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John Jr, Kennedy

 
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Nessie
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MessagePosté le: Jeu Fév 13 2014, 13:50    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

La mort tragique de John Jr, victime d'un accident d'avion dans la nuit du 16 au 17 juillet 1999, ressuscite la mythologie de cette famille américaine célèbre par sa puissance et sa richesse, ses malheurs et ses frasques.


Le destin des Kennedy


Carolyne Bessette et John Jr Kennedy





La mort tragique de John Jr, victime d'un accident d'avion dans la nuit du 16 au 17 juillet, ressuscite la mythologie de cette famille américaine célèbre par sa puissance et sa richesse, ses malheurs et ses frasques 


John Kennedy Jr avait tout juste 3 ans quand il vit un journaliste le photographier. "Pourquoi me prends-tu en photo? lui demanda-t-il. Mon papa est mort." L'anecdote, rapportée par William Manchester dans son livre Death of a President, révèle l'étonnement de l'enfant devant l'attention qu'il suscite, à ses yeux incongrue, et dont seul son père, le président John Kennedy, assassiné en novembre 1963 à Dallas, devait être l'objet. Cette célébrité reçue en héritage comme en d'autres temps un royaume, cette ferveur étonnante, imméritée, qu'il a suscitée, John Jr l'a accueillie toute sa vie d'adulte avec un regard vaguement surpris, l'esquisse d'une réticence, un sourire ingénu et une modestie non feinte. Il en sera ainsi jusqu'à sa mort, vendredi 16 juillet, peu après la tombée de la nuit, au large de l'île de Martha's Vineyard, dans le Massachusetts, à bord d'un avion qu'il pilotait lui-même, et dans l'accident duquel ont également péri sa jeune femme, Carolyn Bessette Kennedy, et sa belle-soeur, Lauren Bessette. Icare et deux princesses divines, en vol vers une noce du clan transformée en veillée funèbre. Une mort qui bouleverse l'Amérique alors que John n'a jamais vraiment cherché à l'émouvoir, même s'il n'a pas détesté, de temps à autre, la séduire. 

Pour cela, il lui a suffi d'être lui-même, un grand jeune garçon très digne, discret et beau comme un Apollon, un honnête et galant homme, un bon ami pour ses quelques proches. Il sut à la fois profiter de son nom et protéger son anonymat, ce qui prouve quelques capacités à la ruse, ou alors une exceptionnelle innocence. On ne sait, avec lui, personnage public finalement très secret. Il fut pour le moins une star clignotante, concept inédit, sachant à volonté allumer son aura comme un néon sur un boulevard pour flirter avec les jeunes filles de Hollywood ou s'inventer un métier - patron d'un magazine, George, au concept un peu flou (le show-biz de la politique), aux recettes décevantes et au destin aléatoire, mais que n'aurait sans doute pas renié son père, grand artiste du pouvoir. Il savait aussi l'éteindre, cette aura, et redevenir ordinaire, malgré sa belle gueule et sa photo dans tous les tabloïds, pour se fondre dans les petits bonheurs de l'anonymat quotidien, le temps d'une partie de Frisbee dans Central Park ou d'un trajet en métro, où le correspondant de L'Express à New York l'avait croisé, un soir d'été 1995. Il lisait tranquillement le dernier numéro de George - l'air assez satisfait du résultat - à côté d'une famille chinoise en pleines palabres et d'une femme hispanique trop ensommeillée pour lui prêter la moindre attention.

Il sortit à la station Franklin de Tribeca, pour rejoindre son loft du 20 N. Moore Street. Les touristes, les badauds étrangers au quartier se retournaient bien sur son passage, mais nul ne l'abordait. C'était le temps, il y a moins de cinq ans, où New York le laissait encore respirer, s'épanouir. Il pouvait aller acheter un journal au kiosque du coin sans provoquer d'émeutes. Il entrait chaque matin chez Socrates, le boui-boui grec de Hudson Street, en lançant un sonore "Yasou Filos" (Salut mon ami!) au patron, George Dounrountou, en souvenir, peut-être, d'une autre vie dans les Cyclades, chez M. Onassis.

Les paparazzi le cadraient bien de temps en temps, une fois même en caleçon sur sa terrasse, chatouillant l'actrice Daryl Hannah en nuisette. Ils fouinaient la rumeur d'une nouvelle conquête, une certaine Carolyn Bessette, jeune patricienne officiant chez Calvin Klein, mais leur traque s'arrêtait aux barrières du Sheep Meadow de Central Park, le pourtour revisité de son jardin secret. En ce temps-là, le jeune dieu vivant restait encore humain et les hordes des tabloïds rongeaient leur frein en l'attendant au tournant.

Son mariage avec Carolyn, deux ans plus tard, provoquera le siège de son loft par les photographes, agonis d'injures par le voisinage. Son perron anonyme s'est mué, ces derniers jours, en catafalque, en parterre de couronnes et dazibaos d'épitaphes idiotes ou émouvantes, épié par deux rangs de caméras en attente d'un fantôme, tandis que les gardes-côtes fouillaient encore la mer de Martha's Vineyard. Ils cherchent moins le corps d'Icare que celui d'un type bien. Un dénommé John Kennedy, célébrissime et discret.

Sa célébrité, longtemps protégée par le tact new-yorkais, sensible à sa courtoisie naturelle et à sa simplicité, était pour lui une fatalité avec laquelle il savait composer, une responsabilité dont il était vain de vouloir s'échapper, et qu'il assumait dès lors avec grâce. Il était un héritier réticent, élégant, ironique, dernier porte-drapeau résigné d'une famille légendaire. Et c'est cette légende, aujourd'hui, qui s'évanouit avec lui. 

Une légende qui commence par l'arrivée, en 1849, à East Boston, d'un pauvre émigrant d'Irlande, un certain Patrick Kennedy, qui sera le dernier de sa lignée à mourir, en 1858, dans l'anonymat. Son fils, Patrick Joseph, deviendra tenancier de pub puis grande figure de la machine démocrate bostonienne, où tous n'étaient pas des anges. Patrick Joseph est le père de Joseph Patrick, alias Joe Kennedy, qui peaufine la saga, accumulant, entre les entorses à la Prohibition, son flair à Wall Street et son talent à Hollywood pour faire entrer le cinéma dans l'ère industrielle, l'une des plus grandes fortunes privées de la première moitié de ce siècle.

On lui prête de nombreuses maîtresses, peu de scrupules en affaires et quelques connexions avec le crime organisé. Il est alors, tel le Gatsby de Scott Fitzgerald, magnifique et mégalo. Il sera, à Londres, un ambassadeur finalement embarrassant de l'Amérique de Roosevelt, prônant sans relâche l'apaisement face à l'Allemagne de Hitler. Il sera, enfin et surtout, le père de John, l'un de ses neuf enfants, et qui n'était pas son préféré. John ne fut guère plus sage que son père en amour, quand Marilyn Monroe, pour ne citer qu'elle, vêtue d'une robe cousue à même la peau, lui susurrait très publiquement: "Happy birthday, Mr. President." Il n'eut pas, lui non plus, trop de scrupules quand c'était nécessaire, et certains de ses amis, voire les amis de ses amies, n'étaient guère présentables.

Mais il avait une vision politique moderne d'un monde en progrès, sans limites, fondé sur la liberté et l'intégration raciale, et possédait le don de la conviction afin de faire de ce projet une ambition nationale. La légende, quand John est élu président, en 1960, connaît alors, avec sa femme, Jackie, ses pages les plus belles. Et bientôt ses plus tragiques. Elle perdure avec le temps, malgré les erreurs et les atermoiements, malgré la baie des Cochons, le mur de Berlin ou le Vietnam. Elle ne s'effrite que depuis peu, depuis que l'Amérique réalise que Kennedy, l'adulé, avait fait bien pire que Clinton, l'humilié, dans les alcôves de la Maison-Blanche. Avec la mort de John Jr, aujourd'hui, le livre se referme.

C'en est fini, sinon des Kennedy eux-mêmes - il en reste quelques douzaines - du moins de leur saga, de cette incroyable geste familiale qui a dominé la scène politique et mondaine américaine depuis près d'un siècle, et qui était ce qui pouvait le plus ressembler, en cette république du Nouveau Monde, à celle d'une famille royale - tyrannies, peines de coeur et amours voltigeuses comprises. Car même si, aujourd'hui, d'autres membres du clan survivent à John Jr, vieux et jeunes, traînant leur nom, leur fortune, leur gloire, leurs errements, leurs chagrins, leurs idéaux, leurs frasques et leurs overdoses comme autant de boulets, il était bien, lui et lui seul, le dernier des Kennedy.

Et avait repris le flambeau assez tard, et parce qu'il fallait bien s'y mettre. Il le fit autant par fidélité que par défaut. La fidélité lui était venue en héritage. Ce fut ce charme, ce charisme, cette épaisse crinière lissée comme une vague sombre, et cette mâchoire volontaire, ce goût du sport et du grand air, ce sourire dents blanches qui évoquaient tant son père. Et ce fut cette réserve, aussi, et cette détermination, cette élégance, cette ironie, où l'on retrouvait la ferme empreinte de sa mère. Et puis, surtout, il était bien le seul, de tous les enfants Kennedy de sa génération, à pouvoir encore monter sur le devant de la scène sans trébucher. Les autres rejetons, quand ils ne sont pas déjà morts, vivent reclus, comme sa soeur Caroline, brillante juriste, auteur de deux ouvrages remarqués, l'un sur le droit des victimes et l'autre sur la protection de la vie privée.

Cette mère de famille discrète fuit les mondanités. Certains, aussi, feraient mieux de rester cachés. Jusqu'à présent, les jeunes Kennedy n'ont pas vraiment brillé pour leur amour du service public et du bien commun qui fit la gloire de leurs parents. Leur grand-père prit des libertés avec la morale et la loi, leurs pères prirent le pouvoir. Eux ont juste pris du bon temps. 

Le cousin David, par exemple, a été retrouvé mort, en 1984, victime d'une overdose d'héroïne, dans un hôtel proche de la propriété de la famille Kennedy à Palm Beach, en Floride. Un autre cousin, Patrick, depuis entré en politique, fut traité médicalement pour sa dépendance à la cocaïne au début des années 80. Un troisième cousin, Joseph, a laissé une jeune fille paralysée à vie après un accident de voiture, et un quatrième, Michael, que sa femme avait découvert au lit avec leur baby-sitter de 14 ans, s'est tué le 31 décembre 1997, à l'âge de 39 ans, en percutant un arbre alors qu'il pratiquait avec ses amis son jeu favori: le football à skis, une heure après l'apéro! Il y eut enfin le calamiteux procès d'un neveu de Ted Kennedy, William Kennedy Smith, acquitté en 1991 d'une accusation de viol au cours d'une nuit arrosée à Palm Beach. Ted lui-même, sénateur devenu patriarche au teint brique, frère cadet du président, était déjà tombé de haut, et en voiture, de la passerelle de Chappaquiddick, aux confins de l'île de Martha's Vineyard, en juillet 1969.

Il en avait réchappé, mais pas sa secrétaire, Mary Jo Kopechne, entraînée au fond, avec les espoirs de présidence du maladroit conducteur. Il y a de cela très exactement trente ans. Il ne sortit pas non plus grandi des frasques de son neveu. Dans cet affligeant tableau de gosses de riches se croyant tout permis, John Jr est désespérément normal, sans histoires. Il avait, paraît-il, un minuscule tatouage sur la peau, et c'est bien la seule petite folie qu'on lui connaisse. Il eut lui aussi, comme son père et, avant lui, son grand-père, des liaisons amoureuses avec des actrices - Daryl Hannah, charmante sirène - et, si l'on en croit la rumeur, la chanteuse Madonna.

Mais il formait avec Carolyn Bessette, épousée en septembre 1996, loin des médias, dans une île au large de la Géorgie, un couple à la fois très beau et très contemporain, comme le furent en leur temps Jack et Jackie Kennedy. John Jr fit savoir qu'il assumait le rôle du porte-flambeau quand il écrivit dans George un article au vitriol sur ses turbulents cousins, intitulé "Poster boys for bad behavior", autrement dit: les rois des nuls. John rompait les rangs, brisait l'omerta familiale sur les frasques des enfants. L'un d'eux, Joe, actuellement en campagne pour le poste de gouverneur du Massachusetts, singeant une célèbre phrase du président Kennedy ("Ne vous demandez pas ce que l'Amérique peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l'Amérique"), eut le mauvais goût de répondre: "Ne vous demandez pas ce que vous pouvez faire pour vos cousins, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre magazine." Ce que pouvait faire John Jr était ce qu'il fit: dire la vérité, "responsabilité première d'un journaliste", approuve, dans la revue Salon, sur Internet, l'un des meilleurs historiens de la famille Kennedy, David Horowitz, auteur, avec Peter Collier, d'un remarquable récit: The Kennedys, an American Drama. 

Il fut depuis toujours le fils le plus célèbre d'Amérique. Le premier enfant jamais né d'un président en exercice de toute l'histoire des Etats-Unis. Puis le fils orphelin d'un père dont il ne savait plus s'il s'en souvenait vraiment. Sa mémoire était brouillée, disait-il, par les images de lui-même enfant, jouant en pyjama sous le bureau de son père, à la Maison-Blanche, ou saluant le cercueil de celui-ci d'un émouvant salut militaire, le jour même de son troisième anniversaire, après l'assassinat du président, trois jours plus tôt. "Il y eut tant de photos... Vous ne savez jamais vraiment si vous vous souvenez de ce que vous avez vu en images ou si c'était quelque chose de réel", dira-t-il dans une interview à USA Today. De sa petite enfance, il ne conservait donc plus de souvenirs précis, sinon celui d'un toboggan installé dans les jardins de la Maison-Blanche et que l'un de ses chiens escaladait en glissant sur la rampe. "J'ai l'impression que je me souviens de cela." 


John Jr est né le 25 novembre 1960, un jour de Thanksgiving, journée d'actions de grâce, ironie du calendrier face aux drames qui auront marqué sa vie. Même chez les très catholiques Kennedy - les femmes le sont avec ferveur, souvent; les hommes, eux, seraient plutôt du genre pécheurs invétérés - il ne doit pas être très facile de remercier le Bon Dieu alors que la famille se croit poursuivie par le mauvais sort. Ce 25 novembre 1960, pourtant, tout va bien. John Fitzgerald Kennedy, que tout le monde surnomme Jack, a été élu président des Etats-Unis dix-sept jours plus tôt. Jack et Jackie - Jacqueline Bouvier Kennedy - leur fille Caroline et bientôt le petit John envahissent la Maison-Blanche et avec elle l'imaginaire de toute une nation. C'est la jeunesse et l'élégance, la vie, l'optimisme et le charme qui prennent le pouvoir. Et la naissance de John Jr, dès lors, est une nouvelle dans les gazettes, comme le seront ensuite ses premiers pas, ses rires et ses jeux.

Il est le petit garçon de l'Amérique, qui le couve du regard dès ses premiers instants. Un reporter entend un jour le président appeler son fils dans les couloirs de la Maison-Blanche: "John! John!" Il croit qu'il s'agit du surnom de l'enfant et le fait savoir. John Jr devient aussitôt pour tous les Américains - mais pas pour ses parents, qui jamais ne l'appelleront ainsi - John John. Un scoop foireux pour un baptême affectueux. 
La mort, qui vient encore de frapper en ces derniers jours du siècle le clan Kennedy, est une compagne familière de la famille. Le président, dans sa jeunesse, avait déjà perdu un frère, Joseph Jr, l'aîné kamikaze et présidentiable. Il devait, en 1944, braquer un avion bourré d'explosifs sur une base allemande, après s'être éjecté à la dernière minute. Il était volontaire pour cette mission impossible. Sa charge a explosé, bien avant l'heure, au-dessus de la Manche. Il avait 29 ans.

Il perdit aussi sa soeur, Kathleen, fêtarde et dissidente, qui venait, en 1948, à l'âge de 28 ans, de se fiancer avec un protestant, contre la volonté de son père. Leur zinc de millionnaire, qui fonçait vers Nice malgré une tempête, s'est écrasé en Ardèche. Cette ombre de la mort plane très tôt au-dessus du petit John. En août 1963, Jackie donne naissance à un troisième enfant, Patrick, né prématurément. Victime d'un problème respiratoire, il ne vivra que quarante heures. John Jr perdra alors un petit frère dont il attendait la venue avec impatience. En novembre de la même année, son père est assassiné. Un ami de la famille s'était chargé de lui annoncer ce dernier voyage: "Dans le ciel? Avec son grand avion? Quand reviendra-t-il?" aurait répondu l'enfant. Puis, en juin 1968, son oncle Robert, Bobby Kennedy, parrain attentif, figure paternelle de substitution, farouche protecteur de John et de sa soeur Caroline, est assassiné à son tour. John John n'a pas 8 ans. 


Après la mort du président, Jackie entraîne ses enfants dans l'anonymat de Manhattan. Cinq chambres à coucher et vue sur le parc au 1040 5e Avenue. Elle le fait pour les écarter de l'incontrôlable tribu des rejetons de Bobby, les drôles de Hickory Hill, les loustics de Hyannis Port, fumeurs de pot et dingues de rock'n'roll. Elle le fait aussi mue par une paranoïa qu'il est difficile de juger infondée. "Si l'on tue les Kennedy, dira-t-elle après la mort de Robert, alors mes enfants sont en première ligne."

Ils passeront dès lors une enfance presque ordinaire, prenant les autobus de Manhattan comme tout le monde, mais sous la discrète escorte d'agents du service secret. John John, alors un préado bouclé, affublé du nom de code "lark" ("alouette" ou "farceur"), sema un jour son gorille dans Central Park et se fit, dans les trois minutes, dépouiller de son vélo au coin d'un bosquet. Jackie, cachant sa sainte frousse, avait fait mine de se réjouir de l'incident initiatique. John avait dû présenter des excuses circonstanciées à l'agent fédéral. Pourtant, il récidivera plus tard. Ses premiers flirts, ses bordées entre copains étaient la hantise de ses protecteurs, qu'il plantait à la porte de service ou perdait dans la foule des concerts de Bob Dylan. Jackie, la femme blousée de la Maison-Blanche, appréciait sans mot dire la rébellion du fils, gage d'indépendance et d'éducation virile. 


Caroline et John disparaissent petit à petit de la circulation. Leur mère, qui veille au grain pour préserver leur tranquillité, fait pendant ce temps la Une des journaux quand elle épouse l'armateur grec Aristote Onassis. Elle devient Jackie O., traître aux siens, mais son contrat de mariage comporte une clause d'autonomie, le droit inaliénable de passer six mois par an à New York avec ses enfants, pour les frotter, fût-ce d'un appartement de la 5e Avenue, aux réalités du monde. Un jour que John, qui accompagnait sa mère dans les rues de Manhattan, voulait acheter une camelote à un vendeur ambulant, Jackie refusa, sous prétexte que l'objet était trop cher. "Quoi! répondit l'enfant, offusqué, tu es la femme la plus riche du monde et tu trouves que c'est trop cher?" Jackie, sans doute, fut une bonne mère et sa mort, d'un cancer du système lymphatique, en mai 1994, lui aura épargné de prendre le deuil une nouvelle fois, ce qu'elle fit jadis avec tant de dignité, pour l'un de ses enfants. 

Ceux-ci, pendant toute leur enfance, vont de leurs pensions chics de la côte Est à des vacances de rêve à Skorpyos, l'île fortifiée d'Onassis. Leur jeunesse loin du clan décomposé que forment leurs cousins explique aujourd'hui la distance qui séparait John de ceux-ci. Elève assez moyen, il rompt la tradition familiale en préférant à Harvard, l'alma mater de son père, le collège de Brown University, à Providence, Rhode Island. Il aime le théâtre et fait ses débuts d'acteur professionnel dans une pièce de Brian Friel, Winners in Manhattan, en août 1985. Sa mère n'approuve guère cette passion pour les planches, qu'elle juge assez vulgaire et indigne de son nom. Il entre alors, en 1986, à l'école de droit de l'université de New York. Il est un jeune homme un peu flottant et indécis, mais il réapparaît dans les tabloïds, beau comme seul peut l'être, dans l'imagination des Américains, un vrai Kennedy. Athlétique et joli garçon, la presse le surnomme "The Hunk", le beau mâle.

Plus condescendant qu'honorable. Il rate à deux reprises l'examen du barreau de New York. "The Hunk Flunks." Le mâle se plante, titre la presse populaire. 

Il tourne autour de la politique, sans jamais franchir le pas. Il introduit son oncle, Ted, à la convention nationale du Parti démocrate, à Atlanta, en juillet 1988, évoquant, chose rare, la mémoire de son père. Les militants lui rendent un hommage enthousiaste, mais il reprend le chemin de la discrétion en devenant procureur adjoint à Manhattan, en 1989. Il y restera quatre ans, après avoir remporté ses six procès. Déjà, il nourrit un projet un peu fou: un magazine où le "glamour" se marie à la politique. Vision finalement très kennedyenne du pouvoir.

Le premier numéro sera lancé en grande pompe en septembre 1995. Cindy Crawford, perruque poudrée et quasi nue sous sa tunique d'époque, est en couverture, évoquant un George Washington sacrément sexy. John est aux anges. Il lance aux journalistes qu'il ne les avait jamais vus si nombreux à s'intéresser à lui depuis ses échecs aux examens du barreau.

Il a 35 ans quand il s'invente enfin une carrière, celle d'un éditeur de magazine, lequel est un succès en termes de lectorat (environ 400 000 exemplaires), mais une déception en termes de recettes publicitaires. Le magazine est éclectique, libéral, amusant, provocateur et sérieux. Sa vie, alors, prend un sens. Et en plus, il est amoureux. 

Carolyn Bessette est si belle qu'un seul arrêt shopping chez Calvin Klein l'avait conduite tout droit dans les rangs des mannequins de la marque, puis aux étages plus nobles des services de relations publiques. Elle fraie, entre autres sublimes partis, avec le fils héritier des Benetton, avant de tomber dans les bras du prince charmant, John Kennedy. C'est une revanche, pour elle qui fut longtemps raillée par sa famille pour avoir, au cours de ternes études de pédagogie à la Boston University, surtout brillé pour une apparition dénudée dans le calendrier des "super girls" de la fac. 

Fille d'un cardiologue du très chic Greenwich, havre des milliardaires et des stars, dans le Connecticut, Carolyn avait deux soeurs: Lisa, historienne spécialiste de la Renaissance, et Lauren, disparue avec elle dans l'avion de Kennedy, bûcheuse ravissante et discrète, golden girl du capital-risque chez Morgan Stanley. Lauren ne s'était jointe que récemment aux sorties mondaines du couple le plus en vue de New York, fascinée par l'aura des Kennedy et séduite par le charme de son dernier boy-friend, Robert Shriver, l'un des cousins de John. Carolyn, quant à elle, n'était pas intimidée par les Kennedy. Elle faillit quitter John, jetant sa bague de fiançailles dans l'herbe de Central Park, et c'est peut-être ainsi qu'elle le conquit. Lui était lassé des hordes hystériques qui le tannaient à chaque cocktail.

Un jour, laissant son journal à une table de café, il avait vu quatre femmes se battre pour s'emparer de la relique. Carolyn, elle, lui résistait dans les mauvais jours, et, dans les bons, le traitait en égal, en partenaire, insensible aux feux de la rampe, rouée avec les médias. Récemment, pourtant, ceux-ci lui avaient mis les nerfs en pelote au point qu'elle vécut un temps recluse dans leur loft de Tribeca, ne sortant qu'affublée d'un foulard et de lunettes noires (Jackie O.?). Elle aurait manqué rompre, assurent les chroniqueurs mondains, avant que John, lors d'une conférence de presse impromptue sur son perron, n'appelle pour la première fois la meute à quelque mansuétude.

 Ce fut sans grand effet, mais Carolyn, ces derniers temps, avait retrouvé sa joie de vivre. Elle riait de son baptême du feu, il y a quelques mois, lors du gala des correspondants présidentiels de Washington. Elle était aux côtés de Sean Penn, du sémillant Jack Rubin, porte-parole de Madeleine Albright, et de son épouse, la star de CNN Christiane Amanpour. Elle regardait John et rien ne semblait pouvoir les arrêter. 
Mais le destin a voulu que John s'achète un piper pour voler de ses propres ailes, s'échapper en coup de vent, à volonté, fuir les pesanteurs d'une célébrité atavique. Le désastre - une panne de l'unique moteur ou une erreur de pilotage - l'a ramené dans la lignée des casse-cou de son clan.

Il n'avait sa licence que depuis un an, et, à son cousin William qui s'étonnait de sa nouvelle passion pour l'aviation, il avait répondu, un tantinet cabotin: "Peut-être tous ces hélicoptères, quand j'étais petit." Peut-être... Peut-être le petit John avait-il rêvé d'envol, pour rejoindre son père qu'il avait cru parti dans le ciel, jadis, à bord de son grand avion



Source:  express.fr
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Dernière édition par Nessie le Jeu Fév 13 2014, 19:46; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu Fév 13 2014, 13:50    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu Fév 13 2014, 15:47    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

je suis sur que si John Jr avait était candidat en 2000 il aurait gagner et largement les Américains auraient trop aimer le symbole de voir le fils president 40 ans apres le père

Par contre quand l'article dit que le mythe Kennedy est mort avec John Jr je suis pas d'accord, j'ai lu le numero de Paris Match consacré au 50eme anniversaire de l'assassiant de JFK à Dallas en Novembre dernier, et y'avait un article dans lequel le journalsite disait que  le fils de Caroline Kennedy (donc le neveu de John Jr et petit fils de JFK et Jacky) et des enfants des enfants de Robert ou Edward Kennedy et qui ont tous la vingtaine  envisagent de se lancer à leur tour en politique pour entretenir la flamme et le mythe de la famille royale Américaine.

merci Nessie pour le topic
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MessagePosté le: Jeu Fév 13 2014, 16:00    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

Bonjour, oui je suis d'accord avec toi, les Kennedy peuvent continuer la flamme des kennedy, je pense qu'ils veulent plus dire que le mythe disons des "frères Kennedy" est mort après la mort John Jr Kennedy's qui voulait aussi devenir le symbole  ( il à été conditionné pour ça) des Kennedy.

Mais rien n'empèche les autres Kennedy's de marquer aussi l'histoire des USA
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MessagePosté le: Jeu Fév 13 2014, 16:57    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

Je pense que c'est plutot à la mort de Edward Kennedy en 2009 que le mythe des frères Kennedy s'est eteint


Nessie a écrit:
Mais rien n'empèche les autres Kennedy's de marquer aussi l'histoire des USA


Je suis sur qu'un jour un Kennedy se presentera à la course à la Maison Blanche
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MessagePosté le: Jeu Fév 13 2014, 18:42    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

Oui, mais je voulais dire que John Jr était le fils héritier si je puis dire...

Je rajoute sur l'accident, le temps était bon, mais il avait une brume épaisse...


Propriété CApe Code acheter par Joseph P. Kennedy and Rose Fitzgerald Kennedy, en 1928
La veuve Vicki Kennedy de Ted Kennedy, vivait récemment dans cette propriété, d'une valeur de 5.5 millions de dollars et de 2 hectares



   



Après l'accident d'avion de John Kennedy Jr., les enquêteurs du National Transportation Safety Board (NTSB) ont conclu qu'il était dû à une erreur de pilotage du fils de l'ancien président américain. Il n'y a pas eu de défaillance mécanique ni de problème météo imprévu, affirme le NTSB dans un rapport révélé par la chaîne NBC et qui ne sera rendu public que dans quelques semaines.

L'accident, qui avait coûté la vie à John Kennedy Jr., à son épouse Carolyn et à la soeur de cette dernière, Lauren, avait endeuillé l'Amérique. Le soir du 16 juillet 1999, les trois jeunes gens embarquent à bord d'un Piper Saratoga II, un monomoteur que Kennedy a acheté récemment. C'est une belle soirée d'été, mais à quelques centaines de mètres d'altitude, la brume est épaisse et il n'y a pas de lune. Le plan de vol a été présenté à la tour de contrôle de l'aérodrome d'Essex County (New Jersey), car Kennedy montre qu'il a l'intention de voler au-dessus de l'océan, en direction de l'île de Martin's Vineyard (Massachusetts). Un choix risqué, car la licence de pilote de Kennedy ne l'autorise à voler que dans de bonnes conditions météo, même s'il avait déjà pris trois heures de cours de navigation aux instruments.

La spirale du cimetière

La chaîne NBC rappelle qu'une étude des années quatre-vingt-dix, menée par la Federal Aviation Authority, montrait que la plupart des pilotes amateurs perdaient le contrôle de leur appareil en moins de trois minutes lorsqu'ils ne pouvaient plus voir le sol. Ce soir-là d'ailleurs, plusieurs autres pilotes, plus expérimentés que Kennedy, renonceront à décoller du même aérodrome, en raison du manque de visibilité. Le rapport du NTSB affirme que Kennedy a perdu ses repères spatiaux. Plongé dans la purée de pois au-dessus d'un océan où il ne pouvait déceler aucune lumière, il ne savait plus comment son avion été situé dans l'espace, s'il perdait ou non de l'altitude, ni quelle était l'inclinaison des ailes de l'appareil. Les relevés d'un radar de la région montrent que le Piper avait bien commencé à tourner vers l'aérodrome d'arrivée, mais s'était ensuite engagé dans une spirale fatale. « C'est ce qu'on appelle la spirale du cimetière, avait expliqué à l'époque Robert Pearce, un des responsables du NTSB, et c'est extrêmement difficile à corriger, surtout à basse altitude. » Le rapport ne met pas en cause l'expérience de Kennedy, mais constate qu'il n'a pas fait confiance à ses instruments de vol. Il s'était murmuré, peu après l'accident, que la famille des filles Bessette allait attaquer les Kennedy en justice, mais apparemment aucune poursuite n'a été engagée.
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MessagePosté le: Ven Fév 14 2014, 09:27    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

merci Nessie pour tes infos complementaires
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MessagePosté le: Ven Fév 14 2014, 15:35    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

De rien  , voiçi une photo que j'ai prise sur Google image, et nous avons les Kennedy John Jr est au milieu de la photo ainsi que le Sénateur Ted Kennedy qui est décédé en 2009....par contre, je ne pourrais tous les nommers ?



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MessagePosté le: Ven Fév 14 2014, 15:37    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

vue tout les cousins qu'il avait (RFK avait à lui seul 11 enfants) c'est impossible de se rappeller des prenoms de tous les Kennedy tkt pas

merci pour la photo
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MessagePosté le: Ven Fév 14 2014, 15:44    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

De rien , il me semble bien que les deux derniers à droite de la photo sont les fils de Bobby ?
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MessagePosté le: Ven Fév 14 2014, 16:17    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

je sais que l'un de ses fils (David) est mort en 1984 d'une overdose  et y'en a un autre qui est mort je crois en 1997 dans un accident de ski je crois
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MessagePosté le: Lun Juin 2 2014, 22:57    Sujet du message: John Jr, Kennedy Répondre en citant

Bonsoir, je répond tardivement, mais c'est ça, une sorte de malédiction des Kennedy, moi j'y crois après tout ce qui s'est passé, on peut y croire.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:50    Sujet du message: John Jr, Kennedy

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