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La Noblesse d'Ancien Régime

 
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.: Enghien :.
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MessagePosté le: Jeu Oct 30 2014, 18:11    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Voici un dossier que j'ai déjà publié sur d'autres forums. Mais étant destiné à des forums de littératures, je le retravaille pour qu'il soit adapté à un forum d'Histoire.

Pour le respect du forum, et des règles qui n'autorise pas de la publicité pour les autres forums, les liens ont été retirés.

Pour ce qui est de votre topic La Noblesse D'Ancien Régime, vous pouvez faire votre exposé içi au forum.

Merci à vous

Nessie


INTRODUCTION

Second ordre sur les trois après le clergé mais avant le tiers-état, la répartition de la société admise au moyen age entre ceux qui prient, ceux qui se battent et ceux qui travaillent n'était plus une réalité sous l'Ancien Régime.
Cette société peuplée d'environ 20 à 26 millions de personnes se divisaient à peu près comme cela :

  • Clergé, environ 0,5% de la population.
  • Noblesse : entre 1 et 1,5 %.
  • Tiers-État : les 98% restant.

L'Ancien Régime, qu'est-ce que c'est ?

C'est la période qui se situe entre le Moyen age et la révolution française. Il n'y a pas forcément de date fixe donnant un début fixe à l'Ancien régime en France. Elle se situerai entre la fin de la guerre de Cent Ans (1453), peut-être au début des guerres d'Italie (1494), à la mort de Louis XII (1515), voire même à l'avènement de Louis XIII. Mais la date la plus acceptée se situe généralement entre 1453 et 1494.
La fin est bien plus brutal, puisqu'elle se situe entre 1789 et 1793, entre l'abolition des privilèges et l’exécution du roi Louis XVI.
Cette période longue de trois siècles peut encore se subdiviser :

  • La Renaissance (jusqu'en 1589). Fin du moyen age à la mort d'Henri III.
  • Le Grand Siècle (de 1589 à 1715). Avènement et règne d'Henri IV et règne des rois Louis XIII et Louis XIV.
  • Les Lumières (de 1715 à 1788). Règnes des rois Louis XV et Louis XVI.
Deux dynasties se succédèrent durant cette période :


Dynastie royale des Valois. Cette maison aristocratique arrive au pouvoir par une intrigue politique des Grands féodaux avec Philippe VI en 1328 et s'étend jusqu'en 1589 avec la mort d'Henri III.

  • Louis XII (1498-1515). Beau-frère du roi Charles VIII.
  • François Ier (1515-1547). Cousin du précédent.
  • Henri II (1547-1559). Fils du précédent.
  • François II (1559-1561). Fils du précédent.
  • Charles IX (1561-1574). Frère du précédent.
  • Henri III (1574-1589). Frère du précédent.

Dynastie royale des Bourbons. Elle commence en 1589 jusqu'en 1792. Après la Révolution et le Premier Empire les deux frères de Louis XVI, Louis XVIII (1814-1824) et Charles X (1824-1830) vont régner.

  • Henri IV (1589-1594-1610). Henri de Navarre devra lutter pour conquérir sa couronne entre 1589 et 1594, année ou il sera couronné. Il est assassiné en 1610. Il est un lointain descendant de Louis IX (Saint-Louis).
  • Louis XIII (1610-1643). Fils du précédent
  • Louis XIV (1643-1715). Fils du précédent
  • Louis XV (1715-1774). Arrière-petit-fils du précédent
  • Louis XVI (1774-1792). Petit-fils du précédent.

Une chose amusante à noter. Les trois dynasties capétiennes se terminèrent toutes trois par une succession de trois frères.

  • Les Capétiens directs : Louis X, Philippe V, et Charles IV.
  • Les Valois : François II, Charles IX et Henri III.
  • Les Bourbons : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Traditionnellement, quand le roi désirait consulter le peuple, les juristes rassemblaient les représentants par les trois ordres officiels. Mais le clergé n'était qu'un mélange constitué de membre des deux autres ordres. Le haut-clergé correspondant à la noblesse (cardinaux, archevêques et évêques), le bas-clergé au Tiers-États (abbés, doyens, chanoines et autres ecclésiastiques).
La noblesse elle aussi n'était pas homogène comme nous le verrons.
Le tiers-état, de même. Il n'y a aucun rapport entre un puissant fermier général, qui gagne plus de 50.000 livres par an et est un des personnages les plus puissants du royaume. Dans la situation tout à fait opposé, on a le misérable manouvrier, en bas de l'échelle sociale avec ses 200 livres maximum par an.



SOURCES

  • Les Français et l'Ancien Régime, la société et l'état ; Pierre Goubert et Daniel Roche. Armand Colin.
  • La France au 17e siècle, puissance de l'état, contrôle de la société ; Lucien Bély. PUF.
  • Les institutions de la France sous la monarchie absolue ; Roland Mousnier. PUF.
  • Les institutions de la monarchie française à l'époque moderne ; Bernard Barbiche. PUF.
  • La véritable hiérarchie sociale de l'ancienne France, le tarif de la première capitation ; François Bluche et Jean-François Solnon. Droz.
  • Histoire économique et sociale de la France, vol 1/1, l'état et la ville, 1450-1660 ; Pierre Chaunu et Richard Gascon. PUF.
  • Histoire économique et sociale de la France, vol 1/2, la paysannerie et croissance, 1450-1660 ; Emmanuel Le Roy-Ladurie et Michel Morineau. PUF.
  • Histoire économique et sociale de la France, vol 2, 1660-1789 ; Ernest Larrousse, Pierre Léon, Pierre Goubert, Jean Bouvier, Charles Carrière et Paul Harsin. PUF.
  • Histoire des institutions, vol 2, le moyen-age ; Jacques Ellul. PUF.
  • Histoire des institutions, vol 3, 16e-18e siècle ; Jacques Ellul. PUF.
  • Les titres authentiques de la noblesse en France, dictionnaire raisonné ; Dominique de La Barre de Raillicourt. Perrin.
  • Dictionnaire de l'Ancien régime ; Lucien Bély. PUF.
  • Dictionnaire du Grand siècle ; François Bluche. Fayard.


Dernière édition par Enghien le Jeu Oct 30 2014, 21:32; édité 3 fois
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MessagePosté le: Jeu Oct 30 2014, 18:11    Sujet du message: Publicité
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MessagePosté le: Jeu Oct 30 2014, 18:53    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
1 - L'ORDRE DE LA NOBLESSE  
Comme souvent avec l'Ancien Régime, donné une définition précise de ce qu'est la noblesse est assez compliqué. En cela que durant cette période on ne peut vraiment rien définir exactement parce qu'il y aura une exception qui en chevauchera une autre qui se superposera encore à une autre.


L'effectif

Elle se situerait entre 1 et 1,5 % de la population française totale.
Durant la Renaissance, la population nobiliaire aurait représenté en 1560, entre 1,2 et 1,4%. En plein milieu de l'Ancien Régime, en 1700, elle représentait 1% de la population.

Le titre

Contrairement au cliché très répandu, un titre de noblesse se rattache à une terre, JAMAIS à une personne. C'est important à retenir pour ceux qui veulent situer leur récit au Moyen Age ou l'Ancien Régime. Si vous êtes baron, le roi ne vous fera pas comte, mais il érigera votre terre en comté. Ainsi, vous deviendrez comte parce que votre baronnie est érigé en comté.
Chaque titre venant d'une terre ne peut être porté que par un seul mâle par génération. Pour se distinguer de ses frères et/ou des autres membres de son lignage et si la famille possède plusieurs fiefs, un noble prendra le nom et rang du fief correspondant.

Exemple :
Dans une de mes nouvelles, les personnages principaux sont tous membre de la maison fictive de Penthièvre, un comté situé dans une Bretagne fictive.
J'ai titré le père de mon personnage principal comte de Penthièvre, je ne peux donc en aucun cas titrer son fils aîné baron de Penthièvre ou nommer son cadet chevalier de Penthièvre.

Pourquoi ?

Parce que le fief est un comté, il ne peut donc pas être en même temps une baronnie ou redevenir une simple seigneurie.

Par contre les enfants peuvent porter comme nom de famille le nom de la terre.
  • Le père, le chef de la maison de Penthièvre se nomme Judicaël, comte de Penthièvre.
  • Son fils aîné, et donc héritier, est Gaël de Penthièvre, baron de Lamballe.
  • Son fils cadet est Hoël de Penthièvre, sire de Saint-Brieuc.
Mais l'écrasante majorité de la noblesse n'était pas titrée. Il faut rappeler qu'écuyer n'est pas un titre de noblesse, ni même celui du degré supérieur, le chevalier.

La particule

Elle n'a jamais été un signe de noblesse. Elle exprimait une origine géographique portée par n'importe quel quidam.

Les armoiries

Quant aux armoiries, durant l'Ancien Régime, n'a jamais caractérisée la noblesse. Cela n'est plus qu'un jeu ou un signe de vanité. S'attribuer des armoiries timbrées (c'est-à-dire surmontées d'un casque ou d'une couronne, voire les deux) n'est même plus un privilège nobiliaire. Seule la somme dépensée par un quidam limitait sa vanité.

La seigneurie

Enfin, la possession d'une seigneurie n'était elle aussi plus un signe de noblesse puisqu'elle s'achetait comme tout autre chose.


Alors. Qu'est-ce que la noblesse sous l'Ancien régime ?

Expliquer ce qu'est la noblesse n'est pas simple. En général, la noblesse se définie par un mode de vie correspondant au rang, « est noble celui qui vit noblement et est reconnue comme tel ».

En France, la noblesse est transmise par la primogéniture masculine. Le titre se transmet par l'aîné des fils ou par le mâle le plus proche de l'ancien détenteur du titre.
Dans la noblesse, la lignée familiale est appelée une « maison ». La famille est un terme de la bourgeoisie.

En se référant à son lignage, à sa maison, un gentilhomme cherchera à protéger les biens familiaux en évitant leur vente, en cherchant à faire des mariages utiles, en aidant la carrière de ses parents, il songera d'abord à faire perdurer dans le temps la survie de sa lignée. Le gentilhomme se reconnaît par ses pouvoirs économique et politique, sur les autres hommes, comme seigneur d'abord, en rendant la justice ensuite.
La noblesse se divise elle-même en deux grands « états » : Les gentilshommes et les nobles. Ces deux grands états se subdivise lui-même en degrés hiérarchisés.

Le gentilhomme, « de qui la race est de tout temps exempte de roture » est considéré comme un vrai noble. Parmi les gentilshommes, une élite se détache, les gentilshommes de nom et d'armes. C'est ceux dont l'ancienneté remonte à des temps anciens qu'il est impossible de dater leur entrée dans la noblesse.
Au rang inférieur, se trouve les gentilshommes de quatre lignes de noblesse. Celui dont le père et la mère, ainsi que ses aïeuls jusqu'à la quatrième génération sont nobles.
Plus bas se trouve le noble de race dont les trois générations précédentes étaient nobles. Ce noble compte ses degrés par lignée paternelle uniquement.


Les nobles ont quelques choses de commun que le début de leur noblesse est connue. Celle-ci, peu ancienne, ne dépasse pas trois générations. Ils sont méprisés par les autres nobles mais ils partagent tous leurs privilèges.


Privilèges  

Les nobles de l'Ancien Régime se définissent aussi par de nombreux privilèges. Ils n'ont plus la puissance qui leur garantissait une certaine autonomie sur leur fief, mais ils conserve toujours la garde de ses titres, son rangs et ses honneurs (Église et cours). Il bénéficie aussi d'exemption juridique et financière ; il est jugé par le parlement et ne paye pas d'impôts telles que la taille, les aides...). Il a le droit de rendre la justice sur sa seigneurie et des droits financiers. Les nobles ont aussi le droit de porter des armes.
Mais à l'époque de l'Ancien Régime, la noblesse ne rend plus les services de protection et d'aides qu'elle fournissait temps bien que mal à ses origines.

Anoblissement  


On devient noble par la naissance d'un père noble ou par anoblissement. Celle-ci peut se faire de trois manière :


  • En recevant un ordre de chevalerie (Saint-Louis, Saint-Esprit). On le reçoit pour mérite militaire.
  • Par lettre patente accordé par le roi à un roturier. C'est une charge payé par le roturier qui doit être enregistré au parlement dont il dépend. De plus, le roturier doit aussi versé une rente à son village en compensation du fait qu'il ne payera plus la taille. Cette forme d'anoblissement donnant la noblesse par lettre était très onéreux. Lors des guerres de fin de règne une telle lettre coûtait 6 000 livres.
  • Seul le roi accorde la noblesse.
  • Par l’exercice de certaine charge anoblissantes. Il y en avait plus de 4 000. Les charges anoblissantes se répartissaient dans les cours supérieurs et de secrétaires du roi donnait une noblesse héréditaire (transmissible) tandis que d'autres, seulement personnelles (c'est à dire non transmissible).
  • On rattache à cette noblesse, la noblesse de cloche. Ce sont des charges exercées dans les villes privilégiées.

Perte de noblesse  

Un noble peut perdre temporairement ou définitivement la noblesse s'il a dérogé ou s'il à été déchu de sa noblesse. Cela s'appelle la dérogeance.
  • S'il est condamné pour crime.
  • S'il cesse de vivre noblement.
  • Les nobles n'ont pas le droit de gagner de l'argent par un métier.


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MessagePosté le: Sam Nov 1 2014, 09:45    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
2 - LE STATUT SOCIAL


Sous l'Ancien régime, le seul vrai titre qui compte (en dehors du roi) c'est le duc. Le tarif de la capitation (dont je fournis un extrait à la fin de ce dossier) montre que les titres de marquis à baron se valent.

Ce qui fait la réputation d'une maison sous l'Ancien régime ce sont, dans l'ordre décroissants :
  1. La dignité.
  2. Le pouvoir.
  3. La fortune.
  4. La considération.


La noblesse de Cour

Au sommet de la noblesse, la noblesse de Cour. C'est la noblesse qui vit directement autour du roi et de sa famille qui exercent des fonctions dans la Maison du Roi et celles des princes.
Pour faire partie de cette élite il faut être « présenté » au roi dans sa Cour. Cette « présentation » ce fait dans le cabinet du roi sous le parrainage d'un « présenté ». Pour être présenté au roi il fallait justifier de 300 ans de noblesse.

Au sommet, les puissants ducs et pairs. Ils siègent au parlement de Paris et arrivent directement derrière les membres de la famille royale dans l'ordre de préséance. Les membres masculins de la famille royale sont pairs de droit. Les autres sont toujours membres des familles d'ancienne noblesse et justifier de revenus de 25 000 livres de rentes. C'est le cas de la plus ancienne et la plus prestigieuse maison aristocratique, les Montmorency. Je rajouterai aussi les maisons La Trémoille, Rohan, Harcourt et La Rochefoucauld.

Les ducs possédant un fief à titre héréditaire que l'on nomme un duché.

Les ducs à brevet possèdent un fief à titre personnel que l'on nomme un duché. C'est à dire que c'est un cas très rare où un titre se rapporte à une personne, pas à un fief. Il ne pourra donc pas se transmettre à sa descendance.


Grande noblesse provinciale

Au dessous de la noblesse de Cour se trouve la grande noblesse provinciale.
Pour certaines, il s'agit d'anciennes maisons dont l'importance diminue avec le temps. Souvent endetté par leur faste et leur train de vie au-dessus de leur moyen, elles vendent fief et seigneuries.
Pour d'autres, souvent elle aussi en déclin et besogneuse en sont pas moins riches et exploitent avec soin leur domaine.


La noblesse de robe

Vient ensuite la noblesse des magistratures, c'est celle de la justice et de la finance et dont l'on surnommait ses membres les robins. Cette noblesse était elle-même hiérarchisée :
  • Au sommet, les membres du Conseil du Roi et du parlement de Paris.
  • La noblesse des parlements de provinces.
  • La noblesse des autres cours souveraines.


La moyenne et petite gentilhommerie

Ce sont les familles de la noblesse provinciale, pauvre et vivant sur ses terres à la campagne. Ce sont des gentilshommes sans titre aussi ignorant et méprisés que la paysannerie par la noblesse et la haute bourgeoisie. Ces nobles ne quittent jamais leur seigneurie. Paradoxalement, ce sont en général des familles de noblesse très ancienne. C'est dans cette noblesse, de très loin la plus nombreuse, que sont conservé les valeurs de l'ancienne noblesse.


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MessagePosté le: Sam Nov 1 2014, 09:50    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
3 - LES MOYENS D'EXISTENCE

À cette époque bien des différences ils y avaient entre la noblesse parisienne et la provinciale. Il y a plusieurs niveau de distinctions à observer :
  • La noblesse des régions de grand commerce et la noblesse des régions écartées.
  • La noblesse citadine et la noblesse rurale.
  • La noblesse en fonction et la noblesse sans fonction.
  • Les aînés et les cadets.


Beaucoup, si ce n'est pas tous apportent un soin particulier à assurer à leur lignage une bonne base économique. La grande noblesse provinciale, la moyenne et la petite vivent principalement de leur rente tirer de leur fief. Il semble d'ailleurs qu'ils aient géré leur domaine activement et avec une grande rigueur.
Quant à l'aristocratie, elle faisait peu de cas de leur domaine qu'ils laissaient géré par des intendants. Leur revenu venait principalement des charges qu'ils occupaient et des pensions avancées par le roi (évidemment, des avances jamais remboursées) qui étaient pour celui-ci un moyen supplémentaires pour contrôler sa noblesse.



Repère économique

Pour se faire une idée du niveau de vie, je rajoute ces deux tableaux.

Pouvoir d'achat (18e siècle) :
50.000 livres/an : Opulence en province et richesse à Paris.
25.000 livres/an : Richesse en province et vie confortable à Paris.
15.000 livres/an : Vie confortable en province, correct à Paris.
5.000 à 15.000 livres/an : Vie correct en province, pauvre à Paris.
< ou = à 5.000 livres/an : Considéré comme noblesse pauvre.
252 livres/an : C'est la limite ultime sous laquelle on est un miséreux à cette époque.

La monnaie : Avec ce tableau, vous savez donc que 1 livre = 240 deniers (12 x 20 = 240).
1 pistole = 10 livres
1 écu = 3 livres
1 livre = 20 sous
1 sou = 12 deniers
1 denier = 2 oboles



La noblesse commerçante


La plus grande partie de la noblesse était pauvre. C'est pourquoi Richelieu autorisa la noblesse de pratiquer le commerce maritime sans que cela puisse être un motif de dérogeance. En 1701, la noblesse fut autoriser à pratiquer le commerce en gros, maritime et continental.



La noblesse militaire

Mais le véritable métier du gentilhomme reste celui des armes. Mais là encore elle rencontre une concurrence acharnée ; celle des roturiers sortis du rang, celle des fils de financiers et celle des « présentés » à la Cour.

Bien que le roturier sorti du rang ne pouvait, au maximum, que prétendre au grade de lieutenant, très rarement capitaine, cela ne gênait pas pour autant la noblesse qui voyait en lui un vrai soldat.

Plus grave, c'était les fils de financiers comme les fermiers généraux, les receveurs des finances ou encore les trésoriers. Ces roturiers là, membres de la haute bourgeoisie, pouvaient acheter des compagnies, voire des régiments au nobles endettés et ainsi remplacé le capitaine ou le colonel noble par le fils du bourgeois.
Ce qui faisait enragé les nobles qui condamnaient leur enfants au grade d'officier subalterne.

Enfin, les « présentés », les fils de la noblesse de Cour. C'était les plus redoutables concurrents car destiné de par leur naissance même au plus haut grades militaires. Un enfant de cinq ans pouvait devenir colonel d'un régiment de son père.


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MessagePosté le: Sam Nov 1 2014, 10:20    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Je me suis toujours demandée si c'était un signe ces fins de dynasties par trois frères toujours. C'est très intéressant comme coïncidence.

Une question: si les chevaliers et écuyers sont pas considérés comme nobles, on les compte dans le tiers-état?


C'est quoi l'étymologie de "robin", tu sais?


Et je me demandais, la bourgeoisie, quand est-elle apparue vraiment? Est-ce que cette fameuse loi de Richelieu pour que les nobles puissent faire du commerce n'aurait pas joué à rendre plus floues les classes?


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MessagePosté le: Sam Nov 1 2014, 10:49    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Siorac a écrit:

Je me suis toujours demandée si c'était un signe ces fins de dynasties par trois frères toujours. C'est très intéressant comme coïncidence.

Une coïncidence certainement.


Siorac a écrit:

Une question: si les chevaliers et écuyers sont pas considérés comme nobles, on les compte dans le tiers-état?

Si, ce sont des nobles, sauf qu'il n'ont pas de titre de noblesse.
L'écrasante majorité des nobles ne sont pas titrés.
  • Les ducs (classe 2).
  • les marquis, les comtes, les vicomtes et les barons sont des titre de dignités (classe 7).
  • Un simple seigneur a un rang plus bas (classe 15).

Siorac a écrit:

C'est quoi l'étymologie de "robin", tu sais?


C'est la noblesse de robe, celle des magistratures. Un robins est généralement une noblesse récente par rapport à la noblesse d'ancienne extraction (ce sont généralement des militaires) ou de noblesse chevaleresque (qui avait le rang de chevalier au Moyen-age, eux aussi, généralement, des maisons militaires).
Prenons l'exemple des Montmorency comptant pas moins de 12 maréchaux de France, ainsi que des connétables.

Siorac a écrit:

Et je me demandais, la bourgeoisie, quand est-elle apparue vraiment? Est-ce que cette fameuse loi de Richelieu pour que les nobles puissent faire du commerce n'aurait pas joué à rendre plus floues les classes?

La bourgeoisie a toujours existé. Depuis la république romaine jusqu'à aujourd'hui. Ce que l'on nomme les bourgeois, ce sont les artisans, les négociants, les banquiers, armateurs...

Les nobles étaient très limités dans leur possibilité de faire du commerce. Bien souvent, ils le faisaient officieusement par l'intermédiaire de prête-nom.


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MessagePosté le: Sam Nov 1 2014, 22:15    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Robin ça me faisait penser à "rob", qui veut dire voler en anglais.^^ Qu'est-ce que t'appelle des classes quand tu dis classe 2, classe 15 ... ?

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MessagePosté le: Sam Nov 1 2014, 22:24    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Siorac a écrit:

Robin ça me faisait penser à "rob", qui veut dire voler en anglais.^^ Qu'est-ce que t'appelle des classes quand tu dis classe 2, classe 15 ... ?

C'est la prochaine partie. Cela correspond au tarif de l'impôt de capitation, que je traite dans le prochain chapitre.

cet impôt répartie la société (sauf le clergé) en 22 classes correspondant chacune à un tarif. De plus, François et Jean-François Solnon divise encore ces 22 classes en 569 rangs.

Dans le prochain chapitre je donnerai ici une petite partie de ce classement.


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MessagePosté le: Dim Nov 2 2014, 10:12    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Ah d'accord c'est un peu comme nos tranches d'impôts à nous?

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MessagePosté le: Dim Nov 2 2014, 10:21    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
4 - QUELQUES CHARGES

Voici un tableau TRÈS résumé venant de l'ouvrage de François Bluche et Jean-François Solnon;
La véritable hiérarchie sociale de l'ancienne France, le tarif de la première capitation (1695).

Le livre recense 569 rangs répartis sur 22 classes. Bien entendu, le roi et la reine n'y sont pas classés. Ni le clergé. De plus, je n'ai pas jugé utile de mentionner les membres de la famille royale qui composent les 11 premiers rangs de la 1re classe. J'ai commencé par le chancelier de France qui se trouve au 12e rang de la 1re classe.

Première classe

Le chancelier de France

  • Type : dignité
  • Coût : Gratuit
  • Revenu annuel : pension de 120.000 livres en 1699.

Les ministres d'état
  • Type : dignité
  • Coût : Gratuit
  • Revenu annuel : pension de 20.000 à 80.000 livres en 1691.

Les secrétaires d'état
  • Type : Office vénal gouvernemental.
  • Coût : Brevet de retenu de 800.000 livres en 1690, 400.000 en 1704.
  • Revenu annuel : 20.000 livres en 1691.

Contrôleur général des finances.
  • Type : Commission. Fonction gouvernementale, c'est l'équivalent du ministre de l'économie et des finances.
  • Coût : Gratuit.
  • Revenu annuel : 200.000 livres en 1691.


Deuxième classe

Princes (titre de noblesse).


Ducs (titre de noblesse).

Les maréchaux de France.
  • Type : Dignité militaire. Ils font partis des Grands officiers de la Couronne. Ils étaient limités à 16 simultanément.
  • Coût : Gratuit.
  • Revenu annuel : appointements de 12.000 livres en 1690.

Les Grands officiers de la couronne.
  • Type : Dignité, offices vénaux

Le premier président du parlement de Paris.
  • Type : Commission.
  • Coût : Brevet de retenu de 450.000 livres en 1694. 500.000 en 1707.
  • Revenu annuel : 18.000 livres en 1689.

Les gouverneurs des provinces.
  • Type : Commission

Troisième classe

Les vices-amiraux.

  • Type : Dignité militaire. Le nombre maximal est de 2 simultanément (amiral du Ponant et amiral du Levant).
  • Coût : Gratuit.
  • Revenu annuel : 18.000 livres en 1689.

Le premier président du grand conseil.
  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 9.000 livres en 1690.

Les présidents à mortiers du parlement de Paris.
  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 12.000 livres en 1698.

Quatrième classe

Les conseillers d'états.

  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 5.000 livres en 1691.

Procureur général du parlement de Paris.
  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 38.000 livres en 1700.

Avocat général du parlement de Paris.
  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 18.000 livres en 1698.

Le prévôt des marchands de Paris.
  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 45.000 livres en 1700.

Cinquième classe

Les maîtres des requêtes.

  • Type : Office vénal.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 1.000 livres en 1710.

Gouverneurs des places frontières.
  • Type : Office vénal.

Sixième classe

Lieutenants généraux des armées du roi (équivalent au général de division).

  • Type : Grade militaire.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 12.000 livres en 1689.
Lieutenants généraux des armées navales (équivalent au vice-amiral).
  • Type : Grade militaire.
  • Coût : .
  • Revenu annuel : 12.000 livres en 1689.
Gouverneurs des places du dedans du royaume.
  • Type : Office vénal.

Septième classe

Marquis, comtes, vicomtes et barons (titre de noblesse).


Huitième classe

Maréchaux des camps et armées du roi (équivalent au général de brigade).

  • Type : Grade militaire.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : 8.000 livres en 1691.

Les chefs d'escadres (équivalent au contre-amiral).
  • Type : Grade militaire.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : 6.000 livres en 1695.

Neuvième classe

Les brigadiers des armées du roi.

  • Type : Dignité militaire.

Capitaine de vaisseau.
  • Type : Grade militaire.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : 3.600 livres en 1689.

Dixième classe

Colonels.
Type : Office vénal, Grade militaire.

Coût d'un régiment d'infanterie
. Tarif de 1714:
  • Régiment d'élite « Vieux » : 75.000 livres.
  • Régiment d'élite « Petits Vieux » : 55.000 livres.
  • Régiment de plus de 30 ans : 40.000 livres.
  • Régiment de moins de 30 ans : 30.000 livres.
  • Régiment nouveaux : 16.000 livres.

Coût d'un régiment de cavalerie. Tarif de 1692:
  • Régiment de cavalerie : 22.500 livres.
  • Régiment de dragons : 22.500 livres

Bien entendu, « Les 6 Vieux » (Picardie, Champagne, Navarre, Piémont, Normandie, La Marine) et « Les 6 petits Vieux » (Leuville, Bourbonnais, Auvergne, Tallart, Boufflers, Royal) sont les plus chers car ils sont les plus anciens et les plus prestigieux. Les sommes de 75.000 et 55.000 sont des moyennes.

Pour l'infanterie, le corps le plus prestigieux de l'époque, le régiment de Picardie, valait 110.000 livres.
Pour la cavalerie, le régiment Le Roi-dragons valait 120.000 livres.


Onzième classe

Les maires des villes du premiers ordres. Les villes du premier ordre sont celles abritant une cours souveraines et/ou supérieures (parlements, cours des aides ou cours des comptes).


Présidents des présidiaux de provinces.


Douzième classe


Chevaliers d'honneurs

Avocats

Procureurs du roi des présidiaux provinciaux

Greffiers en chef des présidiaux provinciaux



Treizième classe

Procureurs du roi d'une ville du Premier ordre.


Les maires des villes du Second ordres.



Quatorzième classe

Capitaine de frégate.

  • Type : Grade militaire.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : 2.400 livres en 1689.

Quinzième classe

Gentilshommes possédant fief et château. Le noble de base.


Seizième classe

Procureurs du roi d'une ville de Second ordre.


Maires de petites villes.



Dix-septième classe

Lieutenant de vaisseau.

  • Type : Grade militaire.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : 1.200 livres en 1689.

Dix-huitième classe

Capitaines et lieutenant de bourgeoisie.


Dix-neuvième classe

Capitaines d'infanterie.

  • Type : Grade militaire.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : 900 livres en 1698.

Procureurs du roi de petite ville.

Gentilshommes tenant ni fief, ni château.




Vingtième classe

Lieutenant et sous-lieutenant d'infanterie.

Juge de justice seigneuriale.


Vingt et unième classe

Gendarme.



Vingt-deuxième classe

Les soldats.

Les manouvriers.

  • Type : métiers.
  • Coût : x.
  • Revenu annuel : de 100 à 200 livres/an.


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MessagePosté le: Dim Nov 2 2014, 20:50    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Office vénal? Pourquoi cet adjectif? 
C'est quoi des présidents à mortier?


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MessagePosté le: Dim Nov 2 2014, 21:38    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Pour aller au plus simple dans l'explication de ce qu'est un office vénal, c'est une fonction publique en même temps qu'une propriété privée.
Pour faire simple, c'est comme si, aujourd'hui, un juge, un procureur de la république ou même un colonel achetait sa fonction de service publique et en était donc le propriétaire.

En général, les offices vénaux n'étaient pas vraiment lucratifs; c’est même le contraire, certains étaient des gouffres financiers. On les achetait pour le prestige que donnait la fonction que par ce qu'ils rapportait au niveau financier.


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MessagePosté le: Lun Nov 3 2014, 19:52    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime Répondre en citant
Ah oui c'est une fonction qu'on paye quoi.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:27    Sujet du message: La Noblesse d'Ancien Régime
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