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4 Résistants entrent au Panthéon

 
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Cédric42
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MessagePosté le: Mer Mai 27 2015, 08:59    Sujet du message: 4 Résistants entrent au Panthéon Répondre en citant

bonjour, aujourd'hui 4 grandes figures de la Résistance vont entrer au Panthéon : Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) nièce du Général de Gaulle, membre du fameux Réseau du Musée de l'Homme, elle est arrêtée par Pierre Bonny de la tristement célèbre Gestapo de la Rue Lauriston le 20 Juillet 1943, torturée, elle est déportée à Ravensbruck. Membre active puis présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR), elle suit les procès des criminels nazis en Allemagne, puis participe à l’essor du mouvement politique lancé par son oncle, le RPF. En 1946, elle épouse Bernard Anthonioz (1921-1994), jeune éditeur d’art et lui aussi ancien résistant, avec lequel elle a quatre enfants, dont Michel Anthonioz (1947-2009).
En 1958, elle travaille au cabinet d'André Malraux quand elle rencontre le Père Joseph Wresinski, alors aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand. Dans les souffrances des familles qu'elle y découvre, elle revoit celles qu'elle-même et d'autres déportés ont vécues et décide de s'engager avec le Père Joseph dans le Mouvement ATD Quart Monde que celui-ci a fondé. Elle est présidente de la branche française de ce Mouvement de 1964 à 1998.
En 1987, elle témoigne sur la barbarie nazie lors du procès de Klaus Barbie.
Nommée en 1988 au Conseil économique et social, elle se bat pendant dix ans pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté. Reportée en 1997 pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, la loi est votée en 1998.
Décédée en 2002, elle sera inhumée au cimetière de Bossey en Haute-Savoie. Le 21 février 2014, le président François Hollande annonce6 le transfert de sa dépouille au Panthéon aux côtés des résistants Pierre Brossolette etGermaine Tillion ainsi que de l'ex-ministre Jean Zay7. Cependant, les familles de Germaine Tillion et de Geneviève Anthonioz de Gaulle ont annulé leur transfert au Panthéon car elles voulaient qu'« elles ne soient pas séparées des familles ». De la terre du cimetière de Bossey sera déposé au Panthéon.
Pierre Brossolette : 1903-1944 : homme politique socialiste et journaliste. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'armée avec le grade de lieutenant au 5e régiment d'infanterie Navarre, est promu capitaine avant la défaite de la France et est décoré avec la première Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de Bronze, le 11 juillet 1940, en raison de son attitude au cours de la retraite de son unité (il réusit à ramener tous ses hommes avec leurs armes). Hostile au régime de Vichy, il rejoint le Groupe du musée de l'Homme présenté à Jean Cassou par Agnès Humbert, écrit le dernier numéro du journal Résistance du mouvement et échappe de peu à son démantèlement.Puis, il participe à la formation des groupes de résistance Libération-Nord et Organisation civile et militaire dans la zone occupée et devient, après sa rencontre avec le Colonel Rémy, chef de la section presse et propagande de la Confrérie Notre-Dame sous le nom de code Pedro « parce qu'il a quelque chose d'espagnol dans le regard » selon Rémy.
Quand le régime de Vichy lui interdit d'enseigner, Brossolette et son épouse rachètent une librairie russe à Paris, au 89 rue de la Pompe, qui sert de lieu de rencontre et de « boîte aux lettres » pour les Résistants. Dans la bibliothèque tournante dans le sous-sol, plusieurs documents ont été échangés pendant cette période dont les plans de l'usine Renault.
En avril 1942, Brossolette entreprend un voyage à Londres en tant que représentant de la Résistance pour rencontrer Charles de Gaulle. Il travaille dès lors, promu commandant, pour les services secrets de la France libre, le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA), en liaison avec la section RF du Special Operations Executive (SOE) britannique.
À la suite de deux perquisitions successives effectuées par les autorités allemandes à son domicile à Paris en mai 1942, il vend la librairie, fait franchir à sa famille la ligne de démarcation en juillet 1942, navigue vers Gibraltar en felouque et sa famille parvient à Londres en cargo. Il poursuit son action dans la Résistance seul en France tandis que Gilberte Brossolette assure la liaison entre le Commissariat à l'Intérieur de la France libre et la BBC.
Le 1er octobre 1942, il prend la tête de la section opératoire, service chargé de faire le lien entre la Résistance extérieure et les mouvements de la Résistance intérieure. Il est parachuté à trois reprises en France, la deuxième fois en janvier 1943 avec André Dewavrin, alias le colonel Passy, et Forest Yeo-Thomas alias « Shelley », agent du SOE surnommé familièrement « le Lapin Blanc ». Ils vont parvenir à unifier l'ensemble des mouvements de Résistance de la Zone occupée, dans le cadre de la mission « Arquebuse-Brumaire », du nom de code de Passy et Brossolette.
Pierre Brossolette est aussi le porte-voix à Londres des combattants de l'ombre. Dans un discours à la BBC le 22 septembre 1942, il rend un vibrant hommage aux « soutiers de la gloire », expression qui deviendra par la suite usitée. Il prendra la parole à 38 reprises au micro de la BBC en remplacement de Maurice Schumann et écrira des articles, dont un dans La Marseillaise qui par la suite sera considéré par certains comme un des textes fondateurs du gaullisme de guerre.
Après avoir échappé plusieurs fois à des arrestations, Brossolette veut rentrer à Londres pour présenter au Général De Gaulle le nouveau délégué général du CFLN auprès du CNRÉmile Bollaert. Plusieurs tentatives d'exfiltration par Lysander échouent. Brossolette et Bollaert décident de rentrer par bateau. Le 3 février 1944, partant de l'Île-Tudy, la pinasse le Jouet des Flots qui doit les conduire à une frégate britannique au large de l'île de Sein fait naufrage à cause du mauvais temps près de la pointe du Raz, s'échouant à Feunteun Aod en Plogoff. Les deux chefs de la Résistance ainsi qu'une trentaine d'hommes, marins et aviateurs alliés échouent sur la côte, où ils sont accueillis par des Résistants. Parmi ces derniers figuraient en particulierYves Le Hénaff et Edmond Jouhaud8. Lors d'un barrage de routine, alors qu'ils arrivent à Audierne dans une voiture à gazogène, ils sont dénoncés par une collaboratrice, contrôlés par un poste volant de la Wehrmacht et emmenés en prison à Rennes, siège de la Kommandantur locale.
Plusieurs semaines passent sans qu'ils soient reconnus. Finalement, Ernst Misselwitz (Hauptscharführer du Sicherheitsdienst, ou SD) se rend sur place en personne pour identifier Brossolette et Bollaert et les fait transférer, le 19 mars, au quartier général de la Gestapo à Paris, 84 avenue Foch. On sait aujourd'hui à travers le témoignage de Roger Lebon (Roussel, 2011) que son identité a été découverte à la suite d'une imprudence de la part de la Délégation générale à Paris représentée par Claude Bouchinet-Serreules et Jacques Bingen sous la forme d'un rapport semi-codé rédigé par les services de Daniel Cordier qui aurait été intercepté sur la frontière espagnole, alors que son grand ami Yeo-Thomas se trouvait déjà parachuté solo en urgence à Paris depuis le 25 février pour préparer une évasion audacieuse de la prison de Rennes en uniforme allemand avec l'aide de Brigitte Friang. Les deux amis seront eux aussi capturés les jours suivants à la suite du démantèlement de nombreux réseaux parisiens consécutifs à l'affaire dite « de la rue de la Pompe » (siège de la Délégation générale) et aux aveux de Pierre Manuel (Seaman, 1997).
Mort
Pierre Brossolette et Émile Bollaert sont torturés. Le 22 mars, pendant la pause-déjeuner de son gardien, Brossolette se serait levé de sa chaise, menotté dans le dos, aurait ouvert la fenêtre de la chambre de bonne dans laquelle il était enfermé, et serait tombé d'abord sur le balcon du 4e étage et ensuite devant l'entrée de l'immeuble côté avenue. Gravement blessé, il succombe à ses blessures vers 22 heures à l'hôpital de la Salpêtrière, sans avoir parlé.
Le 24 mars, il est incinéré au cimetière du Père-Lachaise.
Panthéon[modifier | modifier le code]
Si Brossolette, dans l'immédiat après-guerre, pouvait encore être considéré par beaucoup comme la principale figure de la Résistance de par son action en Zone occupée (Paris) et de par sa notoriété d'homme public, l'entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin en 1964 le reléguera à une place de héros d'un parti (SFIO/PS) et permettra de cristalliser le mythe d'une Résistance unie sous un seul chef à l'image de la France Libre, dans le contexte historique ayant abouti à la création de la Cinquième République16.
Plus tard, lors de l'avènement des socialistes au pouvoir en 1981, le choix de François Mitterrand d'honorer Jean Moulin lors de la cérémonie du Panthéon au lieu de réhabiliter la mémoire de Pierre Brossolette achèvera de le reléguer à une seconde place, cette fois-ci également auprès de la gauche elle-même. Ainsi en attesteront, en plus de la commémoration discrète des 50 ans de sa disparition en 1994, les célébrations modestes du centenaire de sa naissance en 2003 et de celui de la SFIO/PS (2005). À l'occasion, un haut responsable issu de la jeunesse socialiste aujourd'hui secrétaire-général du PS, Harlem Désir, en arrivera, de manière anecdotique mais révélatrice de cette perte de mémoire, à citer Jean Moulin, pourtant jamais inscrit au parti et par ailleurs réputé radical ou tout au plus radical-socialiste, comme principale figure de son centenaire.
En 2013, l'historienne Mona Ozouf préside un comité dont l'objectif est le transfert des cendres de Pierre Brossolette au Panthéon.
Le 21 février 2014, le président de la République François Hollande annonce le transfert de ses cendres, au Panthéon aux côtés des résistantes Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion ainsi que de l'ex-ministre Jean Zay en tant que « grandes figures qui évoquent l’esprit de résistance ». Le vendredi 15 mai 2015, ses cendres sont exhumées en présence de sa famille proche et de l'association Navarre, des anciens du 5e Régiment d'infanterie. L'entrée au Panthéon est prévue le 27 mai 2015.


Germaine Tillion 1907-2008, en mai 1940 ; elle quitte Kebach le 21 mai et arrive à Paris le 9 juin, en pleine débâcle de l'armée française. Ayant quitté Paris avec sa mère, c'est au cours de l'exode qu'elle entend le discours dePétain du 17 juin (« il faut cesser le combat »), auquel elle réagit par un refus immédiat et catégorique.
De retour à Paris le 24 juin, peu après l’armistice, elle recherche d'autres personnes ayant le même point de vue qu'elle et prend contact avec Paul Hauet (1866-1945), colonel en retraite devenu industriel, antipétainiste de longue date  ; elle trouve aussi des sympathies au Musée de l'Homme (Yvonne Oddon, Paul Rivet).
Après le retour à Paris de Boris Vildé (juillet) et d'Anatole Lewitsky (août), s'établit un réseau autour de Paul Hauet et Boris Vildé, avec pour objectifs l'assistance aux prisonniers de guerre notamment africains ; le renseignement militaire ; la propagande (journal Résistance, publié à partir de décembre 1940). Germaine Tillion ne participe pas à Résistance, elle est surtout l'adjointe de Paul Hauet dans le cadre de l'Union nationale des Combattants coloniaux, qui sert de couverture à leurs activités.
À la fin de 1940, elle donne les papiers de sa famille à une famille juive qui sera ainsi protégée jusqu'à la fin de la guerre27.
Le réseau est démantelé en 1941 : arrestations en janvier-mars de Boris VildéAnatole Lewitsky et d'autres personnes du Musée de l'Homme, puis en juillet de Paul Hauet et de Charles Dutheil. Germaine devient alors responsable de ce qui reste du réseau. En janvier 1942, le procès contre Vildé, Lewitsky, Oddon, etc. aboutit à sept exécutions pour espionnage.
Dernières activités de Résistance (juillet 1941-août 1942)
Amie des Lecompte-Boinet, elle entre en contact avec Combat Zone Nord et par Jacques Legrand, avec un groupe lié à l'Intelligence Service, le réseau Gloria.
Mais celui-ci est infiltré par un agent de l'AbwehrRobert Alesch, prêtre, vicaire de La Varenne-Saint-Hilaire (à Saint-Maur-des-Fossés), qui réussit à livrer de nombreux résistants, dont, le 13 août 1942, Germaine Tillion, lors d'un rendez-vous à la gare de Lyon ; jugé en 1949, il sera condamné à mort et exécuté28,29,30,31.
L'incarcération (août 1942-octobre 1943)
Après un passage rue des Saussaies, elle est incarcérée à la prison de la Santé, subissant quatre interrogatoires (par l'Abwehr) en août et trois en octobre. Inculpée pour cinq chefs d'accusation, elle est transférée à Fresnes, où en janvier 1943, elle apprend l'arrestation de sa mère. À Fresnes, elle obtient la disposition de sa documentation et poursuit la rédaction de sa thèse.
La déportation : Le Verfügbar aux Enfers
Le 21 octobre 1943, intégrée dans la catégorie NN, Germaine Tillion est déportée sans jugement et emmenée avec 24 autres prisonnières de Fresnes au camp de Ravensbrück, au nord de Berlin, par train de voyageurs (sans passer par le camp de Compiègne). Sa mère, résistante comme elle, y est déportée en février 1944 et sera gazée en mars 1945.
Placée dans la catégorie des Verfügbar, prisonnières sans affectation précise, « disponibles » pour des travaux occasionnels, elle réussit à échapper pendant plusieurs mois à tout travail, mais met ses capacités à comprendre le monde où elle se trouve. En mars 1944, elle fait clandestinement une conférence pour quelques-unes des déportées françaises.
Elle fait la connaissance de Margarete Buber-Neumann, qui dès cette époque, lui apprend ce qu'est le système concentrationnaire soviétique.
En octobre 1944, elle écrit, sur un cahier soigneusement caché, une opérette Le Verfügbar aux Enfers. Les « Verfügbar » (de l'allemand verfügbar : disponible) sont ces déportées qui, non comptées à l'effectif des kommandos (équipes de travaux forcés), passent leurs journées à se cacher pour échapper aux corvées. Dans cette opérette, Germaine Tillion mêle, à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs populaires tirés du répertoire lyrique ou populaire. L'opérette sera mise en scène pour la première fois, en 2007, au théâtre du Châtelet, à Paris32,33.
Grâce à une mise au Revier (infirmerie-mouroir) et à des complicités, Germaine Tillion échappe à un transport à destination du camp de Mauthausen, à une époque où les autorités du camp mènent une politique d'extermination systématique (création d'une chambre à gaz au début de 1945).
Puis un événement inattendu a lieu : la tentative de Himmler de négocier son avenir avec les puissances occidentales.
L'évacuation en Suède (avril 1945)
Début avril, 300 Françaises sont évacuées par la Croix-Rouge internationale, mais les NN sont exclues. Un peu plus tard cependant, des négociations entre Heinrich Himmler et le diplomate suédois Folke Bernadotte permettent à un autre groupe de détenues françaises, dont elle fait partie, d'être évacuées par la Croix-Rouge suédoise27 ; le 24 avril, elles sont emmenées en autocar à Padborg au Danemark (encore occupé), puis en train à Göteborg en Suède où elles sont prises en charge par un établissement hospitalier. Elles réussissent à sortir du camp des documents, notamment des photographies relatives à des expériences médicales menées sur des détenues, le texte de l'opérette, etc.
Dès le début du séjour à Göteborg, Germaine Tillion lance un travail de recherche sur le camp de Ravensbrück à travers un questionnaire qu'elle utilisera ensuite pendant plusieurs années. Une partie des archives de ces travaux est aujourd'hui disponible dans le fonds ADIR du BDIC, l'autre (les « fiches blanches ») dans le fonds Germaine Tillion du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.
L'après-guerre[modifier | modifier le code]
Elle revient en France en juillet 1945 et réintègre le CNRS, mais elle quitte la section Ethnologie pour travailler dans la section Histoire contemporaine, où elle va se consacrer à des travaux sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (enquête sur les crimes de guerre nazis).
Au cours d'un séjour en montagne à Verbier (Suisse), elle écrit son premier texte sur le camp : « À la recherche de la vérité », contribution à un ouvrage collectif34.
Membre de deux organisations de déportés : l'ADIR et l'Amicale de Ravensbrück, elle est déléguée par les survivantes de Ravensbrück pour assister comme observatrice (sans témoigner) au procès qui a lieu à Hambourg en décembre 1946-janvier 1947.
En ce qui concerne son activité de résistante, son rang est validé par l'attribution du grade de commandant ; d'autre part, elle est chargée de la « liquidation administrative » du réseau désigné sous le nom de « groupe Hauet-Vildé », qu'elle fait homologuer en 1946 sous le nom désormais usuel de « groupe du musée de l'Homme ». Elle analyse que la Résistance s'est réalisée dans l'urgence : ce ne sont pas les réseaux qui cherchaient des volontaires mais des volontaires qui cherchaient des organisations. La Résistance devait organiser des évasions, informer la population soumise à la propagande nazie et soutenir les Anglais27.
En 1950, elle accepte de faire partie de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire fondée par David Rousset, qui travaille d'abord sur les camps de concentration soviétiques, mais élargira par la suite le champ d'observation à d'autres lieux (Grèce, Algérie...).
Cette période consacrée en priorité aux questions concernant la Seconde Guerre mondiale prend fin avec les événements de novembre 1954 en Algérie.
Elle meurt le samedi 19 avril 2008 à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne), tout près du bois de Vincennes, dans sa 101e année. Ses obsèques religieuses52 ont été célébrées à la paroisse du Saint-Esprit (12earrondissement de Paris) le 24 avril 2008, là où Germaine Tillion avait l'habitude de commémorer la mort de sa mère, Émilie Tillion (assassinée au camp de Ravensnbrück le 2 mars 1945)53. Près de 1000 personnes s'étaient rassemblées pour ses obsèques. Nicolas Sarkozy, alors président de la République française était présent, ainsi que cinq ministres54 (Christine LagardeValérie PécresseFadela AmaraJean-Marie Bockel et Laurent Wauquiez). La cérémonie était présidée par le père Alain-Christian Leraitre, en présence de l'abbé Jean Kammerer, aumônier des déportés. Elle fut inhumée au cimetière de Condé de Saint-Maur des Fossés (Val-de-Marne).
En vue de son entrée au Panthéon, le 27 mai 2015, la famille ayant souhaité que son corps demeure près des siens, de la terre fut prélevée sur sa tombe le 13 mai 2015. À cette occasion, en présence d'Émilie Sabeau-Jouannet, nièce de Germaine Tillion, de Sylvain Berrios, député-maire de Saint-Maur, et de nombreux représentants du monde associatif, une plaque à la mémoire de sa mère Émilie Tillion (gazée à Ravensbruck) fut dévoilée et apposée sur la tombe. Une allocution reprenant le sens de cette cérémonie fut donnée, et des témoignages furent lus.
En 2009, la Maison du Rire et de l'Humour de Cluny lui a décerné à titre posthume son 3e Prix de l'Humour de Résistance55.





Jean Zay 1904-1944,  est un avocat et homme politique français,


Au début de la Seconde Guerre mondiale, Jean Zay démissionne le 2 septembre 1939, pour rejoindre l'armée française et suivre le sort de sa classe d'âge. Son courage et son dévouement, au sein de la IVe armée, sont attestés par ses chefs militaires : « volontaire pour les missions les plus périlleuses et les plus délicates »Note 3.
Sous-lieutenant rattaché à l'état-major de la IVe armée, il séjourne en Lorraine pendant la « drôle de guerre » de 1939-1940. En juin 1940, avec l'autorisation de ses supérieurs, il rejoint Bordeaux pour participer le 19 juin 1940 à la dernière session du Parlement qui s'est replié avec le gouvernement dans cette ville et qui débat de la question d'un abandon de la métropole aux troupes allemandes et d'un transfert du gouvernement français en Afrique du Nord. Aucune décision n'est prise mais, le 21 juin 1940, en fin d'après-midi, Camille Chautemps, vice-président du conseil, les présidents des deux chambres, Jean Zay et Pierre Mendès France ainsi que vingt-cinq autres parlementaires embarquent au Verdon à bord du Massilia. Arrivés à Casablanca, au Maroc, le 24 juin 1940, en raison d'une grève de l'équipage puis de l'attente d'une demande d'asile au gouvernement britannique, les passagers du Massilia sont d'abord consignés par le résident général dans un grand hôtel, et quatre d'entre eux, dont Jean Zay, sont arrêtés le 15 août 1940 pour désertion devant l'ennemi3,4. Renvoyé en métropole, Jean Zay est interné le 20 août 1940 à la prison militaire de Clermont-Ferrand5.
Pendant des mois, Jean Zay devient « la cible notoire de la campagne antisémite »6 et une violente campagne de presse orchestrée par Philippe Henriotministre de l'Information du gouvernement de Vichy, réclame la condamnation à mort du « juif Jean Zay » comme juif, franc-maçon, anti-munichois, anti-hitlérien et ministre du Front populaire. À cette occasion on ressort son poème de jeunesse Le Drapeau, volé préalablement et monnayé par des militants d'extrème-droite, et apporté comme preuve d'antipatriotisme7.
Le 4 octobre 1940, le tribunal militaire permanent de la 13e division militaire, siégeant à Clermont-Ferrand, le condamne comme officier pour désertion en présence de l'ennemi8 à la déportation à vie et à la dégradation militaire, contre six ans de prison pour Pierre Mendès France, huit ans de prison avec sursis pour Pierre Viénot et un non-lieu pour Alex Wiltzer9,6,10,4. Pour Olivier Loubes, « bouc émissaire idéal », Jean Zay a été condamné « à une peine qui vise à rappeler celle d'Alfred Dreyfus11 ». Transféré le 4 décembre 1940 au fort Saint-Nicolas, à Marseille, pour être déporté, sa peine de déportation dans un bagne est muée par le régime de Vichy en simple internement en métropole et, le 7 janvier 1941, il est incarcéré au quartier spécial de la maison d'arrêt de Riom9,12.
Dans sa prison de Riom, Jean Zay peut continuer à recevoir régulièrement sa femme et ses deux filles, Catherine Martin-Zay et la cadette, Hélène Mouchard-Zay, la fille de Jean Zay, née en 1940, après son arrestation. Il peut écrire et communiquer avec ses amis. Il ne cherche pas à s'évader, comme la force de la Résistance intérieure française dans la région l'aurait sans doute permis[réf. nécessaire]. Il continue à travailler pendant sa captivité, préparant les réformes qu'il pense pouvoir mettre en œuvre après la Libération. Il a pour compagnon de cellule le rabbin Édouard Gourévitch.
L'assassinat[modifier | modifier le code]


http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Beaumont_Jean-Zay_0711.jpg
Mémorial sur le mur de l'école primaire de Beaumont dans le Puy-de-Dôme 
 
  
Le 20 juin 1944, trois miliciens du collaborateur Joseph Darnand viennent le chercher à la prison. Il s'agit de Henri Millou, responsable de la sécurité de la Milice à Vichy, Charles Develle et Pierre Cordier13,Note 4. Les trois miliciens présentent un ordre de transfert14 pour Melun signé par le directeur de l'administration pénitentiaire, Baillet, également milicien. Ce document contient aussi des instructions de Raymond Clémoz, alors chef de cabinet de Joseph Darnand à Vichy. Les trois miliciens lui laissent entendre ensuite qu'ils sont des résistants déguisés qui ont pour mission de lui faire rejoindre le maquis, et l'assassinent dans un bois, près d'une carrière abandonnée, au lieu-dit Les Malavaux dans la faille du Puits du diable, à Molles, dans l'Allier15,16.
Jean Zay est abattu par Charles Develle. Puis afin qu'il ne soit pas identifié, les tueurs le déshabillent, lui ôtent son alliance, jettent la dépouille dans la crevasse du Puits-du-Diable, et y lancent quelques grenades pour cacher le corps par des éboulis.
Le 22 septembre 194617, son corps et ceux de deux autres personnes sont retrouvés, enfouis sous un tas de pierres, par des chasseurs de Molles et de Cusset, et enterrés sur ordre de la municipalité de Cusset dans une même fosse du cimetière communal18.
Faisant le rapprochement entre le cadavre et la disparition de Jean Zay, les enquêteurs retrouvent l'identité du milicien qui a signé le registre de levée d'écrou, Charles DevelleNote 5, et l'interpellent à Naples en Italie, où il s'est réfugié. Exhumés fin 1947, les restes de Jean Zay sont identifiés grâce à sa fiche dentaire et aux mensurations données par son tailleur. Jugé en février 1953, Devellle est condamné aux travaux forcés à perpétuité par le tribunal militaire de Lyon19,Note 6 puis libéré deux ans plus tard20.

Jean Zay est inhumé dans le grand cimetière d'Orléans depuis le 15 mai 194816.
Réhabilitation posthume[modifier | modifier le code]
Le 5 juillet 1945, la cour d’appel de Riom réexamine les faits reprochés au sous-lieutenant Jean Zay, constate qu’à aucun moment il ne s’est soustrait à l’autorité militaire, et que « les poursuites intentées contre le sous-lieutenant Jean Zay ne peuvent s’expliquer que par le désir qu’a eu le gouvernement d’atteindre un parlementaire dont les opinions politiques lui étaient opposées et qu’il importait de discréditer en raison de la haute autorité attachée à sa personnalité ».
Elle annule donc le jugement du 4 octobre 1940, et Jean Zay est pleinement réhabilité à titre posthume.
Le 21 février 2014, le président de la République François Hollande annonce le transfert des cendres de Jean Zay ainsi que celles de Pierre BrossoletteGeneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion au Panthéon en tant que « grandes figures qui évoquent l’esprit de résistance »21. Le 7 janvier 2015 est paru un décret du ministère de la Culture et de la Communication annonçant l’hommage de la Nation à la mémoire de ces quatre personnalités et le transfert des cendres de deux d’entre elles, dont Jean Zay, au Panthéon. La cérémonie est prévue le 27 mai 2015.




Source : Wikipedia 
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"Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous
mais ce que vous vous pouvez faire pour votre pays" John F Kennedy


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