

En 1550, Diane de Poitiers alors aussi âgée que le siècle, se casse la jambe lors d’un accident de cheval qui la contraint à passer quelques temps à l’écart de la cour, au château de Romorantin près de Blois. En juin de la même année à Saint-Germain, Catherine donne naissance à Charles (le futur Charles IX), le cinquième enfant du roi, Henri prolonge plus que de coutume son séjour auprès de son épouse et passe beaucoup de temps dans la pouponnière à jouer avec les enfants. C’est au cours de l’absence de Diane et de la convalescence de la reine Catherine, le roi entame une aventure avec Lady Fleming. Henri prend déjà bien de précautions pour dissimuler la nature exacte de sa relation avec Diane. Il s’efforce cette fois-ci par tous les moyens de cacher sa liaison à sa favorite. Brantôme raconte qu’Henri II postait son page à la porte de la chambre de lady Fleming en lui donnant l’ordre de le prévenir de la moindre allée et venue. 

Diane poursuit sa convalescence au château d’Anet, où le roi la rejoint quelque temps avant de repartir seul pour Saint-Germain. En sa qualité de Grand-Maître de la maison du roi, Montmorency a normalement accès à la pouponnière royale. Il y passe d’ailleurs tant de temps que les Guise le soupçonnent d’entretenir une liaison avec l’éblouissante gouvernante. Ils font part de cette plaisante supposition à Diane qui leur envoie une clé ouvrant la porte adjacente à l’appartement de lady Fleming, avec espoir d’éclaircir la question. Diane se sert de cette clé pour entrer dans la pouponnière ou elle surveille le personnel en charge des enfants du roi. Les Guise, croyant épier Montmorency, n’en reviennent pas de voir le connétable quitter les appartements de la gouvernante en compagnie du roi. Ils informent Diane qu’Henri et Montmorency se trouvent seul à seul avec lady Fleming. Peu de temps après, lady Fleming fait savoir qu’elle attendait l’enfant d’Henri : "Elle n'en faisait point la petite bouche, mais très hardiment disait en son écossais francisé : J'ai fait tant que j'ai pu, que, Dieu merci, je suis enceinte du roi, dont je me sens très honorée et très heureuse; et si je veux dire que le sang royal a je ne sais quoi de plus suave et friande liqueur que l'autre, tant que je m'en trouve bien, sans compter les bons brins de présents que l'on en tire", note le mémorialiste Pierre de Brantôme. 

 

Diane de Poitiers se tient toujours au courant des rumeurs qui circulent à la cour ; aucun détail de cette liaison ne peut lui échapper. D’après les dépêches de Contarini et d’Alvarotti datées de septembre 1550, Madame de Valentinois rejoint la cour aussitôt la cour ou, pour la première fois des témoins attestent l’avoir vue perdre son sang-froid légendaire. Diane attend Henri et Montmorency a la porte de lady Fleming. Ils ont droit à une scène terrible, des leur sortie. Diane accuse le roi de perfidies de toutes sortes, d’avoir entre autres confié sa future belle-fille a une catin. Mais sa fureur s’épanche pour l’essentiel sur Montmorency, l’ami qu’elle s’appuie depuis tant d’années, l’ami de son défunt mari : « Et vous ! Etes-vous donc assez méchant, non seulement pour supporter, mais encore pour conseiller au roi de faire une chose pareille ! Vous n’avez pas honte de nous faire une telle injure, à Messieurs de Guise et à moi, qui vous avons tant favorisé auprès de Sa Majesté ! » Diane agonit Montmorency d’injures et lui interdit même de lui parler  ou de chercher à la voir. Son instinct lui souffle qu’Henri n’aurait pu mener à bien cette intrigue sans l’incitation ni la connivence de Montmorency. Diane ne doute pas que Montmorency tente de l’évincer de sa position influente au côté du roi dans l’intention de diriger seul Henri. 

Henri tente bien timidement de l’apaiser mais elle s’écrie que la perfidie du connétable a enchanté la couronne et mettrait peut-être même en péril le mariage du dauphin, pour peu que celui-ci refuse d’épouser une jeune fille confiée aux soins d’une catin. Henri, qui craint avant tout de perdre le soutien des Guise au cas où ils reviendraient à découvrir la liaison, prie a la duchesse de Valentinois de ne rien leur dire. Elle consent a contrecœur mais les Guise savent bien sûr déjà tout. Henri, accablé, capitule puis retourne sans broncher au château d’Anet a la suite de Diane. 

Cet événement revêt une importance capitale dans l’existence de Diane, qui a jusqu'alors su se maitriser. Il s’agit en fait de la seule occasion avérée ou Diane, certes confrontée à un désastre potentiel, renonce à brider ses émotions. La beauté de Diane de Poitiers décline, or elle était lucide pour s’en rendre compte. Avoir affaire à une séduisante rivale à cet âge vulnérable – une rivale susceptible de renverser une situation établie de longue date – voila qui doit lui porter un coup terrible. 

Le roi reconnait Henri d’Angoulême, le fils de lady Fleming, dès sa naissance en septembre 1551. Mais l’Écossaise commet l’erreur de se donner les airs d’une maitresse officielle. Catherine qui s’apprête à mettre au monde le futur Henri III quelques mois plus tard, s’en offusque et n’en fait pas mystère. Henri se retrouve pris entre son épouse et sa bien-aimée Diane et n’a pas d’autres choix que de renvoyer lady Fleming en Écosse. 

« L’affaire Fleming » fournit a la reine Catherine et la duchesse de Valentinois une occasion unique de conjuguer leurs forces – pas tant a cause de leur jalousie commune que du dégoût que leur inspirait un scandale manifeste. Diane accompagne certes partout Henri mais une ambiguïté plane toujours sur sa position exacte, empreinte de dignité. Catherine essuyait en son for intérieur une complète humiliation mais, comme Diane ne ménage pas sa peine pour adhérer aux nobles principes de respect des bienséances prônés par Anne de Beaujeu, la reine ne souffre de sa honte qu’en prive. En faisant étalage de sa liaison, lady Fleming dépasse les bornes prescrites par l’équilibre du pouvoir établi en exil de la ravissante rouquine, le ménage a trois reprend ses habitudes et la vie continue comme avant. 

Lorsque la duchesse de Valentinois, ayant recouvré ses forces, s’en revient a Saint-Germain, à la surprise de certains et au soulagement d’aucuns, elle parait plus éprise que jamais du roi et réciproquement. Diane de Poitiers est avisée mais sait aussi quand il vaut mieux pardonner. Malgré cette aventure singulière, Henri ne la trahit jamais au fond de son cœur ni même en pensée. Diane finit par lui imposer sa volonté et prend le dessous. Mais « Madame » n’ignore pas la responsabilité du connétable dans l’affaire ; elle s’en prend à lui en jouant de son influence en faveur de la faction rivale des Guise. Henri ne peut supporter l’absence de Montmorency et de ses précieux conseils. Il implore a sa favorite de pardonner au connétable, par amour pour lui. Une amitié de façade s’établit entre eux mais Diane ne pardonne pas plus qu’elle n’oublie. La violence de sa réaction pourrait même s’expliquer jusqu'à un certain point par sa jalousie envers Montmorency, auquel Henri voue une affection que cet incident n’altère en rien. La duchesse et le connétable finiront par être réconciliés par les enfants d’Henri et de Catherine. 

Jane Fleming mourut le 20 février 1562, plus de dix ans après sa disgrâce. Le fils illégitime qu’elle avait eu avec le roi, Henri d’Angoulême, devenu Grand Prieur meurt en 1586 en duel contre Altoviti. 

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MessagePosté le: Jeu Jan 2 2014, 17:56    Sujet du message: Publicité

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